LXVI DU LIBRE ARBITRE
la volonté de Dieu. — Chansons que tout cela! mon frère a été tué en 1812 pour Bonaparte, et je ne suis pas tenté de faire de même. — Ton frère était un brigand qui servait l'usurpateur, il a mérité la mort. — Mais on l'a entraîné comme moi , enchaîné. Je serai donc un brigand selon ceux qui viendront dans 6 ans. — Non, certes, tu vas te faire tuer pour la légitimité, pour un tendre père. — Merci de sa tendresse ! J'aimerais mieux rester chez moi. —Comment, coquin, tu n'aimes pas à te faire tuer pour l'autorité légitime , tu n'as point de religion , tu brûleras éternellement. — Ce n'est donc pas assez que je sois torturé en ce monde, lu veux encore me brûler en l'autre. — Sans doute , si tu ne veux pas user de ton Libre Arbitre selon la volonté de Dieu et des lois. Reviens à la raison et opte pour louer Dieu du malheur par lequel il t'éprouve. — Va-t'en, jongleur, tu te moques de ma misère avec ton Libre Arbitre , donne-moi plutôt un esclavage qui me fasse ôter mes chaînes. Allez, charlatans, il n'y a de Libre Arbitre que pour vous qui nous faites tuer en ce monde et brûler dans l'autre. »
Procédons maintenant au tarif de toutes ces libertés.
11 résulte que la première, la seule véritablement digne du nom de liberté, n'existe qu'en dose infiniment petite, que pour quelques sybarites privilégiés, à peine un homme sur mille.
Que la deuxième, qui est une liberté d'insensé et trèsincomplète, puisqu'elle ne se compose que d'Attraction sans Raison, peut s'étendre au plus à un homme sur cent.
Que la troisième, vraie servitude, lors même qu'elle paraît spontanée, vrai fardeau, puisque la plupart de ces philosophes résignés à la pauvreté accepteraient volontiers une place de 20,000 francs de rente; la troisième,