DU LIBRE ARBITRE. XIY
sager la carrière rétrograde, le présent et le passé, on est induit à penser, ou que Dieu ne veut pas le Libre Arbitre dans les sociétés industrielles, ou que Dieu ne veut pas l'industrie s'il veut l'exercice du Libre Arbitre.
De ces deux opinions, la deuxième est inadmissible, car rabandondel'industrie, ennous ramenant à l'état sauvage, rend bien le Libre Arbitre aux hommes qui sont réellement libres en Sauvagerie, mais non pas aux femmes qui forment moitié de la population et qui sont comprimées chez les Sauvages; et d'ailleurs les hommes n'y jouissent que de la liberté politique et non de la liberté passionnelle. Quelques sauvages ont des lois très-rigoureuses contre l'adultère et autres essors de passion, qu'ils punissent par des supplices légaux chez les hommes ainsi que chez les femmes.
On ne peut donc pas conclure que Dieu ait voulu fonder le Libre Arbitre sur l'abandon de l'industrie, car les hommes sauvages sont entravés sur plusieurs passions, et leurs femmes le sont presque sur toutes.
II reste à disserter sur la première proposition : Dieu semble interdire le Libre Arbitre aux Sociétés industrieuses, puisque la compression des 7/8 de leurs membres est nécessaire, et que le 1/8 privilégié, qui comprime les 7/8, est encore entravé lui-même dans une foule de passions, les grands n'ayant pas, à beaucoup près, le libre essor des leurs, et s'en plaignant amèrement jusque sur les trônes.
C'est ici que nous allons sentir l'inconvénient de nespéculer que sur les âges rétrogrades ou carrière de limbe, dont l'analyse mène à conclure que Dieu ne veut de Libre Arbitre ni pour les Sociétés inertes ou sauvages qui n'en jouissent pas, ni pour les Sociétés industrieuses qui ea