DU LIBRE ARBITRE. L*I1Ï
Iremet les gendarmes et garnisaires , qui lui prouvent que le vrai bonheur est de payer les impôts. Il paie pour se débarrasser d'eux, et s'il va se plaindre de cette violence à un philosophe, celui-ci lui prouvera qu'il doit s'estimer heureux d'avoir donné toutes ses épargnes pour le bien du commerce et de la charte, et qu'il jouit de la vraie liberté. Le paysan donne au diable ce bonheur philosophique, et soutient qu'il aurait été plus heureux et plus libre en gardant ses dixécus.
De quelle liberté a-t-il joui dans cette lutte? c'est encore de la troisième ou conflit de la Raison avec l'Attraction. Il ne lui est pas permis de jouir de la quatrième, de se plaindre hautement, exprimer ce que la Raison et l'Attraction lui inspirent contre les sangsues publiques : on l'arrêterait comme perturbateur. Il est donc forcé de dissimuler et laisser croire qu'il a payé par Raison, par amour de la morale, du commerce et de la charte.
Dans ces deux exemples, on voit que le monde civilisé tend au 4e. exercice de liberté, composée négative, à la faculté de jouir en secret ou de se plaindre hautement des entraves qu'on oppose à l'Attraction. Les beaux esprits le réduisent à feindre qu'il jouit de la 5e. liberté, simple négative, et qu'il trouve son bonheur à réprimer ses passions. Plaisante situation pour un être qu'on dit pourvu de Libre Arbitre ! Loin de lui laisser le droit d'opter, on ne lui laisse pas même le droit de se plaindre quand on a violenlé son choix.
Compétence des deux sciences.
Deux conscrits sont obligés de partir, l'un en 1812, l'autre en 1818. Tous deux ont résisté jusqu'à ce que le gendarme soit venu les prendre et les conduire enchaînés.