PROL£<ioiitafis
frages : il serait indigne de sa sagesse de se commettre dans une lutte a?ec le scepticisme: il possède (246) la baguette magique, la faculté d'imprimer Attraction; il a du s'en réserver Texercice dans l'affaire de la fondation du canton d'épreuye , opération d'où dépend Tayénement de chaque globe à la destinée heureuse. Quelles mesures a-t-il prises pour y réussir , et entraîner simidtanément toutes les chisses de la Civilisatioù?
Sans entrer ici dans le détail de leurs intérêts divers , nous aurons assez fait, si nous découvrons dans la fondation du canton d'épreuve » un sujet d'enthousiasme et d'émulation pour les grands et les savant». Ces deux classes une fois prononcées et unies d'intention , seront plus que suffisantes pour déterminer la prompte initiative.
D'autre part, l'entreprise languirait si les perspectives ne stimulaient pas à la fois la cpur et les beaux esprits. De quel œil la cour verrait-elle un avenir tout d'or pour une classe d'hommes qu'elle n'affectionne point? En vain représenterait-on aiix grands l'avantage du triplement de revenu réel (pag; 1), qui s'étendra 4 tons les propriétaires; la passionne raisoime pas, et les grands n'envisageraient que cette mine d'or ouverte aux savante et non aux courtisans.
D'ailleurs» n'est-il pas nécessaire, en Civitisation» que le lion ait la meilleure part m gâteau» ^ et que l'entreprise qui va combler de tant de biens les auteurs célèbres, en assure de plus grands encore aux gouvernants qui l'auront protégée! Dieu n'a-t-il pas dâ prévoir que l'autorité exigerait ici , comme dans toute afihire , la part du lion ?
Sans l'accomplisseffleat de cette condition , les bienfaits de l'Harmonie ne seraient point un gage de pitompte épreuve, quelque régulière que put ea être la théorie.
AucuD prince, aacuo miiiisire ne se passionnerait pour on ordre qui débuterait par jeter des millions à la tète des savants, lettrés et artistes, sans donner pJus encore à leurs supérieurs.
Sous ce rapport, le problème d'earicfaissement subit devient composé classique y devant s'étendre à la fois aux deux classes des grands et des savante, condition sur laquelle je ne saurais trop insister.
Mais où prendre de quoi gorger de trésors tant de personnages ? Voilà déjà les beaux esprits tellement criblés de millions dans lé premier article , qu'il ne devra rien rester pour ceux qui airiveront en seconde ligne!
Gela n est point à craindre v et je ne poserais pas le problème si je n'étais bien assuré de le résoudre. Je sais oombieu les grands sont insatiables de richesses et de dignités : à quoi servirait d'irriter en eux la cupidité, si l'ordre sociétaire n'offrait des moyens d'outrepasser leurs vceux dès son début, ainsi qu'ils vont en juger dans i'artide suivant.
Cet article exigera d'autant plus d'attention , qu'il nous fournira plus loin (Inter*-pause), des principes à poser contre le faux Hbéralisme^ dont la réfutation méthodique est renvoyée à l'extroduction. Uain il est bon d'y préluder, et c'est ce que je vais faire, en établissant que la règle du vrai libéralisme est de donner à tout le monde sans rien ôter à personne; principe fort contradictoire avec le système de certains libéraux , qui est d'ôter l'autorité aux uns pour la donner aux autres, et ne laisser, en dernière analyse, que la famine au peuple.
Des hommes très-respectables par leurs bonnes intentions, sont infatués de ce vicieux système. Autant j'approuve leurs vues , autant je blâme leurs moyens. Je
568 PROLÉGOMiMES.
vais les entretenir d'un ordre de choses qui débutera par donner beaucoup à ces grands dont la philosophie yeut restreindre le lot, et donner en même temps beaucoup aux beaux esprits et au peuple. C'est à cet effet de libéralité composée, qu'on pourra reconnaître le vrai libéralisme.
Le moyen suivant, le deuxième, rentre tout à fait dans le genre gigantesque et incroyable; peu importe : on doit se rappeler que la théorie sociétaire n*a pas besoin de séduire des milliers de partisans, mais un seul.
Déjà j'ai observé , au sujet des candidats pécuniaires , que sur quatre mille , nombre auquel j'en estime la masse, il nous suffira d'en convaincre un, sans plus. Il en sera de même an sujet de l'amorce dont je vais traiter :.elle va sembler effrayante , exagérée , à ceux qui n'ont aucune connaissance en géographie. Répétons-leur que, sur 4000 grands que peut contenir la Civilisation, il n'en faut qu'un pour consommer l'œuvre de fondation. Qu'importera que 3999 pygmées crient à l'exagération, pourvu que l'un des 4000 sache porter un jugement et cueillir la palme? Quelles que soient les préventions des civilisés, je ne cherche en tout sens qu'un homme sur 4000 : est« ce trop prétendre, et fut-on jamais mieux fondé à espérer, en disant, hominem quœro?
