‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 121 sur 201 · LU LIBRE ARBITRE. XU · texte numérisé non relu

LU LIBRE ARBITRE. XU

nos moralistes , nous donne la solution du problème du Libre Arbitre. Il doit être réciproque, et ne peut exister qu'autant que les deux éléments passion et raison sont en convergence ; qu'autant que les inférieurs ont le droit de désobéir dans le cas où le commandement du supérieur irait contre leur vœu : c'est donc au supérieur à ne commander que ce qui leur plaît collectivement et individuellement. S'il observe celte règle, il sera obéi : s'il n'est pas obéi , c'est qu'il aura enfreint la condition de satisfaire la volonté collective et individuelle.

Je sais combien de tels principes sont inadmissibles en Civilisation : aussi ai-je dit qu'il fallait chercher hors de celte société pour découvrir un emploi collectif du Libre Arbitre.

Du moment où l'on met en jeu la contrainte , les châtiments, pour faire exécuter un ordre, il ne remplit aucune des conditions de Libre Arbitre, et si on veut nous persuader que Dieu ou la loi nous donne celte prérogative* il faut d'abord supprimer les enfers, les gibets et autres voies coërcilives, borner les ressorts du Mouvement aux deux éléments indiqués , savoir : l'impulsion directe ou adhésion irréfléchie, qu'on nomme Attraction, et l'impulsion indirecte ou adhésion réfléchie, qu'on nomme Raison positive, convenance de plaisir calculé.

On objectera que les Civilisés, abrutis par la pauvreté» n'ont aucun discernement en affaires sociales, et que la raison consiste à les violenter pour leur propre bien. Je le sais; et j'ai observé, en parlant des jantes larges, de l'unité monétaire, etc., qu'on ne connaît pas encore l'emploi régulier des contraintes utiles; mais, d'après ce principe, les Civilisés n'ont donc pas de Libre Arbitre ou tout au moins ils ne l'ont qu'en négatif, ils n'ont que l'option

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