PREMIÈRE PARTIE. NOTICE ID. âS
nous doit beaucoup , puisqu'il peut beaucoup. En Toyant le raffinemeat qui régne chez les grands, quelle opinios concevrions-nous d*un Dieu qui, ayant invenië tant de variétés pour les plaisirs du riche , n'aurait rien fait pour le pauvre ; n'aurait pas avisé à établir, par un bon système social , une distribution progressive des moyens de jouissance, une gradation telle, que si le riche a de quoi servir cent mets sur sa table et possédei" vingt équipages , le pauvre ait au moins le mninum proportionnel, comme serait une table copieusement servie , une bonne yoiture en voyage, etc.?
Des Sophistes répondront que Dieu nous réserve le bonheur en l'autre monde , et qu'à ce titre il est dispensé de nous le donner en celui-ci : c'est prétendre qu'il existe des lacunes dans sa providence; qu'elle n'embrasse pas l'universalité du mouvement; qu'au Keu d'être com« posée, elle n'est que simple, en linrilant à une seule vie le bonheur qui doit s'étendre à l'une et à l'autre. Ces Sophistes ne produisant aucun détail certain sur les fonctions dé nos âmes dans l'autre vie dont je traiterai plus loin, ils donnent lieu de soupçonner, selon l'unité eC l'analogie, qu'elle est malheureuse comme celle-ci. Cependant la puissance du Père commun étant infinie en ce monde comme en l'autre , il nous doit un bonheur infini dans la vie présente comme dans la vie future.
La théorie de l'Attraction passionnelle va démontrer qu'il a rempli ce double devoir, et qu'outre les biens qu'il nous a préparés sous le régime d'harmonie sociétaire auquel le globe va passer, il nonê garantit encore les biens de l'autre vie dont nous n'avions jusqu'à présent que des indices. On ne pouvait en acquérir la preuve détaillée que par la théorie intégrale du mouvement, oo théorie unitaire
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des cinq branches dont nos sciences, m boat de 5,000 ans, n'ont sa eiqpSqaer qae la moins importante , la matérielle» eomne depuis Newton » et dont Tétade ne conduit pas à expliquer les autres branches.
Laissant i part ces questions transcendantes , bornonsnous à raisomer sur les devoirs de Dieu relatirement à noire destination temporelle y ^pi'il a dft régler par un code social antérieur à la création des hommes. Examinons jusqu'à quel point H se serait compromis s'il n'eût pas rempli ce devoir : établissons son accusation simulée » pour le cas où il n'aurait pas composé un code de relations industrielles» révélé par synthèse de l'Attraction» et eoordonné aux mathématiques.
Le côté intéressant dii tableau qui va suivre, est que tous les griefs articulés ici » au nombre de 16, griefs disséminés dans les précédents chapitres , d'où je les récapitule , retombent à la charge de la raison humaine , si on peut prouver que ce n'est pas Dieu qui a négligé de composer pour les hommes un code social unitaire, mais que c'est la raison humaine qui a refusé obstmément d'en faire la recherche.
Tableau des Chefs d'accusation à produire contre Dieu,
dans t hypothèse de lacune d'un code social divin.
Nota. Rappelons ici la note (148) sur les redites Bécessaices : elles sont, dans tout le cours de cette notice, obligées rigoureusement, puisqu'il s'agit de lever la cataracte à l'esprit humain, sur la plus importante question dont puisse sVMBuper, celle de rexiatenoe du oode passionnel.
A Dieu est ùnpréwyant, limlé en providence et en bêmiéres, si» après rex{)érience* qu'il a dû acquérir pen^ dant une éternité passée ft créer et gouverner des mondes, il n'a pas prévu le besoin qu'acuraîent leurs habitants»
PREMliaE PA1&T1E. NOTICE HI. S61
d'oD code social uottaire qui est au-dessus des Dioyess de la raison biimaioe» et s'il n'a pas pourra à satisfaire ce besoin, par un syst^ème régulateur du mècaiiisiiie domestique, indos&riel et unitaire des passions.
y II est suspect d'avoir cansidéné la raison humaine comme wpérieurti à la sienne, puisqu'il lui a laissé )e soin de statuer sur la branche pivotaie ^u mouTeraent , celle du mécanisme social.
