PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III
Siècles en controverse polUiqne, sans daigner rechercher le code divin par le calcul analytique et synthétique de l'Attraction passionnelle ; calcul dont on devait s'occuper dès les premiers siècles savants, ne fût-ce que par pure curiosité, et par règle d'exploration générale.
Amsi l'accusation de Dieu, qui semble au premier coup d'œil un acte d'impiété, devient par le fait l'acte le plus judicieux que puisse faire l'homme , en ce qu'elle amène le mis en cause de la fausse raison ou Philosophie , contradictoirement avec Dieu.
Les consciences timorées pourront craindre qu'un tel acte ne soit outrageant pour la Divinité , en la compromettant d'égal à égal avec la raison humaine. Dieu est inaccessible à ces petitesses; il est trop grand pour craindre de s'abaisser en daignant nous confondre, comme il arrivera toutes les fois qu'on voudra mettre en balance les torts apparents de Dieu et les torts réels de la raison humaine.
En accusant ostensiblement la Divinité dans ce débat, on n'accuse réellement que les sophistes ; car plus on aurait accumulé contre Dieu ces griefs dont il serait facile de doubler et tripler le nombre , plus il serait devenu incroyable que Dieu eût pu tomber dans cei océan de ridicules et d'absurdités, en négligeant la ^confection et révélation d'un code passionnel unitaire, et plus on aurait inelbé à' en faire la recherche et sommer la Philosophie d'y procéder.
^ L'accusation méthodique de Dieu, loin d'être un acte d'audace et d'irréligion , aurait donc été un acte de haute sagesse, en ce qu'elle aurait suffi à désabuser les hommes du préjugé qui nous ôte la foi et l'espérance en l'universalité de la Providence. On aurait conclu de ce débat.
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qu'il devait exister qd code divin; et sa découverte aurait suivi de près, dès qu'on aurait seulement admis en principe son existence.
Pouvait-on présumer que Dieu s'oSensàt d'une pareille accusation? L'administrateur qui a géré fidèlement , ne craint pas qu'on en vienne à une vérification de ses' comptes : il est le premier à la provoquer, pour melire au grand jour sa probité.
Telle est nécessairement l'opinion de Dieu; il a trop sagement organisé TUnivers matériel et passionnel, pour craindre qu'on critique ses méthodes et ses dispositions , qu'on s'enquière des causes et des fins du mal apparent : loin de là; nous ne saurions foire de démarche plus flatteuse pour lui y que de sortir du système d'adoration servile et superstitieuse » de scruter sévèrement ses {dans sur la distribution du mouvement et surtout des passions, pourvu toutefois que nous en agissions de même avec l'adversaire de Dieu, avec la Philosophie ou fausse raison qui, depuis la naissance des sociétés, s'est emparée de la régie du mouvemeiH social, excluant Dieu d'y intervenir.
On ne peut donc pas accuser Dieu sans accuser en même temps la raison humaine. C'est le seul moyen de mettre en évidence la sagesse de Dieu, qui jusqu'ici est grièvement compromise aux yeux de l'humanité : elle ne sera régulièrement justifiée , qu'autant qu'on fera l'examen des devoirs de Dieu et de leur exécution, en faisant subir pareil examen à la raison humaine.
Le procès entre Dieu et la raison humaine se réduit aux deux points suivants :
Les devoirs de l'on sont de composer pour le genre humain un code passionnel attrayant, et de le faiiTévéler par interprétation permaAente.
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Les devoirs de l'autre sont (fe chercher ce code par étude analytique et synthétique de l' Attraction » et d'en faire Texamen critique et l'essai ^and il est découvert.
Pour peu qu'on veuille examiner qui des deux a man-^ que à remplir sa tâche , la Philosophie sera d'emblée sus-^ pectée, et sommée de procéder à la recherche du code divin , à l'étude méthodique de l'A^raction passionnelle.
Tel est le résultat où nous aiiraîeDt conduits nos scandales d'athéisme, si teurs auteurs n'eussent été des avortons en raisonnement et en caractère. Cette insurrection contre Dieu, qu'ont tentée lé^^^modemes, était peutêtre un effet de désespoir, chez un siècle fatigué de ses bévues etdn désordre apfmrent de la nature. L'athéisme, * tout odieux qu'il est , serait devenu une voie de découverte, si les Philosophes eussent été moins timides quant aux formes. S'ils s'étaient crus fondés dans leur agression contre Dieu, ils n'auraient pas craint d'établir le procès régulièrement, de tenter un engagement sérieux entre la raison et la Divinité , e» débutant par un tableau détaillé desgriers et surtoirt des devoirs respectas.
