XXII DU LIBRE ARBITRE
sa propre grandeur, sa propriété de contact d'extrêmes et participation de régie à titre d'infiniment petit et dernier chaînon d'harmonie. Nous n'aurons que de fausses idées sur l'immensité de Dieu si nous pensons qu'elle soit simple ; qu'il ne soit immense qu'en direct et non en inverse, qu'il ne puisse pas attacher d'immenses effets au^ mouvement d'un atome fonctionnant à propos. Nousmêmes jouissons de cette propriété, et nous savons, au moyen d'une étincelle , faire sauter une ville ; doutera-t-on que Dieu ne puisse faire pour le bon ordre ce que nous savons faire pour le désordre ? et que dans ses vastes plans, où tout se lie du grand au petit, le déplacement d'un atome ne puisse devenir l'initiative d'une métamorphose universale?
Lorsqu'un immense feu d'artifice est disposé, et la foule rassemblée pour le voir, à quoi tient le commencement du spectacle ? à une étincelle , qui enflammera successivement toutes les pièces, en les supposant liées 'par des veines inflammables.
Tel est le secret de la destinée actuelle de notre univers : tout y est préparé pour un brillant coup de théâtre dont notre globule doit prendre l'initiative par un grain d'arome en titre pur qu'il versera au soleil ; mais pour le verser pur, il faut se mettre en mesure de le fabriquer, et en fournir à la planète les moyens longtemps retardés.
« Ne suffît-il pas de Dieu pour opérer? diront les théologiens, et pourquoi entremettre un ver de terre qui n'est que cendre et poussière? » Cette suffisance de Dieu est une hérésie en Mouvement. C'est donner à Dieu une essence incohérente, des attributions simples; il veut des associés en tous genres de fonctions et ne fait comme nous emoloi du simule qu'en relai du composé : nous de-