DU LIBRE ARBITRE. XXI
ces deux excès? Que ni le souverain ni le villageois n'auront joui de l'agrément que cette rencontre pouvait réciproquement leur procurer si le villageois, évitant ces deux excès, eût conservé dans le dialogue son aplomb et le ton aisé qu'il prend avec un homme égal à lui ou légèrement supérieur.
Nous tombons dans les deux excès que je viens de décrire. Il en résulte des deux côtés une perte réelle et pour Dieu et pour l'homme. Celui-ci, à la vérité, éprouve le plus grand dommage 5 mais Dieu perd de son côté par la privation de régie active sur notre Globe et par les retards d'une foule d'opérations matérielles : c'est double (entrave), dont la cessation dépend de nous, de notre retour au sang-froid, aux calculs d'attraction, sans lesquels nous ne pouvons ni juger la destination du mouvement, ni procéder à remplir la tâche qui nous est assignée : l'Association aux travaux de Dieu et l'initiative en divers emplois.
Mais vous parlez de bouleversements gigantesques , diront les critiques ; vous voulez anéantir les trois sociétés civilisée, barbare, sauvage, déplacer les astres et les univers! Pourquoi non, si cela est utile et que l'homme soit réellement appelé à cette coopération? Voilà sur quoi il faut disserter avec calme : si la prétention est outrée , on s'en convaincra par l'examen des moyens et leur facile épreuve. Après quoi l'on sera à temps de rejeter ces belles espérances. Mais tant que la raison humaine n'osera pas s'élever à l'idée d'association avec Dieu dans la gestion de l'univers, selon la loi du contact des extrêmes, elle n'aura pas le Libre Arbitre rationnel, ou libre exercice de ses facultés intellectuelles. Un respect stupide pour les grandeurs de Dieu rendra l'homme incapable de juger