‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 112 sur 201 · XXXII DU LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

XXXII DU LIBRE ARBITRE

tinationet fatalité. L'Etre suprême, témoin des malheurs <3e notre Globe, pourra donc se dire à lui-môme : t C'est /inoi qui ai voulu la perpétuité de ces infâmes sociétés civilisée, barbare et sauvage : de ces raffinements de souffrance des hommes. » Tant de cruauté est-elle présumable dans la Divinité? Mais si vous admettez qu'un créateur juste et bon doive gémir de tant d'horreurs , «'est-ce pas admettre qu'il a inventé pour la régie des sociétés un ordre fortuné qu'il désirerait voir établi , et que son vœu est entravé par quelque erreur de la raison humaine, à qui il confie portion de la régie du mouvement ? Dieu créa les ressorts, les douze passions; mais il laisse à l'homme le soin de les développer, en ménageant les droits respectifs de Dieu et de l'homme , en laissant égale paît à l'Attraction et à la Raison. Tel devait être le sujet de nos études sur le Mouvement social. Il fallait en raisonner comme des sciences, où nous faisons intervenir par moitié l'industrie humaine, mais pour féconder et non pour entraver la nature.

Quel rôle jouez-vous, philosophes et théologiens, dans cette étude de la Destinée sociale et de la répartition de fonctions entre Dieu et l'homme? Vous, théologiens, figurez dans les rapports avec Dieu comme le pâtre qu'on fait asseoir à la table d'un grand seigneur, et qui dans sa stupeur ose à peine se placer sur le coin d'un fauteuil, {perd contenance et présence d'esprit); vous, philosophes, y figurez comme le démagogue Chabot, qui, introduit en dèputation chez Louis XVI, ne voulut pas ôter son chapeau devant le monarque. Excès pour excès, on ne saurait dire lequel est le plus ridicule : il faut partager •la palme, et c'est le parti que je prendrai toujours dans les conflits entre la philosophie et la théologie.

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