Et comme tout débat sur ce sujet, en nécessitant le mis en cause de la Philosophie, aurait fait planer le soupçon sur elle comme sur Dieu, et eiHralDé une vérification de l'accomplissement des devoirs, il est indubitable que la Philosophie auraU succombé par le seul fait de contravention à ses douze devoirs énoncés 150, et notamment au devoir d'explorati<H) générale, premier des douze.
Ainsi les extrêmes se touchent : ce mystère des destins sociaux , ce code unHaire i la découverte duquel on serait arrivé par la plénitude de foi et d'espérance en Dieu, on y serait arrivé de même par une accusation méthodique de la Divinité. Un tel acte, impie en apparence, aurait
conduit par Toie inyerse au même but où nous eût conduits, par Toie directe, une foi raisonnée, une espérance ardente en la sagesse drvine, et une exploration du code qu'on en devait attendre.
Nos philosophes, en athéisme comme en toutes choses, ont donc péché par simpUsme et petitesse. L'athéisme shnple est une. opinion hideuse; l'athéisme composé, ou suspicion de la Divinité et de la Raison humaine , eût été une conception trés-heureuse et nullement déraisonnable; car il est conditionnel, et ne révoque en doute l'existence de Dieu que jusqu'à l'examen de son antagoniste la Philosophie , jusqu'à la vérification de ce qu'a fait chacun d'eux pour l'accomplissement de ses devoirs. Sous ce rapport, l'athéisme c^Dmposé conduit au même but que la foi raisonnée, car tous deux provoquent l'étude régulière de l'Attraction.
Notre globe jusqu'ici n'a connu que la foi simple ou aveugle , attribuant le mouvement au pur caprice de la Divinité , sans intervention du principe mathématique ou arbitral.
Dans cette étude comme en toute autre, la Civilisation s'^est perdue par le simplisme; et avec ses subtiles théories sur la génération des idées , elle n'a jamais pu , dans ses études relatives à Dieu, l'Homme et l'Univers, s'élever à aucune idée composée, à aucune hypothèse d'unité et de lien universel. J'analyserai dans un chapitre spécial ce simplisme continu de la raison civilisée.
Les demi-mesures ne servent qu'à aggraver un mal : qu'on en juge par l'équipée de nos athées modernes , dont la demi-agression nous a éloignés de la découverte des lois de l'Attraction ; tandis qu'un athéisme composé et méthodique nous aurait conduits directement à l'accu-
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sation de la raison civilisée. C'était là le bat qu'il s'agis*^ sait d'atteindre.
Un procès est inextricable » tant que le criminel fait fonction d'accusateur : il se gardera bien de rien articuler À sa charge; et telle a été la ruse de nos athées simples 2 ils se sont bornés à arguer contre Dieu des désordres apparents de ce monde, où le règne du mal ne comprend qu'un huitième de la carrière, selon la table suivante des quatre phases du mouvement et de leur durée approxi-^ Biative sur ce globe.
Carrière «oeiale du Csenre Itimiaiii*
C i '*. Phase. ( Subversion ascendante, Lymhes antérieures, » , 5ooo ce a*. Phase. (Harmonie ascendante 36ooo
-4*' Plénitude, Apogée social et matériel.... 9000
^^ 3'. Phase. I Harmonie descendante.. 37000
3 4"« Phase, j Subversion descendante, Lymbes postérieures, 4oop
Ans 81000
Sans contredit la Providence paraît en défaut pendant la 1'^®. phase ou subversion ascendante (33), qui est l'étal actuel de notre planète fort jeune encore. On ne suspectera pas ainsi la Divinité dans la 4®. phase ou âge caduc^J retombant en périodes lymbiques par pauvreté et refroidissement de l'astre : on saura alors que les deux transitions extrêmes de toute carrière sont pénibles , et que la Divinité , d'après cette règle générale de mouvement , ne peut épai^ner à aucun globe les souffrances des deux Ages extrêmes. Quant à celles de i^^. phase, elles sont peu fâcheuses, puisqu'il est aisé d'y échapper dès qu'on a créé le ressort d'association , la grande industrie agricole et manufacturière. Âpres son développement (déjà suffisant au siècle de Périclès), il ne reste plus à la raisoa
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qu'à décooTiir Temploi de ce ressort , qui ne devient gagé de bonheur que lorsqu'on a su organiser T Association et ronité sociale.
Nos savants 9 au lieu d'en rechercher la théorie, se sont bornés à l'accusation pure et simple de Dieu; arguant des désordres actuels du globe, sans tenir compte des leviers d'harmonie que Dieu peut nous avoir ménagés, et dont la raison devait faire la recherche»
Les juges de l'âge moderne , l'opinion , les critiques et toute la classe bien pensante, n'ont pas eu assez de perspicacité pour discerner si ce n'était pas le délateur même qui devait descendre au banc des accusés^ et payer de sa tète , comme les accusateurs de Suzanne. Devait-on se borner à mettre hors de cour l'athéisme et le philosophisme? Non; il fallait les accuser, les confondre en remplissant la tâche qu'ils n'avaient pas remplie, et leur prouver par la synthèse de l'Attraction , que l'homme , au lieu de corriger l'ouvrage de Dieu, les passions, doit chercher à quel emploi Dieu les destine.
