‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 120 sur 201 · XL DU LFBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

XL DU LFBRE ARBITRE

mensonge , un tel siècle est-il admissible à opiner sur ce qui est bien ou mal , quand par le fait il érige en bien la pratique du mensonge et de toutes les astuces?

Passons-leur celte absurdité, et admettons que le bien et le mal soient des connaissances fixes comme la géométrie 5 il restera à demander pourquoi, si nous avons le Libre Arbitre , nous sommes punis par Dieu et les hommes quand nous optons pour le mal moral, plus attrayant que le bien moral. Nous nous trouvons donc dans le cas d'un affamé à qui l'on dirait : « Je te permets de manger ce 3» pain, mais si tu en manges une miette, je te brûle la » cervelle. > Celui qui traiterait de la sorte un malheureux pressé par la faim, pourrait-il se vanter de lui avoir donné le Libre Arbitre? Loin de là, il n'aurait fait qu'ajouter la contrainte au besoin, et doubler la souffrance par l'aspect du bien désiré.

Telle est, dans l'ordre civilisé et barbare , la situation des 7/8 des hommes. La religion, dont on leur conseille l'usage , n'est pour eux qu'un raffinement de supplice , qu'une contrainte ajoutée au besoin : et le Libre Arbitre, en cas qu'on veuille en admettre l'usage, n'est qu'un garant de supplice en ce monde et en l'autre : car en cédant sans raisonner à l'impulsion naturelle ou attrayante, nous serons suppliciés; et en cédant à la raison qui nous ordonne de résister à nos passions, nous éprouverons double tourment , contrainte et besoin.

Cherchons hors de nos sociétés quelques notions plus recevables sur le Libre Arbitre.

Un chef sauvage à qui le roi d'Angleterre adressait cette question: c Vos sujets vous obéissent-ils bien? » répondit: « Pourquoi non? je leur obéis bien moi-môme. > Ce chef, dans sa réponse mille fois plus sage que le bel esprit de

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