XXIV DU LIBRE ARBITRE
©u lit iire Arbitre en carrière rétrograde*
Tant que nous sommes en limbes obscures, dans les cinq périodes sauvage , patriarcale , barbare , civilisée et garantisle môme, nos passions nous poussent plus ou moins au mal. Or, si l'intention de Dieu est que nous ne commettions pas le mal et que nous soyons réprimés, contenus par le frein des lois et de la religion, il semble avoir voulu notre asservissement, et nous paraissons fondés à lui reprocher un état de choses qui ne nous laisse pas autant de liberté qu'aux animaux en qui l'essor libre de la passion n'est point un vice, et qui jouissent vraiment du Libre Arbitre simple, ou passion sans raison. Pourquoi l'espèce humaine, qui est leur supérieur, n'a-t-elle pas comme eux le droit de se livrer à ses passions, et pourquoi Dieu lui en a-t-il donné d'assez vicieuses pour qu'il soit nécessaire de la priver du Libre Arbitre? En nous donnant pour ressorts sociaux la Passion et la Raison, pourquoi ne nous a-t-il pas donné la Raison en dose proportionnée à la Passion, mais au contraire en (quantité) si faible qu'elle équivaut à zéro chez la multitude, et même chez les savants, qui parlant sans cesse de modération et de raison , n'en ont.pas l'ombre dès que leur passion est émoustillée?
Dieu a-t-il donc voulu nous priver du Libre Arbitre en nous privant à peu près de l'un des deux éléments qui doivent y concourir, et donnant à l'autre, à la Passion ou Attraction , une intensité désordonnée qui oblige à la tenir en compression perpétuelle chez les peuples industrieux, civilisés et barbares, et non chez les sauvages?
Ainsi, lorsqu'on se borne, en Mouvement social, à envi-