‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 232 sur 298 · LIVRE I. SECTION I · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION I

voyés. Réduisons, si l'on veut, à moitié; ce sera environ 4 a 500,000 visites à recevoir.

Parlons du local qu'on assignera pour logement à ces légions de passagers, et de la rétribution qu'on devra exiger d'eux.

Si on était en pleine Harmonie , dans une génération élevée aux précautions contre le feu, je conseillerais à la Phalange d'essai de placer le camp cellulaire à la frise , au-dessus duô'^. étage, en jacobine ou croisée de demihauteur.

Il doitcontenirquatrerangsdecellules, divisées d'abord par un large corridor central et continu, qui partage les doubles rangs, subdivisés entre eux par groupes de 5 ou de 7 ; 2 sur 5, ou 5 sur 4 , laissant une croisée libre entre chaque groupe. Celte croisée éclaire deux cellules extrêmes du 2^. rang; les deux moyennes, ou la moyenne en 3 sous 2, sont éclairées par la fenêtre vacante du mur opposé.

Il faudrait ici une lithographie ; négligeons ce détail , d'autant mieux que ladite méthode ne conviendra pas pour loger des civilisés, fort imprudents quant aux précautions contre l'incendie. Il sera mieux de les réunir par chambrées, comme les mihtaires, à une douzaine de lits par salle.

Je spécule ici sur un essai de grande Harmonie, à 15 ou 1600 personnes, et un édifice de grandeur assortie , dont je regrette de ne pouvoir pas donner le plan , parce que les dispositions des corps de logis ne sont pas les mêmes que celles de nos grands palais ou monastères.

Si on ne fait qu'un petit essai de degré minime ^ , à 200 personnes (402), ou une Harmonie hongrée de 400 personnes, les curieux ne seront guère moins empressés :

ils seront môme proportionnément plus nombreux pour le petit essai , carj'eslime qu'il en attirera au moins 200,000. Il faudra donc, dans tous les cas, même dans un essai minime, se mettre en mesure de recevoir et héberger ces curieux qui, venant pour s'instruire sur le mécanisme des Séries et passer trois jours dans leur canton, ne seront pas exigeants sur le logement; car ils n'y entreront qu'à l'heure du coucher, toute leur journée devant se passer à obsener et à parcourir les Séries.

En grande Harmonie , le camp cellulaire doit régner non-seulement dans toute la partie supérieure du palais , nommée frise, mais encore au-dessus des étables, où ce camp est quelquefois à double et triple étage dans les Phalanges de grand passage, qui, dans ce cas, peuvent contenir facilement 12000 cellules, et loger commodément 24000 passants.

Ce logement sera une spéculation très-importante pour la l''^. Phalange, car elle aura en manœuvre passionnelle deux à trois ans d'avance sur les autres Phalanges; elle sera donc la seule bonne à visiter pour les renseignements et l'instruction pratique.

Une masse de 500,000 curieux admis successivement pour trois jours, à 200 fr. par personne (c'est-ù-dire 100, 200 et 300 fr. , selon les degrés de fortune; en moyen terme 200), non compris leur dépense , produiraient unerecettedolOOmillions. Supposons lequartdece produit, 2o millions, cène sera pas un bénéfice à négliger.

On a vu , en 1814, 1815, 1816, sortir de la seule Angleterre au moins 100,000 curieux pour venir voir Paris. Que sera-ce donc de l'harmonie des passions, chose la plus digne de piquer la curiosité? C'est un ordre domestique si surprenant , si éloigné de nos coutumes

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