Pourquoi la raison prétendrait-elle au privilège d'accuser Dieu sans qu'on eût le droit de l'accuser elle-même? Pour échapper, elle use d'un subterfuge qui jusqu'à présent lui a pleinement réussi ; elle feint de s'humilier, disant : c révérons la profonde sagesse de Dieu; ne tentons I point, par une sacrilège audace, de pénétrer les au- I gustes mystères, enlever les voiles d'airain : un pygmée » tel que l'Homme est-il fait pour sonder les profondeurs '> de la Divinité ! »
Ne soyons pas dupes de ces escobarderies; allons aux éclaircissements : il existe un coupable; il faut qu'il soit reconnu; et puisque le soupçon ne peut porter que sur deux êtres, ou la Divinité, ou la Raison civilisée, on ne
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doit admettre aacuo moyen èymt. Ne craignons pas que t'enquéte soit offensante pour Dieu : loin de là; il la désire pour sa gloire et pour notre bonheur. Il est, depuis 25 siècles, en butte à des soupçons qu'on dissimule sous un masque de révérence : mais à travers ces affectations de respect, on ne pose pas moins en principe que sa providence est limitée, insuffisante, puisqu'elle aurait manqué à nous pourvoir d'un code social ; qu'il est ennemi de la justice distrAutive; de l'économie de ressorts et de l'unité de système^ puisqu'on lui suppose l'intention de vouloir perpétuer le chaos civilisé, barbare et sauvage.
Tels sont les délits que nous imputons, par le fait , à l'Être suprême, tout en lui offrant un encens souillé par nos préventions trés-inramantes pour lui. Dieu ne se paye pas de ees respects équivoques : sa sagesse ne peut paraître au grand jour que par la manifestation du vrai coupable; il faut définitivement qu'on sache si c'est Dieu qui est en arrière de providence quant au code passionnel, ou si c'est la raison humaine qui est en arrière de recherches.
Du moment où les débats prendront cette forme pressante et ne laisseront plus d'accès aux subterfuges, on iwrra p&lir le criminel, et la Philosophie confondue ne voudra pas même courir les chances d'un éclaircissement. Elle confessera l'universalité de la Providence et l'ei^istence nécessaire du code social divin : quant au crime d'en avoir négligé ou empêché la recherche, les auteurs vivants s'en laveront en le rejetant sur les défunts, notamment sur l'antiquité qui engagea l'esprit humain en fausse route, consacra le dogme de compétence de la raison humaine^ et incompétence de la raison divine en législation sociale, industrielle et domestique.
6'es^ ainsi qu'on aurait vu s'écrouler l'édifice des A&-
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ges de ténèbres, des Titans philosophiques, da momenC où on les aurait attaqués par voie de raisonnement e( d'enquête méthodique sur leurs devoirs et leurs prè^ ceptes : mais on s'est borné contre eux h des diatribes , d'où il ne pouyatt naître aucune lumière.
Quiconque voudra méditer sur te tableau des seize griefs que je viens d'exposer pour hypothèse d'une accusation de Dieu, et sur les neuf garanties qu'aurait trouvées Dieu dans l'emploi de l' Attraction , se convaincra que si cette ébauche d'accusation eût été développée et régu^ fièrement établie , elle aurait de prime-abord éveillé le» soupçons sur le compte de la Philosophie qiû attribue à Dieu tant d'absurdité, en le suspectant d'avoir manqué à la conrection et révélation d'un code social ; et avant même da terminer les débats, chacun aurait conclu à l'eï* ploration de ce code passionnel, qu'on^ aurait eu bientôt découvert du moment où on l'aurait franchement cherché.
Franchement cherché! III! Mais où trouver cette franchise? Les deux partis du monde philosophique, les Expectants et Obscurants (120) sont ligués de fait contre la recherche sincère de la vérité. Les Obscurants, tout en* tiers à leurs spéculations mercantiles, repousseront l'idée d'un code social divin , qui anéantirait les bibliothèques de controverse et le négoce de sophismes. L'auteur de celte conception sacrilège est ennemi du commerce , ennemi des torrents de lumières.
Quant aux Expeetants, ce sont des âmes faibles, esclaves de l'habitude , génies étroits n'osant sortir de leur sphère : les bras leur tombent , lorsque du tableau 33 de i^e. phase, on leur déduit l'argument suivant : c votre globe est en retard; il ne s'est avancé qu'à la période S ; il a perdu en fausse rouie 2000 ans et plus; il faut rentrer