‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 115 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT

Dans les détails, nous supprimerons fréquemment le passé; car sa théorie est, en sens inverse, à peu près la même que celle de l'avenir. Je dis à peu près , car il y a dans le parallèle, de nombreuses différences, mais sur lesquelles on ne doit pas fixer l'attention du commençant : il suffît de l'habituer à spéculer, en thèse générale, sur l'unité des deux éternités passée et future : quand il sera exercé sur ce sujet, on sera à temps de l'initier aux règles d'exception, aux menues différences du passé au futur.

Je comptais , dans ces prolégomènes , donner une 3™^. partie à la cosmogonie ; il a convenu de restreindre le plan, et je me bornerai à deux articles sur ce sujet : ils seront placés en pivots des l""®. et '^^^. parties. Ils ne traiteront du matériel qu'accessoirement , et pour explication des destins de l'âme.

Y Pivot direct , Psycologie spéciale ou immortalité composée en passé et futur j^.

•^ Pivot inverse , Psycologie comparée ou analogie universelle du matériel au passionnel >h .

Le pivot direct ou immortalité de l'âme, est le sujet qui va nous occuper.

S'il est vrai que les lumières aillent croissant , nous devrions en savoir sur l'immortalité plus que nos devanciers, les Grecs et Romains ; loin delà, nous ne sommes parvenus qu'à mettre en problème ce qui était certitude pour eux : ils croyaient à l'existence de l'âme et à son immortalité; nous avons des sectes qui ne croient ni à l'une ni à l'autre.

Les lumières modernes ont évidemment rétrogradé sur ce point, comme sur une foule d'autres où l'instinct avait mieux guidé les anciens. Ils croyaient à l'existence du nouveau continent, à la rotation de la terre; nous

étions au contraire parvenus, dans l'âge moderne, à ridiculiser ces vérités qui n'ont percé que très-lard. L'obscurité continue encore à régner sur une foule de questions qui autrefois ne semblaient pas problématiques, et notamment celle de la vie future, plus que jamais révoquée en doute. L'esprit humain, au lieu de se rallier à l'espoir d'immortalité composée ou métempsycose , a voulu contester même sur la simple. Nos athées et matérialistes, loin de soupçonner le retour périodique des âmes, ne veulent admettre ni âme ni autre vie.

îs'ous avons sur ce point des doctrines qu'on dit suffisantes, mais qui ne sont que médiocrement persuasives : si elles l'étaient suffisamment, on n'aurait pas vu éclore des sectes de matérialisme. Leur seule existence prouve qu'il sera très-opportun d'ajouter aux preuves suffisantes des preuves convaincantes et mathématiques. Je ne pourrai les fournir complètes qu'après avoir traité des transitions et de l'analogie universelle. Nous n'en sommes ici qu'à des préludes.

Tant de fois des questions m'ont été adressées sur les destinées ultra-mondaines, que je dois en donner dans les prolégomènes au moins un aperçu qui , selon la règle tracée à l'avant-propos , devra être suivi d'un abrégé , puis d'une théorie : elle est obligée dans un ouvrage où l'on s'engage à démontrer l'unité de l'Univers , dont aucun sophiste n'a pu nous fournir de preuves appliquées au mécanisme social des passions et à l'immortalité de l'âme.

Toutefois , évitons sur ce sujet de compliquer les doctrines de l'Attraction avec les dogmes religieux. Supposons, sur tout ce qui touche aux affaires ultra-mondaines, que je ne sois qu'un philosophe, qu'un faiseur de système:

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