DIT LIBRE ARBITRE. XIX
et préalablement existence de raison. Distinguons entre l'entrave et la privation : un homme que la peur a glacé et qui croit voir un fantôme, n'a pas la force d'avancer 5 un tel homme n'est qu'entravé et non pas paralysé comme celui qui serait perclus des deux jambes. Même distinction doit être faite sur les facultés mentales. Elles ne sont qu'entravées quand un préjugé les arrête ; mais elles sont percluses quand l'obstacle naît d'une force presque insurmontable, d'une vraie paralysie, comme le prestige philosophique et théologique contre la découverte des destinées et l'issue de Civilisation.
Tel est le degré d'abrutissement où nous ont conduits la philosophie et la théologie sur toutes les questions relatives à la Destinée. L'esprit humain, sur ces questions, n'est pas maître de douter, éprouver, vérifier. Le despotisme philosophique l'a façonné à repousser obstinément toute voie de vérification, tout indice de (découverte): aussi l'esprit humain est-il novice jusqu'au crétinisme sur toutes les branches d'études de la Destinée. Appuyons ceci d'un indice tiré de ces (considérations).
Je choisis la destination des infiniment petits et leurs rapports avec les infiniment grands, thèse qui comprend les rapports sociaux de l'homme avec Dieu, tous deux étant les extrêmes de petitesse et de grandeur en chaîne d'harmonie.
Le nom de Dieu n'inspire malheureusement parminous que terreur chez les opprimés, dédain chez les oppresseurs. Aucune de ces deux classes ne peut s'élever à juger sensément de Dieu, à voir en lui un protecteur, un ami qui veut nous associer à sa puissance, et l'on peut dire que, sur ce sujet, les savants mêmes ne jouissent pas de leur Libre Arbitre. L'aspect des misères du monde, l'es-