DEmOÈmB MOYEN POSITIF COMPOSÉ.
Récompenses de Souyeraineté aax coopérateurs de la fondatioD d'épreuTe.
Je vais mettre en jeu un levier si puissant sur l'esprit des ambitieux, qu'ils oseront à peine y ajouter foi, tout
en brûlant d'impatience de voir le pronostic réalisé. Ici , les cœurs glacials de nos politiques vont palpiter comme ceux des amoureus de quinze ans.
Quel charme p.our un grand , pour un ministre , que l'espoir d'un beau trône , du sceptre d'un grand empire , commela monarchie héréditaire de France ou d'Autriche ! Cest ce que ne peut ni obtenir, ni prétendre le plus puissant favori. Emm. Godoi, prince de la Paix, avait, dit-on, amoncelé une fortune de 400 millions; il n'obtint pas même un petit état souverain , comme Wurtemberg ou Bade.
Un ministre aujourd'hui serait coupable de former pareille prétention; car il ne pourrait la satisfaire qu'aux dépens de son souverain , ou par des guerres , des commotions générales dont le dénouement serait bien incertain et la tentative bien désastreuse. Les hommes qui ont longtemps et sagemeul gouverné , Sully, Richelieu , Golbert, n'ont pas même obtenu quelque principauté héréditaire de médiocre étendue, comme Gotha ou Weimar.
Cependant, un minisire qui voudra scruter et confesser son arriére-pensée, dira qu'il est las de ne commander qu'en sous-ordre ; d'^avoir encore , tout ministre qu'il est , vingt partisans à ménager, vingt rivaux à déjouer, et qu'il serait fort doux pour lui d'être enfin chef suprême et inamovible d'un bon empire comme la France, ou tout au moins d'une souveraineté moyenne, comme Piémont, Bavière, Portugal.
Pour estimer ce que les grands peuvent aujourd'hui prétendre en ce genre, il faut nous transporter en idée à la 4®. année après l'épreuve de l'Association , soit 1827, selon l'échelle suivante :
370 PROLéGOHÊKEft.
An 1822, préparatifs du canton d'essai.
1823, installation; épreuve définitive.
1824, imitation générale par les civilisés.
1825 , adhésion des barbares et sauvages.
1826, organisation delà hiérarchie sphérique.
1827, versements d*essaims coloniaux.
Telle est la marche que suivra l'opération; et si on la suppose commencée en 1822, il faudra, dés Tan 1827, aviser à distribuer les souverainetés des régions à coloniser.
L'analyse de celte distribution et des principes qu'on y observera, va garantir aux grands cette bonne fortune que je leur annonce : elle va démontrer que celui d'entre eux qui voudra protéger l'essai de l'Association , peut dés à présent se considérer comme souverain d'un empire bien supérieur à ceux de Chine ou de Russie , et que les agents secondaires qui auront coopéré au succès de l'entreprise, obtiendront, en divers degrés, des sceptres héréditaires dont la hiérarchie sphérique aura une quantité énorme à distribuer, par suite des colonisations attrayantes.
Exposons d'abord le système des colonisations en Harmonie.
Autant il est facile aujourd'hui d'entraîner aux antipodes une foule de misérables à qui on fait espérer de trouver du travail et du pain, autant il serait impossible, dans l'état sociétaire , d'arracher de leurs foyers des fomilles Irés-heureuses, vivant dans les délices. Tout harmonicn soutirait de pitié à l'idée d'allef chercher fortune au bout du monde : il jouira, sur le sol natal, d'une existence préférable à celle des monarques civilisés : ne serait-ce pas à lui insigne folie , que de se transporter
ll^tERMËDE. 371
dans (es déserts de la Guyane pour y tenter des dëfrichemenis, y lutter contre les moustiques et serpentssonnette , les marécages et la fièvre jame f
Cependant, un incident forcera l'émigration $ elle sera obligée par le rapide accroissement de population. Les enfants sont si bien soignés dans l'état sociétaire, qu'il n'en meurt pas le dixième de ce qu'en moissonne la misère des petits ménages civilisés. En conséquence , le progrès de la population sera colossal , et on s'apercevra , dès le début de THarmonie , qu'il faut aviser aux versements colontaux; à défaut de quoi les pays déjà au complet, comme k France, ne tarderaient pas à dire encom-< brés; tandis que tes sur complets, comme Lombardie, Naples, Wurtemberg, Silésie, Flandre, Alsace-Bade^ Piémont, Normandie, seraient engorgés dès le début, parce que l'Harmonie, dont le mécanisme exige de vastes forêts, prairies, bassins, etc., ne peut pas comporter la mesquine distribution des cultures! civilisées, ni l'accumulation des fourmilières de pauvres gens.