B Dieu est avUisseur de lui-même et de l'komtBe à la fois, en ce que pouvant £ure notre bonheur pair un code attrayant quelconque, mauvais ou bon en théorie, mais toujours bon en api^aiion, pourvu qu'il soit étayé d'Attraction (255), Dieu se plaît par le refus de ce code à dénoter sa malveillance envers nous et constituer notre infortune perpétuelle.
a 1/ fait naitre, par edtte lacune de code, tirréUgion et le mépris de la Divinité, il décèle une providence insuffisante sur l'objet le plus important de ses attributions, sur le code passionnel : il excite et justifie les sectes d'impiété.
C U se ravale au-dessous du dernier des hommes par cette lacune de code passionnel ; car le plus grossier de nos maçons, en rassemblant des matériaux de construc-tion, pierres, bois, etc., ne manque pas de faire un plan pour leur emploi. Or, si Dieu, en créant les passions, l'industrie, les sciences, les arts et autres éléments d'édifice social, a oublié d'arrêter un plan d'emploi combiné de ces matériaux, il est d'une imprudence qui exposerait à la risée le moindre de nos ouvriers.
3 11 est suspect d'intermittence de raison; car sachant conduire en harmonie les Jtorbillons planétaires, et leur univers ou masse érUee^dès astres connus, s'il ne
26S peol£gom£iies*
savait pas harmoniser les petits êtres qui habitent ces globes, il ressemblerait k an architecte qui, après avoir bftti un yaste palais, serait en défaut pour construire une maisonnette, et deviendrait par \k suspect d'un dèran.gement accidentel de raison.
D // devient provocateur et fauteur d'anarchie so^ eiale, en nous privant de ce code qu'il n a pas pu ou^ blier; car tout roi ou ministre, en fondant une colonie, ne fût-elle que d'une centaine de familles, n'oublie pas de lui assigner préalablement une législation quelconque. Dieu la devait à notre globe ainsi qu'à tous les autres , tous étant des colonies dont il est le fondateur. En y manquant, il a organisé à plaisir l'anarchie sociale pré^ méditée.
Q II est coupable de déni de justice envers imtre globe seul ou envers tous; car si d'autres gobles n'ont pas besoin de ce code passionnel , et savent atteindre à l'harmonie par les seules lumières de la raison humaine , ou bien si ces globes découvrent le code divin par des voies d'instinct refusées au nôtre , Dieu a donc pour eux une providence qu'il n'a pas pour nous : et pourquoi manque-t-il , ou à nous affranchir de ce besoin de code passionnel , ou à nous initier aux moyens de découverte concédés à d'autres globes?
Ou bien si tous ces globes sont privés, comme le nôtre, de ce code passionnel dont la confection ne coûterait RIEN à Dieu ; s'ils sont condamnés à gémir comme nous à perpétuité sous les lois versatiles de la philosophie , tous les globes dans ce deuxième cas, et notre globe seul dans le premier cas , sont fondés é accuser Dieu d'un déni de justice.
E 71 est absurde en mécanique et ennemi de toute éeo^
PREIUÈRE PAUTIE. ROtlCE III. 265
nomie , pour n'avoir pas employé rattractioo à exercer prés de rhomme les fonctions de boussole sociale qu'elle exerce près des astres et des animaux: en faisant de Tattraction un guide trompeur pour l'homme seul , il manque Tunique moyen de cumuler les sept garanties énoncées (âlO), révélation permanente, exécution spontanée, etc.
