‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 94 sur 201 · DU LIBRE ARBITRE. IX · texte numérisé non relu

DU LIBRE ARBITRE. IX

puisqu'elle s'étend aux deux agents primordiaux du mouvement social, à Dieu et à l'homme.

Nous avons donc sur le Libre Arbitre un double problème à résoudre. Il faut garantir les libertés de Dieu et celles de l'homme, assurer le concours des deux libertés, leur action unitaire, par l'essor de l'Attraction. Tel est le vrai sens de la question dont nos philosophes et nos théologiens n'ont envisagé que la moitié : car ils n'ont songé qu'au Libre Arbitre de l'homme, sans acception de celui de Dieu qui est opprimé sur un Globe si l'Attraction n'y jouit pas du plein exercice.

Opprimer Dieu ! qu'on ne s'étonne pas de cette expression. Les théologiens prétendent bien que l'homme peut tenter Dieu, c'est-à-dire lui faire commettre le mal : car la tentation suppose la chance de faire succomber l'individu tenté. Mon assertion n'est point incongrue comme celle des théologiens; je prétends seulement que l'homme peut entraver Dieu dans ses mesures bienfaisantes, en paralyser l'effet et tomber dans le malheur en voulant se diriger sans l'intervention de Dieu. Tel est sur notre Globe le résultat du défaut de Libre Arbitre. Il n'y existe en aucun sens : deux circonstances concourent à nous en priver. Ce sont, l'ignorance des lois de la nature et la perversité des sciences qui s'en disent interprètes. Elles attribuent le défaut de Libre Arbitre au despotisme des gouvernements. Rien n'est plus erroné, et la preuve en est que les philosophes sont encore plus despotes que les princes quand on leur confie l'administration. Il est donc très-faux que la philosophie ait l'intention sincère de rendre aux nations des libertés.

Du moment où l'homme recouvrerait l'usage du Libre Arbitre ou seulement du gros bon sens, il ne manquerait

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