XXX DU LIBRE ARBITRE
raison ou raffinement passionnel ; aussi l'animal est-il stationnaire et n'avance-t-il pas au delà des limites de sod instinct primitif. Lesabeilles dans dix mille ans ne sauront pas mieux faire la ruche qu'elles ne la Orent aux premiers âges du monde.
Il n'en est pas ainsi de l'homme, il est pourvu d'une raison progressive et alliable avec le levier divin ou Attraction. Il est premier anneau d'échelle composée, d'où il suit qu'il y a dans le mouvement des sociétés humaines deux leviers de Mouvement à tenir en balance, et qu'en opprimant l'un des deux, soit le levier divin ou Attraction, soit le levier humain ou Raison, l'on n'aboutit qu'à les paralyser tous deux; effet ridicule de nos sciences qui, voulant donner l'une tout à Dieu, et l'autre tout à l'homme, n'arrivent qu'à fausser l'un et l'autre.
Que de nouvelles idées dans cette élude du mouvement social ! que de préjugés bizarres chez ceux mêmes qui se vantent de les combattre! jugeons-en par la question qui nous occupe. Ici les théologiens sont les libéraux , car ce sont eux qui veulent donner tout à Dieu ; les philosophes sont les illibéraux , les despotes , voulant l'empire exclusif de la raison humaine; et quand on envisage les résultats de leurs sciences, — les trophées de la théologie et de l'inquisition sous Torquemada, — les trophées de la philosophie et de la fraternité sous Robespierre y doit-on s'étonner si l'Humanité , confiée à ces deux guides présomptueux, marche comme l'écre visse dans la carrière du bonheur, et si, après 3,000 ans, elle est obligée d'en venir au précepte de Bacon : Refaire l'entendement humain sur toutes les questions de mouvement social, ei oublier tout ce que Ton a appris !
Beaux raisonneurs, qui voulez opérer tant de merveilles
DU LiBRE ARBITRE. XXXI
en balance, contre-poids, équilibre, garantie, et qui en secret ne rêvez qu'usurpation et despotisme, apprenez en fait de balance et d'équilibre à ménager les droits respectifs. Vous avez cru, les uns que Dieu était tout, et l'homme rien : les autres que Dieu n'était rien,efc l'homme tout : c'est effet d'orgueil chez un parti et bassesse chez l'autre. Pour vous élever aux théories d'équilibre, diminuez moitié de l'orgueil philosophique et moitié de la bassesse thôologique -, vous arriverez à concevoir que l'Attraction doit entrer en balance avec la Raison : que l'homme doit être associé et non valet de Dieu dans la régie du mouvement, sauf le pas honorifique ou tombée de balance qui appartient à Dieu.
Tant que vous déclinerez ce principe d'équilibre, celte balance et répartition d'influence entre Dieu et l'homme, vous serez inhabiles à concevoir les lois de l'équilibre passionnel qui est un jeu de mouvement dans lequel la raisoe humaine doit [figurer, concourir avec l'action de Dieu]; s'il nous laisse des chances nombreuses, entre autres celle des retards ou accélérations de découverte , celle de franchir plusieurs Périodes et cumuler plusieurs créations, celle d'entraver par notre Libre Arbitre et abus de Raison les opérations aromales de la planète, du tourbillon et de son univers; si, dis-je, Dieu nous accorde cette infinité de chances, il est clair qu'il veut jouer avec la raison humaine une partie égalisée où les deux athlètes soient respectivement intrigués l'un par l'autre ; où la créature comme le créateur aient des moyens divers d'essor pour la cabaliste, la papillonne et la composite. Comment concevoir que Dieu soit juste et heureux s'il prive les créatures des moyens d'influencer le Mouvement ! Tout ne sera, je l'ai déjà dit, que despotisme, prédes-