DU LIBRE ARBITRE. XXIII
vons donc, pour juger sainement de ses opérations, spéculer d'abord sur l'action composée ou intervention de l'associé infiniment petit dans les opérations universales qui tiennent à un effet infiniment petit. Peut-on douter que le coopérateur de Dieu dans ces fonctions minimes ne doive être l'homme ou agent minime d'harmonie?
Si les esprits , sous prétexte d'immensité , s'ébahissent à l'idée de ces opérations; si, au lieu de raisonner avec calme, ils dissertent comme Don Quichotte frappé de visions gigantesques , on pourra leur reprocher de manquer du Libre Arbitre rationnel qui ne dépend que d'euxmêmes et qui est l'opposé de la crédulité, ainsi que je l'ai démontré dans l'exposé des sept conditions à exiger d'un inventeur.
S'ils ne savent pas s'élever à cette indépendance des préjugés; s'ils dédaignent cette boussole des sept garanties de vérité, ils se privent par là même de leur Libre Arbitre rationnel, pour se mettre sous le joug des prestiges théologiques et philosophiques. Cependant ils ont des intentions confuses de s'initier à l'étude de la nature et des relations de l'homme avec la Divinité ; jamais ils n'en concevront de justes idées tant qu'ils se refuseront à la théorie d'unité et de contact d'extrêmes entre les infiniment petits et les infiniment grands.
C'est sur cette vérité que repose le gage des hautes destinées de l'homme et du partage que Dieu lui réserve dans la régie de l'univers. Le reproche de petitesse que la théologie adresse à l'homme est précisément le titre qui nous vaut l'immensité de faveur divine. Quant à la philosophie, qui veut faire de nous des colosses, des Titans aptes à opérer en mouvement social ou autre sans l'intervention sociétaire de Dieu, sans le concert avec l'Attrac-