PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. oOl
n'a organisé sur le globe aucune voie de contrainte purement divine , aucune qui conduise à l'unité , but de ses opérations. Les méthodes coercitives dont nous faisons usage , n'établissent au contraire que discorde universelle entre les nations et les sociétés. Si donc ces méthodes étaient conformes aux vues de Dieu , il deviendrait (252) l'équivalent de l'être fictif que nous nommons Diable; car pouvant assurer au genre humain l'imité et le bonheur par un régime d'Attraction , il opinerait sciemment à entretenir la discorde et le malheur universel, par option pour les voies de contrainte, et dédain des sept garanties que l'Attraction seule peut assurer à Dieu et à l'Homme.
Si notre siècle qui ne raisonne que de garanties, avait fait l'analyse des sept que je viens de citer, aurait-on lardé à étudier la science qui nous promet cette immensité de bienfaits? D'ailleurs, que signifie ce respect qu'affectent les Philosophes pour la nature ? S'ils croient que la nature doive être consultée dans l'étude de l'Homme et des deslins sociaux, comment prouveront-ils que l'Attraction ne fasse pas partie de la nature humaine, et qu'on puisse étudier l'Homme sans étudier l'Attraction passionnelle , dont ils n'ont dit mot dans leurs cent mille systèmes ? Omission digne de gens qui , en voulant nous ramener à la nature , admirent une société où l'Homme est dépouillé des sept droits naturels, sans aucune indemnité.
Conclusions sur la troisiènae Notice.
Le défaut de la plupart des lecteurs est de ne faire aucun résumé de leurs lectures , de n'en pas conserver une idée principale qui leur serve de règle. Après avoir lu celle notice , plusieurs se borneront à dire : voilà des
opinions bien neuves, bien extraordinaires; et là-dessus ils rentreront dans le cercle des préjugés civilisés , sans tirer aucun fruit de ce qu'ils auront lu. Il faut en déduire une conclusion , la plus brève possible , à laquelle on devra se rallier.
J'ai préludé à celle conclusion (268) en réduisant à deux points le problème de nos destinées , ou procès entre la Divinité et la raison humaine.
On y a vu que les devoirs de Dieu sont de composer pour nous un code social et nous le révéler. Il est évident, d'après les éclaircissements donnés, qu'il a rempli ces deux devoirs;
Et que ceux de l'homme sont de chercher le code divin dans l'élude de l'Attraction. Il est notoire que l'esprit humain y a manqué. Or, la faute étant réparée et le code passionnel étant découvert, il ne reste plus à remplir que les devoirs d'examen crilique et d'épreuve.
Mais pour exercer dans cet examen une critique judicieuse, il est deux conditions : la première est d'être pénétré de l'immensité de biens dont on va jouir dans ce nouvel ordre : on ne peut pas encore les apprécier, puisque je n'en ai donné aucun tableau; j'y emploierai la 2®. partie, et quand on connaîtra le bonheur de l'étal sociétaire, le dédain que méritent les pauvretés civilisées, on sera en état de critiquer sainement et sans malveillance la théorie sociétaire.
Une seconde condition est d'être bien convaincu que les sciences incertaines ont égaré la raison et faussé l'entendement humain (158) par leur manie de subordonner Dieu à la Philosophie , et d'envisager en mode simple la nature et les destinées. Est-il beaucoup de lecteurs assez sages pour s'aflranchir de ces préjugés ? J'en doute : l'habitude est bien impérieuse, et pour les amener à suspecter leurs vaincs sciences , il faudra encore passer en revue