‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 29 sur 91 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des douze issues de Lymbes Obscures.

On a vu , au tableau (33), que les trois périodes

3«. Patriarcat,

4®. Barbarie,

S®. Civilisation, sont des lymbes sociales d'un ordre inférieur aux deux périodes ,

(i) Je dis douze devoirs, quoique j*en aie mentionne quatorze; mais les deux derniers, Y et J[,, sont désignes comme pivots ou foyers : or, on ne compte jamais les grands foyers en tableaux de mouvement, ou ils sont ordinairement dualisës; Tan direct T, Fautre inverse JL»

^AEMIÈBE PARTIE. NOTICE I. Hi

2^. SauTagtsme, 6®. Garabtisfne :

celles-ci sont nommées Lymbes ambiguës, parce qu'elles rapprocheut déjà THomme de sa destination ; en effet :

L'état Sauvage , deuxième période^ garantit à Thomme les sept droits de nature , dont aucun ne peut lui être accordé en Civilisation, pas môme le premier, le droit de chasse. (On traitera de ces sept droits au chapitre suivant.)

L'état Garantisme, sixième période, assure à l'homme une fouie de biens, qui déjà équivalent aux avantages dont il jouirait dans l'état Sauvage. Ces deux lymbes no. 2 et 6 forment donc un ordre distinct des trois autres ; et j'ai dû, par cette raison, classer les cinq lymbes sociales en deux catégories : celle des Lymbes obscures ou abîmes d'infortune, qui sont les sociétés 5, 4, 5; et celles des Lymbes ambiguës ou sociétés 2 et 6 , beaucoup moins malheureuses , moins éloignées des voies de la nature, qui veut le développement de nos douze passions.

Pour peu qu'on eût suivi les douze , ou partie des douze principes exposés au chapitre précédent , oh serait arrivé facilement à une issue ascendante des trois Lymbes obscures, à une entrée en Garantisme (6^. période). Je compte pour rien les issues descendantes qui nous ramèneraient en Sauvagisme ou en Barbarie , comme il arriva des Clubs de 1793 qui étaient une issue descendante, un retour en Barbarie.

Notre but est d'avancer et non pas de rétrograder dans la carrière, comme Tout fait tant de régions, entr'autres la capitale naturelle du globe , Constahtinople , envahie par des tigres à Ggure humaine qu'on appelle Tcrgs.

Nous ne devons donc spéculer que sur les issues ascendantes qui nous auraient conduits en 6^. , 7®. et S^. pé-

riodes ; 3 noos aurait suffi de dècoofrir me seule de ces douze issues : quoique je ne ?enille pas encore en dis- ^lier, j'ai cru deToir en phcer le taUeaa à la suile des douze principes qui y conduisent. Il Taul 4e bonne heure habituer les lecteurs à reconnaître que la proTÎdence nous ayait ménagé une foule de moyens pour sortir de la oiyi-* lisation ; et que nos méthodes scientifiques doi? ent être bien Ticieuses, pwsque, sur tant de voies de bonheur, elles n'ont pas su en découvrir une seule.

Sept cotet â» Géme: Con imê mni f <^. Le Doute méthodique, et par suite la conifadictîon systématique, « endiversespériodes*

9^. L'Exploration intégrale, et

par suite l'écart absohi, . . • id. id.

Z^. L'Algèbre sociétaire ou calcul

de in vérité si^posée, . . • . enT^.etS^. pér. 4^. L'Association agricole, ... en 7®. période. 5<^. L'Affranchissement gradué, . en 7^. période. 6^. La Concurrence véridîque et

rédnctive, en 6®. période.

7^. Le Garantisme successif, . . eti 6^. période.

Omg cetet de ContramU:

8®. La Perquisition forcée, . • en diverses périodes* 9^. L'AffrancNssementeomposé, en 7^. période. 1(K>. La Conquête composée, . . en 6^. période^ 11<>. Le Monopole composé, . . • en 5o. 1/2 période. 120. La Conquête simple intégrale, en S^. 1/3 période. Y La Synthèse de F Attraction , en 8®. période. jilM Foi iottgrale en Dieu, en 8®. période.

