‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 95 sur 201 · DU LIBRE ARBITRE. XI · texte numérisé non relu

DU LIBRE ARBITRE. XI

4M vf «ion du Libre Arbitre en actif et en passif.

Nous avons à démontrer que le Libre Arbitre , dans l'état civilisé, est illusoire, passif et subordonné aux impulsions de l'intrigue ou du préjugé, enfin dangereux pour les masses comme pour les individus, parce qu'il n'est communément qu'une suggestion plus ou moins trompeuse , sauf des exceptions si rares qu'elles confirment la règle et réduisent le prétendu Libre Arbitre des Civilisés en privation réelle.

Pour expliquer cette privation, il faut se rattacher à l'influence des deux causes assignées en Antienne : ignorance des lois de la nature et perversité des sciences qui s'établissent nos guides. Aucune des deux causes ne pourrait, isolément, opérer le mal dont il s'agit; mais les deux causes réunies y réussissent pleinement. Leur action combinée prive le Libre Arbitre de facultés actives ou directes et le réduisent au rôle passif ou subordonné. Cet exercice illusoire est un état de nullité, ainsi qu'on va en juger par la définition de Y actif et du passif.

Pour opter activement sur le bien ou le mal, il faut être capable de juger, et celui qui manque soit de judiciaire, soit de lumières spéciales, n'a plus qu'un arbitrage subordonné aux impulsions étrangères, comme le serait un enfant de dix ans auquel on donnerait sa fortune à gérer. Il serait, à l'instant, cerné d'intrigants, dupé, ruiné, en cédant à leurs impulsions. Son intention ne serait pas de se faire spolier : il le serait pourtant, parce qu'un Libre Arbitre qui n'est que passif et non étayé de lumières et de judiciaire équivaut à une servitude réelle ; et l'ar-

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