‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 116 sur 201 · XXXVI DU LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

XXXVI DU LIBRE ARBITRE

Du Libre Arbitre de l'Homme ♦ en simple et en composé; en positif et en négatif.

En nous dépeignant Dieu comme un maître terrible, êtayé de démons, de brasiers et de serpents, on nous a donné de lui des idées si fausses , que les esprits répugnent généralement à spéculer sur la bonté de Dieu, sur ses intentions généreuses et libérales, telles que je viens de les décrire : aussi le siècle s'est-il jeté dans l'irréligion par dédain pour les enfers et serpents dont on arme la Divinité. Il en est resté de fâcheuses traces, un penchant à isoler Dieu de toute coopération sociétaire avec l'homme. De là vient que des lecteurs ne goûteront pas la thèse du Libre Arbitre présentée en dépendance réciproque de Dieu et de l'homme, et partage d'intervention comme je viens de le faire; il convient peut-être mieux de traiter le sujet humainement, sans faire mention du concours de la Divinité. Souvent une question gagne à être envisagée sous plusieurs faces, et nous pouvons restreindre celle-ci à l'homme

seul.

Dans cette hypothèse, le Libre Arbitre se divisera en

simple et en composé : simple, s'il n'opte que pour la raison seule ou la passion seule : composé, s'il opte pour toutes deux, s'il parvient à une raison coïncidente avec l'Attraction passionnée.

Quelques sybarites riches, heureux et prudents, peuvent se donner ce plaisir de Raison et Attraction coïncidentes. On voit de ces hommes tout occupés à calculer leurs jouissances par poids et mesure, habiles à se ménager une série judicieuse de plaisirs et assez exercés pour parer aux astuces et [ aux vides ] de la société. Us se

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