PREMIÈI^ PABTIB. MOTIGE I. 143

Il ne faut pas s'étonner que sur ces douze issues, Dieu nous ail ménagé cinq voies^où Ton opère par la contrainte : il sait quelle est penchant donoûnant des civilMiés; il a dû, en habile économe , eu sage distributeur» utiliser ce ressort de contrainte qui est le seul réyéré et enq)Ioyé dans la politique civilisée; or, la période civilisée étant. celle qui commence à raisonner, et qui a Tinstruction suffisante pour chercher les issues ^e lymbe , il a bien fallu lui en ménager d'assorties à son goût pour la contrainte : les cinq dernières sont (le ce genre.

La plus plaisante et la plus expéditive des tioq aurait été la pmpmiiUm foreée. La réunion et eo&signalion de tous les sophistes des quatre facultés , Métaph]fsique , Morale, PoUtique et Economique. On les aurais détenus comme les Carcip^aux en conclai^e obligé; |e De db^ pas en isolement individuel, miais en réchisioD dana uu yaste édifiée , josqu à ce qu'ils, eussent découvert une société autre que la Civilisation. Ils se seraient ingéniés forcé-* ment, bien convaincus qu'il fallait des inventions et non des so()hismeS'; et ea dmmbs de six mois ûs auraient réussi » pour peu qu'ils eussent pris pour guide un seul des douze principes exposés au chiçitre précèdent : je dis «fi seulf et le quel que ce fût, cai ehacua des douze conduisait à quelqu'une des douze voies d'issue, et même à plusieurs.

Est-ce exagérer que de prétendre qu'on n'en a jamais suivi «D seul? J'en vais choisir un pour point de compas raison; c'est le huitième, qui nous ordofMie de nous ral-^ Ueràlck nattMre. Il n'est pas de principe si généralemenl admis, et pourtant il n'est sorte de platitudes et d'imbécilités qpL on ne nous conseille, sous prètextei de nous rallier à la nature. J'en vais citer entre cent milte , une qui a du n^oins l'avantage d'être bien écrite.

144 1l»R0L£601lilfE8«

Ah ! si d'une pauvreté dure

Nous cherchons à nous affranchir,

RlPPROCHONS-NOCS DE LA NATURE,

Qui seule peut nous enrichir.

Forçons de fîinestes obstacles ; Réservons pour les tabernacles

€et or, ces rubis, ces métaux :

Ou dans le sein des mers avides Jetons ces richesses perGdes,

Unique élément de nos maux.

J.H. Soo'MliB.

Excellent moyen de se rallier à la nature. Il faut jeter notre argent dans la mer, dans la rivière, ou bien le donner en entier aux églises, et nous laisser sans le sou pour nous affranchir d'une pauvreté dure ! Les Moralistes répliqueront-ils qu'on ne doit pas prendre Favis au pied de la lettre? En ce cas, quel usage faire de leurs livres, s'il ne faut pas y croire? Il y a, répondent*ils, assez dé bonnes choses auxquelles on doit croire. Non , il n'y en a point , et pour preuve je donnerai trois analyses de Fénélon, prises au hasard dans le chef-d'œuvre de la Morale , dans le Tèlémaque. Tout y sera aussi complètement absurde que dans cette belle strophe de J.-B. Rousseau.

D'où naissent toutes ces aberrations ? De ce qu'on n'a jamais obligé les ècrivaiBs à définir l'objet dont ils traitent. Aucun d'eux ne sait ce que c'est que la nature intentionnelle de l'holnme , qui va être expliquée au chapitre suivant. Tant qu'on ne les obrige pas à définir exactement cette nature , doit-on s'étonner qu'ils nous débitent mille sornettes risibles , sous prétexte de nous rallier à là nature ; qu'ils conseillent aux riches de jeter leur argent par les fenêtres, et mille autres folies, comme les lois da Mentor à Salente, où il ordonne d'arracher les vignes»

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