‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 101 sur 201 · XX DU LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

XX DU LIBRE ARBITRE

prit de rébellion secrèle qu'elles excitent chez l'homme juste, s'opposent à un rapprochement amical entre la créature et le Créateur. Si l'on n'arrive pas à cet esprit, il est impossible de juger sainement des vues de Dieu sur notre sort.

On a voulu nous inspirer pour lui une tendresse filiale, sous prétexte qu'il est le père de la nature. Fausse application! car l'autorité paternelle, parmi nous, est nécessairement coërcilive et non pas amicale. Dans l'harmonie, au contraire, celte autorité n'existe pas et se transforme en adulation , en déférence continuelle du père pour l'enfant : or si nous ne devons pas , comme l'insinuent nos sciences, nous ravaler devant Dieu, nous ne devons pas non plus nous croire ses supérieurs. Le véritable ton de nos relations avec lui doit être l'amitié. — Si j'en juge de la sorte, c'est que, mieux instruit qu'un autre de ses desseins sur nous, je vois que toutes ses dispositions sont celles d'un ami libéral, généreux, qui veut partager franchement avec nous son bonheur et son empire sur le mouvement. Tel est l'esprit dont il convient de se pénétrer pour bien concevoir le calcul des destinées.

Nos deux guides, philosophie et théologie, nous poussent aux deux excès opposés à cet esprit , et d'abord la théologie nous inspire, dans nos rapports avec Dieu, la stupeur du villageois qui , introduit à la table d'un empereur, ose à peine goûter des mets qui lui sont présentés : tout préoccupé de l'idée de la puissance du monarque, il perd l'usage de ses facultés mentales et devient le plus insipide personnage; mais s'il écoute l'esprit philosophique, il insultera à l'empereur, lui débitera quelque bouffissure démagogique, de la force de celle-ci : « Pour être plus qu'un roi tu te crois quelque chose! > Qu'arrivera-t-il de

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