LIVRE I. SECTION 1. AS
lème civilisé , selon lequel chacun tend à se clorre et s'entourerait volontiers de bastions et batteries de gros calibre. Chacun « parmi nous » veut se retrancher et faire une citadelle de sa propriété. On a raison en civilisation, parce que cette société n'est qu'un ramas de voleurs gros ou petits, dont les gros font pendre les petits ; mais en Harmonie, où l'on ne peut pas essuyer le moindre vol, et où un enfant ne volerait pas même une grappe de groseilles (on en verra la preuve au livre 2), on emploie, autant qu'il se peut, dans les distributions de culture, la méthode engrenée , selon laquelle chaque Série s'efforce de jeter des rameaux sur tous les points, engage des lignes avancées et des carreaux détachés dans tous les postes des Séries dont le centre d'opération se trouve éloigné du sien (i).
L'ordre massif est le seul qui ait quelque rapport avec les méthodes grossières des civilisés; ils réunissent toutes les fleurs d'un côté, tous les fruits de l'autre ; ici toutes les prairies, là toutes les céréales : enfin ils forment partout des masses dépourvues de lien ; leur culture est comme leur système social , en état d'incohérence universelle et d'excès méthodique.
D'autre part, chacun d'eux sur son terrain fait abus de la méthode engrenée; car chacun voulant recueillir, sur le sol qu'il possède, les objets nécessaires à sa consom-
(i) Ces trois ordres sont comparables à ceux de l'archiiecUire grecque. On n'a rien pu trouver de neuf après les trois colonnes grecques et leurs accessoires : les formes nommées Composite, Ionique moderne et Toscane, sont de légères modifications des ordres grecs. Il en sera de même de toutes les me'thodes agricoles qu'on pourrait indiquer ; elles ne seront que modifications des trois ordres ci-dessus.