PREMIÈRE PARTIE. PITOT DIRECT
qui (252) ne lui coûterait RIEN, et à défaut duquel il tombe à plaisir dans les duplicités d'action (264).
Imbus de tant d'erreurs sur Dieu, TÂme et TUnivers, devons-nous être i^rpris de n'ayoir rien découvert sur l'immortalité, et notamment sur son premier degré qui est la métempsycose?
Le peu que j'en laisse entrevoir doit relever les espérances de ceux qui se plaignent d'incertitude sur l'autre vie, et qui s'épouvantent à juste titre de cette éternité, dont on n*a su indiquer aucun emploi satisfaisant.
Au dédiirde l'âge, on réfléchit sur ce dénouement, et ne sachant qu'en penser , on se jette par ftayeur dans les bras de la religion. Ce n'est point par crainte, mais par amour , que le Créateur veut nous rallier à lui ( et tel est le VŒU de la Religion elle-même ) ; c'est par garantie de plaisirs vjfriés à l'infini , pendant l'éternité comme pendant cette vie.
Loin de ces terreurs outrageantes pour Dieu , les harmoniens l'aimèront,. dans le jeune ftge, en reconnaissance du bonheurdont ils jouiront-, et du bel ordre qu'ils verront régner dans les conceptions sociales divines. Ils l'aimeront dans l'âge déclinant , par conviction des nouveaux biens qu'il nous prépare en migration ultra-mondaine. Sa tactique, pour conquérir notre amour , est de nous ménager toujours plus de bonheur que l'homme n'en peut concevoir et désirer (313). C'est à nous à recueillir les fruits de sa générolsité, en organisant sans délai l'ordre fortuné qu'il a assigné à nos relations.
Nous allons faire Un pas de géant dans la carrière soéiale. En passant immédiatement de la Civilisation à l'Harmonie , nous échappons à vingt révolutions qui pouvaient ensanglanter le globe pendant vingt siècles encore.
jusqu'à ce que la théorie du iiestin sociétaire eût été découverte. Nous ferons ud saut de deux raille s»is dans la carrière so(»ale , saeiiotis en (aire un semblable dans la carrière des préjugés.: repoassoi» les idées de mèdio* crité , les désirs modérés que nous suggère Timpuissafite Philosophie. Au moment oiï nous allons jouir du bienfait des lois dirines , conceyons Tespoir d'un bonbemr aussi immense que la sagesse de Dieu qui en .a formé le plan. En observant cet univers qu'il a sfemagonfiquemeot disposé, ces milliards de mondes qu'il fait rouler en harmonie » reconnaissons qu'un être si grandiose ne saurait se concilier avec la médiocrité, et qaon htt ferait injure, si on attendait de hii des plaisirs modérés en co moode ou en l'autre , des biens médiocres dans un ordre social dont il sera l'auteur.
Nos vœux sont pour rimmensilé de ^richesses, de plaisirs et de justice.
Une science nouvelle nous ouvre toutes ces voies de bonheur; elle nous apprend que notre seul tort était de souhaiter trop peu (255) ; qtie nous devow nous livrer à toute l'étendue de nos désirs ; qu'ils seront saiisfatts , puiêque nos attra^ims sont propwrtionneUes mtx destinées (comme en harmonie sidérale les^aires sont proporlionnelles anse temps).
Cette vérité, produite Toi en aperçu,, acquerra une nouvello ferce à l'article pùxM inverse cmpsyceiogie comparée, qui termine la 2"». partie. J'y soulèverai on autre voile d'airain, celui de l'unité de l'Univers, jusqu'à présent si inconcevable aux m<M-tels , et qui pourtant doit nous être dévoilée sans réserve , s'il est vrai fue nos destinées soient proportionnelles à nos attruciions. Qu'on cesse donc de reprocher à Thomme cette im-
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paUeMB de conoatUe les haiSBOoie» de TUaivers, celle avidité (296) d'^Msqiièrir de la soience ei de retrimver les YOtes du bonheur qiii(a«x.i&(é autrefois {Eden» 1'^, période » iaUeau 35 )« La fortune sourit à ces prétenlioBs , et nous pouTODs dés à présent tout espérer, tout prétendre* L'esprit boBMiîo saisît enfin le gi!and livre des destins préseniset à venir; la nature n'a plus de mjst^es» et le gèine plus de limites.
'taotefois, ne soyons pas ètoanès de rigoorance qai règne sur riBwnortaltté , ni de rinsniBsûnoe des sciences connues sur oetie question. Dieu ne doit pas permettre ^fàe les humains acquièrent , pendant rétet.fiuhvefMf » des notions seientifiques sur la vie future. 8i Ton en étaii conihaincu, les plus pauvres des civilises iie suteideraiettC; il ne resterait que les riches, qcn n^auraient ni aptitude , ni penchant à remplacer les pauvres dans leurs ingrates fonctions. Dés lors l'industrie civilisée tomberait par la mort de ceux qui en portent le faix , et uti globe resterait constamment dans l'état sauvage, par la seule conviction de l'immortalité.'
Mais Dieu ayant besoin de maintenir quelque temps les sociétés civilisée et barbare, pour servir d'acheminement à d'autres meilleures, il a dû nous laisser, pendant la durée de la Civilisation, dans une profonde ignorance relativement à l'immortalité. Il a dû réunir dans un même calcul, la théorie de l'autre vie et celle des issues de l'ordre civilisé et barbare.
Il faut le redire : ce serait en vain que nous compterions sur un grand bonheur dans Tautre vie , tant que' durerait l'état subversif des sociétés humaines* Confor-* mément à Funité de système , attribution pjvotale de Dieu (245), le sort des deux mondes est lié; le bonheur
346 PROLiGOMÊNEft.
et le malheur y sont récripoques ; et les âmes des trépassés végètent dans un état de langueur et d'anxiété dont les nôtres participeraient après cette vie, jusqu'à ce que fe monde social se fût élevé de la subversion à l'Harmonie sociétaire.
Cette révération deviendrait fâcheuse pour nous, s'il était difficile d'organiser THarmonie , dont l'établissement deviendra le signal du bonheur pour les défunts comme pour les vivants; mais l'extrême facilité de fonder et généraliser ce nouvel ordre , nous rend précieuse une théorie exacte sur la vie future , où nous n'aurions passé que pour y partager l'inquiétude et les privations dont nos pères sont affectés, en attendant Tavénement de leur globe à l'Harmonie dont le calcul de l'Attraction nous ouvre enfin la voie.