‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 59 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE. TRABS-MÉDIANTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. TRABS-MÉDIANTE

esi r effet des coartes séances des Séries Passionnelles , soit en fêtes , soit en Uavaux. Dans un repas d^une heure de durée , Pafidité est raleniie ; la gloutonnerie est préTenue par nne conversation piquante , yiyement intriguée , et qui fait distraction & Tappétii , sans le modérer par raison. L^heure écoulée, d^autres plaisirs entraînent et font déserter la table , d*oà Ton sort sans ezc4s , malgré la délicatesse de la chère. C*est ainsi que cinq repas chaque jour , deriennent gages de vigueor pour un harmonien, tandis que deux repas énervent le civilisé qui eu fait abus faute d^exercice composé*.

L'accroissement de la vigueur dépend donc d'un contre-poids qui en modère Tessor au travail et au plaisir , qui fasse diversion opportune par un plaisiVcontrasté et mis en balance. La Civilisation sait rêver ce bien *, mais il est propriété de Tordre sériairc, et non de l'ordre incohérent, où Texercice des travaux et des plaisirs est toujours en mode simple, provocateur des excès , minant la santé, ne fût*ce que par ennui , et empêchant dès Tenfance , les corps de s'élever à la vigueur.

3*. Longévité simple: novs demandons à Dieu une longue existence qui , aux approches de la mort , doit nous causer des regrets en raison de notre fortune^ Ce contre- temps serait encore plus sen sible au début de THarmonie : u Voilà, dirait la vieillesse, un bonheur immense dont nous n'aurons pas joui; nous en verrons l'aurore sans j prendre part: nous sommes cassés , inhabiles an plaisir : ce nouvel ordre , tout en assurant la vigueur à ses élèves natifs , ne nous rendra pas nos sens de 30 ans. Nous sommes nés on siècle trop tôt; nous touchons au terme *, il faudrait renaître pour jouir de tant de biens , et personne ne revient de l'autre monde. 1»

Est-il certain que personne n'en revienne M ! ! ! Si cela était, l'extrême bonheur des harmoniens en ce monde , serait pour eux un gage de malheur idéal , dès qu'ils avanceraient enâge. Les tableaux qu'on nous fait de l'autre vie , excluant l'essor des principales passions sensitives et affectives , formeraient un parallèle eflirayant avec les jouissances dont l'harmonie va combler les habitants de ce monde. Chacun préférerait laMétempstcoseoci Immortalité composé*^ à une immortalité simple qui nous exilerait à jamais de cette terre devenue un séjour de délices : chacun souhaiterait de renaître sur la terre avec le corps d'un Alcibiade ou d'une Aspasie»

Ainsi les deux premiers souhaits , désirs de richesse composée et de vigueur composée , ne peuvent se réaliser sans entrstner le troi-

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sièato^ U loBçéviU ootnpoiëe ou immortelUé ea ftUeraal dans l'on 0t Paairc moade : encore ce souhait implique-it-M la gaiaotie d^uB botthew aopérîeur daaa i^auire vie à celui dont oo jouira dans œlle^ «i; à défaut de qaoi la Biort devÎBAdrait ub sejet d^alarne*

Si Tordre secadtaire peut remplir ces trois soubaits, il aura par le fait Irëaliaë le piiïotal ^ la sagesse comptée , ^i n^est que Pae- «ompUaaemeBt simnltaiBë des trois antres*

Ceci ramène en scène le problème delà métempsycose, effleuré par les anciens, qui Pont soeilté de mille fables absurdes , notam* mant les Bramiaes qui envoient rame d'un bomme dans le corps d'«n movcberon* Les Pythagoriciens se bornant à l^fajpothèse des transmigrations bomaines , avilissaient encore le dogme par des jongleries , par de prétendus eouTenirs iotpossibles en cette yie ^ ce n'est que dans loutre qu^on a souTenir des dififérentes existences qu^on a eves sur le terre.