3 S'il a donné à l'attraction cette faculté de boussole sociale, t/ne nous a donc fait qu'une rétribution déri-êoire de lumières ; car jusqu'ici la théorie de l'attraction passionnelle a été impénétrable à nos sciences, quoiqu'elle soit, à titre de boussole sociale, l'objet le plus urgent à connaître. Dieu ne nous aurait donc donné qu'un génie avorton, qiii sait s'initier aux inutiles théories de l'at^ traction sidérale, et non aux théories précieuses de l'attraction passionnelle ou boussole sociale.
F II est ennemi positif et négatif de l'homme : ennemi positif, d'après les refus de code passionnel attrayant qui ferait notre bonheur et ne coûterait RIEN au distributeur de l'attraction. Ennemi négatif, en ce que pouvant distribuer à son gré les attractions et répulsions, il ne nous a pas donné une attraction adaptée aux résultats de pauvreté, fourberie, oppression, carnage, etc., que produisent les lois des hommes ; lois qui seraient devenues . pour nous un gage de bonheur, si Dieu nous eût donné attraction pour leurs odieux résultats , ainsi qu'il devait le faire si nos sociétés actuelles étaient notre destinée irrévocable.
j // veut la guerre permanente de l'homme avec Dieu
et avec rhomme, s'il nous a condamnés à résister à Tin-r
fluence des passions dont il est distributeur; et si, pré-
'"joyant qu'elles nous conduiraient au mal, il ne nous a
964 PROLéGOXiNBS.
donné pour y résister» d'autre secoure que la raison, impuissante même chez ceux qui s'en disent les oracles , tels que les Philosophes, gens les moins capables de résister à leurs passions,
G II est avec préméditation provocateur à F athéisme; car il a prévu qu'après des essais infructueux de plusieurs mille ans, l'humanité réduite aux lois de ses sophistes n'aboutirait qu'à aggraver ses antiqites misères, et qu'elle invoquerait vainement l'intervention d'une sagesse divine, en régime social où échoue la sagesse humaine ; que ces disgrâces conduiraient à perdre toute espérance en Dieu, et se rallier aux dogmes de matérialisme , athéisme , pessimisme, culte du mauvais génie et autres aberrations que provoque l'aspect des misères civilisées, barbares et sauvages, tant qu'on désespère d'une loi divine et d*un avènement à un meilleur ordre.
f) Il est r équivalent de l'être fictif que nous nommons Diable, car on peut défier à l'esprit infernal, si on lui donne le globe à administrer, d'inventer pour torturer et avilir le genre humain,
plus de férocité et de brutalité qu'on n'en voit dans
l'état sauvage; plus de persécution qu'on n'en voit dans l'état barbare; plus de perfidie qu'on n'en voit dans l'état civilisé et
patriarcal; enfin, plus de pauvreté et d'avilissement que n'en éprouve l'espèce humaine dans ces trois sociétés.
X ^ En ce qui touche au passionnel du globe , Dieu tombe en duplicité interne: il se trouve contradictoire avec luinnême, ennemi de lui-même , si, aimant la justice, la vérité, l'unité, il nous a destinés au mécanisme
PREMIÈRE PAHTtE. NOTICE III. ^68
eiyiKsô , bartiare et sauvage, où les pas^'oasne produisent que le triomphe permaoent de rîojustîce, de la tosseté^t de la duplicité d'actioQ, Tétat de scission collective et individuelle avec nous-mêmes.
Dissidence collective par la résistance universelle des peuples aux gouvernements civilisés et barbares qui tomberaient sans l'appui de la contrainte et des supplices.
Dissidence individuelle par la guerre que rAltraction et la raison spéculative se livrent dans chaque individu.
Dissidence générale par les passions qui énlreliennent par toute la terre quatre sociétés incompatibles extérieur rement f se refusant à une Tusion unitaire des civilisés, barbares, patriarcaux et sauvages; et iAcompatibles intérieuretnent, par refus de fusion unitaire des nations qui composent une même société , comme les peuples civilisés.
^ Y En ce qui touche au matériel du globe ,
Dieu tombe en duplicité externe ou scission avec l'univers composé de trois principes.