‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 93 sur 201 · VIII DU LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

VIII DU LIBRE ARBITRE

sociale qui condamnent le pauvre au gibet, quand ii ose demander du travail, du pain et un minimum social (i).

Les deux sciences philosophie et théologie* qui assurent au pauvre tant de bonheur, s'affublent des masques de balance, contre- poids y équilibre, garantie, perfectibilité. On peut comparer ces verbiages à celui des jacobins de 1795, qui, à chaque mot, faisaient retentir les principes, les faits, la justice et le bien de la patrie , etc. Admirable chose en Civilisation que l'abus des mots ! Lorsque Condillac nous dit : « Les mots sont les véritables signes de nos idées, » n'aurait-il pas mieux fait de dire : Les mots sont les véritables masques de nos idées.

Venons au sujet, il s'agit d'établir que si l'homme ne jouit pas du Libre Arbitre, Dieu n'en jouit pas non plus sur notre Globe. En effet l'Attraction vient de Dieu, et si elle est étouffée par un huitième de privilégiés comprimant les 7/8, les salariés, esclaves et autres classes, l'impulsion de Dieu est réellement et complètement entravée, puisque les 7/8 , en calcul de mouvement , signifient l'ensemble, et que l'exception de 1/8 confirme la règle. Ce n'est donc pas l'homme seul , mais Dieu et l'homme, qui sont privés du Libre Arbitre sur tout globe où l'Attraction est entravée. Cette privation est composée et non pas simple.

(i) En marge, phrase ébauchée: La législation repondra qu'on ne voit guère de gens mourir de faim. N'en vit-on qifun par siècle, comme ceux de Seigneîay et Bruxelles , ce serait assez pour condamner la législation qui n'assure point de minimum au pauvre et prétend qu'il jouit du Libre Arbitre. D'ailleurs, souffrir la faim, les privations, n'est-ce pas être victime comme celui qui meurt de faim : il n'y a de différence que celle d'un long supplice

à un trépas mbit.

Page 1