On saura en outre (j'en donnerai la preuve), que la population sociétaire ne doit augmenter que pendant uu laps d'environ ffîO ans, sept générations, non compris la présente , et qu'il faut employer ces sept générations à porter le globe au grand complet, parce que dès la 9«. génération (celle-ci comprise), les femmes deviendront de moins en moins fécondes : l'exeés de vigueur les rendra plus aptes au plaisir, maris beameoap moins à Ia conception; de sorte qu'à la 9». généfatioi^d'Kanrraénte, le genre humain ne produira plus* que la quantité d'en^ fants rigoureusement nêcessaii^e à maintenit te complet existant.
On devra donc mettre à profit tes huit généraiton&
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planiareasest et DOtamment les premières, qui seroDt les plas fécondes; car, à mesure qae la race gagnera en vîgaeur, elle perdra en Técondité. Noos en voyons la preaye de fait chez les femmes civilisées : sur huit stériles, il y en a sept de rohustes. Ce sont toujours les pins grandes, les plus fortes, qui sont les plus tardives à enfanter.
Un autre obstacle sera l'excellence de nourriture , qui cause fréquemment la stérilité des femmes. Celles de la campagne, vivant d'un pain grossier, sont toutes fécondes : celles de la ville, qu'il faut, dit Molière, nourrir à* orge mandée et de crème sucrée, passent quelquefois trois ou quatre années de mariage avant de concevoir, et cessent de bonne heure, malgré les secours officieux de bons voisins et amis de la maison , prêtant aide et assistance au mari.
Fondée sur ces considérations, l'Harmonie s'occupera d'emblée à coloniser. D'ailleurs, le méphitisme des régions incultes obligera à spéculer sur une colonisation intégrale, pour garantir l'état sanitaire du monde matériel, et accélérer le raffinage climatérique (note A, 98).
Venons aux moyens d'exécution. D'après le bonheur dont jouiront les harmoniens , ils ne pourront coloniser qu'en transportant des essaims complets ^ des Phalanges entières, bien assorties en progression de caraclères, de fortunes, d'Ages, etc. , et aptes à exercer par mécanique de Séries passionnelles* Or, cet assortiment exige environ 1500 personnes pour tenir au complet le clavier général des 810 caractères (338), avec ses suppléants et acolytes; (non compris les deux Ages extrêmes, l^^. chœur, bambins, 16®. chœur, patriarches, qui ne sont pas comptés en clavier de caractères).
Poar dëterniiner un essaim à se transporter aui aoti* podes , à ia Nouvelle-Hollande ou la Nouf elle-Zélande , ou seulement à la Guadeloupe » il faudra Ira assurer trois ayanlages.
10. Vaccroùseinent subit de fortune. On verra , au chapitre des colonisations par annuités , que ce transport sera un triplement réel de fortune pour tous les émigrants.
20. L'installation subite et insensible. Pour la garantir, on aura du préparer à l'essaim un Phalanstère ou grand palais aussi commode que la demeure quil aura quittée; plus, des plantations etétables en bon état,, dont l'essaim colonial n'aura qu'à poursuivre la culture.
50. Le transport agréable. Chaque essaim devra partir avec des flottes nombreuses, et trouver en arrivant des armées industrielles dont la présence étant un gage de fêtes habituelles, répandra beaucoup de charme sur les premiers mois de séjour, qui sont les seuls insipides.
Toutes ces précautions, qui seraient impraticables pour un souverain, seront très -faciles à la hiérarchie sphérique, ainsi qu'on en pourra juger aux chapitres spéciaux. Elle seule peut organiseries armées attrayantes extérieures : elle exercera donc la police générale des colonisations; elle jouira, par suite, du droit de distribution des sceptres héréditaires dans les régions à coloniser, où elle fera verser les superflus des huit premières générations. Elle répartira d'abord les essaims par lignes d'intersection sur trois phalanges de front , afin d'éclairer le pays et agiomérer les hordes sauvages. On les disséminera en petit nombre dans chaque essaim, et par douzième au plus, comme t20 sauvages pour 1500 harmoniens: total, 1620 sociétaires.
D'après cet ei&posé , il est ëviileost que la distribution
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de soirreraiselèg des payg colonisés detra être faite par la hiérarchie sphériqae, aux yeox de qai le principal litre de recommandation sera d'avoir coopéré d'une manière quelconque à la fondation de l'Harmonie y à la délivrance du monde social.