Ce qu'il y a déjà de certain sur la métempsycose, cVst que tout le monde en a le désir : tout moribond , riche et libre , Teudrait revivre dans un corps bien robuste , et retrouver sa fortune ati retour 4sn ce inoftde : Tesc^ve et Tindigent souscriraient d^autant mieux à ranaitre avec un beau eorps , rindependance et la fortune : on les verrait tous, à cette condition, opter de grand cœur pour une nouvelle vie sur U terre, et diâOerer dW siècle Tavénement au bonheur 4ts rentre monde.

lions iiartirons de cet effet d'attraction bien incontestable, pour (âttfblir la théorème 4ef attractions proportionnelles aux destinées ^ 'prmoipeq«e je déduirai de la 3*. notice , et dont la violation supposerait Dieu contradictoire avec lui-4aaème. Ce sera le premier théorème à établir poar traiter de la métempsycose ou immortalité composée*

Mais d^ que de questions sur ce sujet , que d'impatience l J'en ai vu l'effet chaque fus quej*ai touché cette corde: on en plaisante au (V£mier abord ; puis^ s^près qudqueâ débats, la curiosité succède jaa sarcasme; chaeun voudrait se voir convaincu d'erreur , surtout au moJOkaftt où on apprend que le monde va passer au bonheur : l'espoir d'y renaUre devient aussi oon&olant qu'il aurait été désolant dans rétat actuel, où la parftpjsctive de revivre dans le corps d'un esclave d'Alger , ferait de la métempsycose ua éponvaniail pour toute la classe opulente.

Aussi Dieu a*t-il voulu que la théorie qui nous démontre la mé-

1»RCMIÈR£ PARTIE. TRARS-MÉDIANTE. ^S^

tempsycose, ne pût éire d^convert* qu^à k soke de celle qui , élevaiit rhuamiitd entière au bonheur , ëveillera chez tons les liiinisnis le désir de transmigratioD ou renaissance përiodiqae en ce monde ^ et alternat entre les délices de Tane et Tant» a rie, pendant la carrière de 7« à 75 mille ans d^Harmonie assignée à la planéle.

Gonsolez*-Tons donc, Sybarites surannés d'*onet d'antre sexe, et vous yieillards qui ayez été victimes de la Civilisation : la mort n^anra plus rien d^alarmant pour vous , diaprés Tassurance de revenir bientôt participer à l'Harmonie naissante, et fournir, dans un corps d^Àntinoiis ou de Phryné, des carrières heureuses de i44 ^^^ 1 terme moyen présumable de vitalité en harmonie.

Sur ces connaissances promises , Pempressement n^admet aucune rèçle , et chacun voudrait pénétrer au sanctuaire des mystères de la nature , avant d^avoir franchi le parvis du temple. Chacun sollicite quelques détails provisoires sur la théorie des transmigrations, puis sur les jouissances de Tautre vie, puis sur les plaisirs inconnus de cette harmonie où nous renaîtrons périodiquement. Les hommes s^enflamment aux aperçus de gastrosophie cabalistique \ les femmes, aux aperçus de sympathies artificielles. Tous veulent quVn leur explique , à rinstantméme, une théorie à laquelle plusieurs volumes devront les préparer : si on tarde un moment , ils en concluent qu^on manque de preuves.

Kassurons-les sur le plus important problème, celui de la métempsycose ou immortalité composée. Quelles que soient contre ce dogme les préventions dominantes , préventions que j^ai partagées comme tout autre , je puis promettre aux plus défiants , que parvenus au dernier tome de cet ouvrage , ils croiront à la métempsycose aussi fermement qu^aux vérités mathématiques.

Selon mon plan de gradation, je donnerai, à la fin de celte 1'*. partie , un aperçu très-succinct des résurrections et transmigrations progressives qui nous sont garanties \ il est nécessaire d^y préluder par une étude de TAltraction , sujet de la 3"» Notice.

Les peuples du nord , Anglais , Allemands , accéderont volontiers à ces délais , à ce mode progressif sur une question si délicate , et quMl serait imprudent de traiter avant d'avoir disposé les esprits; mais les Français sur ce sujet commettent tous la même faute, la précipitation; tous oublient que la nouvelle science a sa grammaire dont il faut d^abord consentir Tétude. C^est dans le calcul de TAttraction et des Séries passionnelles que nous trouveronsla clef de ces

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brillants mysiéres : disposons-nous donc à des recherches sévères snr cette attraction , dont je vais traiter abstractivement dans la 3«. Notice.

Et pour frait de celle-ci, ne perdons pas de vue , qu^auiant de fois Tesprit hamain étudiera la nature en mode simple , autant de fois il arrivera aui voiUs d*airain et à Tantipode des yues de la nature.

PBEMli&E PABTIE. NOTICE HI. 239

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