‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 117 sur 201 · DU LIBRE ARBITRE. XXXTII · texte numérisé non relu

DU LIBRE ARBITRE. XXXTII

prouvent à eux-mêmes et aux autres qu'ils sont des prodiges de raison, mais d'une raison positive ou épicurienne,, qui s'accorde avec le jeu des passions et n'intervient que pour les seconder et raffiner. C'est une raison composée* ou combinée avec l'Attraction : c'est enfin le but de la nature , but que ne remplissent point la philosophie et la: théologie , qui conseillent d'aimer les privations parce* qu'elles ne savent pas nous donner les richesses. Elle» nous conseillent donc une Raison négative et simple, oit Raison isolée d'Attraction.

On trouve la sagesse positive chez quelques heureux dur siècle, dans le cas où ils possèdent santé, richesse et prudence en pays de pleine paix et d'abondance. A défaut delà santé et de la richesse, ils pourraient avoir une raison stoïcienne ou compatible avec les privations : ce serait une raison simple divergente et non pas convergente avec U\s passions. Elle ne serait plus un Libre Arbitre composé., mais une scission raisonnée de la Raison avec l'Attraction,, enfin un état moral négatif et simple, triste lot que nous alloue la philosophie sans nous laisser de liberté sur îe choix du mieux, qu'on n'obtient que par la richesse.

Quant à l'épicuréisme raisonné, quiestvraimentunLibre Arbitre composé, il est trop certain que la multitude n'er* jouit pas. Elle n'arrive pas même à l'état moral ou liberté simple divergente. J'excepte quelques vieillards opulents, pour qui les glaces de l'âge transforment en plaisir une? modération raisonnée. Quantauxjeunesgensquela fougue de l'âge ne pousse qu'aux excès , ils ne tardent pas à pay^r cher l'usage du Libre Arbitre simple, et je dis simple chez: eux, puisqu'il est essor d'Attraction sans concours de Raison. .

Ceci n'a trait qu'à la classe riche. On voit qu'elle a quel-

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