‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 140 sur 201 · LXII DU LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

LXII DU LIBRE ARBITRE

Le Libre Arbitre, selon la théologie, est donc limité à un seul des quatre exercices de la liberté, au troisième, qui est le plus fâcheux de tous. On est moins malheureux selon le quatrième, qui laisse la consolationde se plaindre et de n'admettre la Raison qu'en perspective de coïncidence avec l'Attraction et de service positif. Mais la théologie et la philosophie ne veulent que le troisième exercice. Elles exigent qu'on ajoute à la privation du plaisir le simulacre de la satisfaction, comme l'enfant à qui l'on donne les étrivières pour avoir mangé un morceau de sucre , et qu'on oblige ensuite à baiser le fouet respectueusement, et remercier de ce qu'on l'a fustigé pour son bien. Voilà ce qu'on appelle en Civilisation liberté et Libre Arbitre d'opter pour le bien ou le mal. Car on dira à cet enfant qu'il est libre de mal faire le lendemain, sauf à recevoir de nouvelles fustigations. On lui dira au besoin qu'iln'a pas le droitde manger un morceau de sucre, même en consentant aux étrivières, et pourtant cet enfant jouit, dit-on, du Libre Arbitre d'option pour le bien ou le mal. On avouera du moins qu'il ne jouit que de la liberté du troisième degré, simple négative.

Compétence philosophique.

Un pauvre paysan possède une somme de dix écus amassés à force d'économies et de fatigues : un percepteur vient lui demander ces dix écus et le somme de payer avec joie, suivant la morale d'un philosophe de Paris, François de Neufchâteau, qui, dans son tableau des Devoirs du Citoyen, nous dit : « Payez donc les impôts avec joie, c'est » le mieux employé de l'argent que vous dépensez. »

Le paysan répond qu'il ne veut pas donner ses dix écus et qu'il ne trouve aucun plaisir à payer. Là-dessus on en-

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