Quels seront les degrés, le nombre^ l'étendue, les bénéfices, les attrftulions de ces souverainetés? Avant de m'engager dans ces détails (d^nt je ne prétends' pas traiter dans cet intermède), il a convenu de prouver d'abord :
Que la colonisation sociétaire ne peut être opérée que par entremise de la hiérarchie sphéri<pie.
Que la nomination aux sceptres èe divers degrés sera dévolue à ladite autorité suprême.
Qu'elle ne pourra préférer que les individus recommandés par coopération active à l'essai de fondation.
C'est une proie bien immense que ces souverainetés à distribuer en Harmonie : je vais en donner le tableau régulier; n^is pour y préluder, observons que diverses régions des pies vastes n'ont pas un seul titulaire légitime. L'Australie, encore inculte, peut former, à elle seule , plus de 15 empires égaux à la France. Voilà donc dans cette tie déserte un lot dé quinze sceptres égaux à celui de France, et dont on pourra jouir titulairement em Europe, avant d'aller en prendre possession. Au reste, dés qu'il y aura seulement cent Phalanges de fondées dans une contrée neuve , le séjour en sera cent fois plus agréable que ne peut l'être en Civilisation celui de Paris ou Londres.
L'Australie, dira-t-on, est bien éloignée de nous : mais l'Afrique , l'Amérique , si fréquentées par nos commerçants, sont bien voisines; et un homme qui obtiendra un bel empire sur l'Amazone ouïe Mississipi, n'aura pas grand déplacement à subir pour aller en prendre possession.
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Et les titulaires actuels, Espagne, États-Unis, Angleterre ! Ils ne seront titulaires que d'une portion équif a^lente aux surfaces mises en culture, sauf nndenmité de colonisation (0. Ainsi les deux couronnes d'Espagne et Portugal pourraient tout au plus réclamer deiK empire» dans la Colombie (Amérique mérid.), qui en fournil^ plus de quarante quand elle sera mise en culture.
Et comme Tétat insalubre du globe, la nécessité d^ pirompt raffinage, obligeront à coloniser méthodiquement, les titulaires actuels qui n'auront aucun moyen de procéder à ces cdonisations, ni de former des armées attrayantcB extérieures, seront obligés de traiter de leurs terrains vacants iavec la hiérarchie sphérique. Elle leur assurera d'ailleurs de si grands ayantages, qu'aucun d'enlre eux ne pourra songer à différer le traité , ni le défrichement colonial qui sera d'urgence pour la restauration des climatures. Tous les Princes, au contraire, chercheront à s'associer actiomiairement dans le travail de colonisation géiràrale; chaque Souverain aimant bien mieux vendre comptant ses déserts et s'y ménager des souverainetés futures , que de spéculer sur les lenteurs du défrichement colonial, qui ne pourra être facile et prompt que sous la Section de la hiérarchie sphérique.
(i) Nous avons foule de publîcistes , et jamais aucun d'eux n'a donne un plan de droit public sur les émancipations coloniales , indemnités de colonisation, calculées selon Tépoque de fondation, les travaux de découverte, les soins d'exploitation, le temps de jouissance, les produits d'impôt , la durée du monopole, etc. etc. Il en est résnlté de singulières injustices, dont la principale est que l'Europe a reconnu les droits de l'Espagne qui sont prescrits en toute règle; tandis qu*elle a légitimé l'émancipation des colonies anglaises , a une époque ou la métropole n'était nullement indemnisée. Aussi l'Angleterre obtiendra -t-elle en congrès d'unité sphérique , un dédommagement pour cette lésion.
Estimons, d'après ces aperças, la masse de soUTerainetés héréditaires à distribuer, leurs degrés, leur èleodue.
Les cultures existantes n embrassent pas un cinquième des terres, y compris les glaciales, qui seront bientôt dégagées par un événement plus décisif que la culture intégrale composée, note A, 87.
Il reste donc au moins quatre cinquièmes du globe à coloniser et pourvoir de Souverains en Harmonie.
Déduisant quelque chose pour les concessions aux grands titulaires de déserts, on trouve au moins les trois quarts du globe à pourvoir de Souverains en pays colonisés, dont le défrichement s'effectuera avec rapidité.
Évaluons d'abord le nombre des souverainetés dans chaque degré ; et distrayant un quart pour les titulaires^ il restera trois quarts à allouer aux coopérateurs d'Harmonie, qui certes ne seront pas assez nombreux pour ua.e proie si copieuse,
OCTAVE DES SOUVERiLINETÉS D'HARMONIE.
ru^atres
régissant
enTÎroD
Phalanges,