PREMIÈRE PARTIE. IlOTfCE I
principes ne so&t fbndès que sur des erreurs devenue préjugés ; témoÎD Terreur <|ui suppose la ProrideDce H^ mUée et non universelle. De celte erreur ùatt un pr^ugè qui nous persuade que Dieu n'a pas songé à faire des lois sociales pour les humains coaune pour les astres et les insectes ; ce préjugé » né ^hez les peuplades ignorantes, a acquis force de principe chez les peuples sarants , dont tous les systèmes sociaux reposent sur la même erreur, sur rhypothése d'une Providence incoi^pléte, partielle , insuiEsante en l^islalion industrielle, etc. , etc. , et se reposant de cette fonction sur la raison hmnaîne.
Si on veut si&stituerà ces préji^és un principe sensé, il faut rétablir la hiérarchie des rangs ; accorder à Dieu le premier rang en direction du mouvement, et déterminer la raison bumaine à se contenter du deiniéme rang, en verlo de quoi elle doit se reeonnriti^ subordonnée à Dieu; et au lieu de faire des lois, auKeu d'envahir le plus noble des attributs de Dieu , elle doit modestement se livrer à la recherche des lois sociales qu'a dû faire un Créateur dont la Providence est universelle.
l(y>. Observer les, choses qiêe nous voulons connaître, et n^on pus les imaginer. Ce qu'il nous importe le plus de connaître, c'est l'Homme, ses passions, leur but, leur destinée sociale. Tant que nous voudrons imaginer cette destinée , nous ne la connaîtrons jamais : il faut, selon ce précepte de Condillac,.la découvrir par observation, par analogie, et non par imagination.
Or, en observant analogiquement' là Ptature, nous voyons que toute harmonie sociale , depub celle des planètes et étoiles fixes jusqu'à celle des abeilles et des castors, est révélée et dirigée par attraction : d'où il iatrt conclure que si l'Homme est destiné à l'harmonie sociale,^ •
i36 MlOLÉGOMÈMeS.
c'est dans l'étude de rAttraction qu'il doit chercher les règles de celle harmonie , pour les substituer ans sifS'- \^èines d'imagination composes par la Philosophie ; sys^tèmes qui , en se refusant à observer la nature humaine par analyse de rAttraction , et étudier le but social de l'Homme par synthèse de l'Attraction , n'ont répandu sur cette étude que l'épaisse nuit dont se plaint Voltaire > n'ont su qu'empirer la maladie de langueur dont se plaint Montesquieu, que prolonger le régime civilisé et barbare qui, en comprimant l'attraction, dénature l'Homme » l'enlève à sa destinée sociétaire , en fait un monstre dé^ goûtant de fourberie et de crimes , et réduit les observateurs sincères, comme J.-J. Rousseau, à s'écrier : c ce 9 ne sont pas là des hommes; il y a quelque bouleverse^ > ment dont nous ne savons pas pénétrer la cause. >
H®. Éviter de prendre pour raisonnement l'abus des mots qu'on n'entend pas. On ne sait trop quels sont les mots dont nos sophistes entendent le sens ; témoin le n^ot Nature , auquel ils n'ont jamais rien compris , puisqu'ils ne veulent pas admettre dans la nature de l'Homme le seul ressort qui la dirige, l'Attraction dont ils refusent obstinément de faire aucune étude, quoiqu'ils se vantent d'étudier l'Homme.
On trouverait même déraison dans tous les sens qu'ils donnent aux mots controversés ; entre autres les mots unité, vérité, vertu, liberté, droits de V homme, dont on ne déduit que des principes erronés et des abus de mots.
i On vante à un indigent le beau nom d'Homme Libre, les droits imprescriptibles du citoyen ; et il n'a ni la liberté de travailler et prendre part aux fonctions qu'on lui a enseignées, ni le droit de requérir l'admission à ce travail
* d'où dépend sa subsistance. Quand il est dépourvu d9