III
mation , accumule vingt sortes de cultures sur tel terrain qui n'en devrait pas comporter < trois. » Un paysan cultivera pêle-mêle blé et vin, choux et raves, chanvre et pommes de terre , sur tel sol où le blé seul aurait convenu ; puis le village entier mettra en blé exclusivement quelque terrain éloigné qu'on ne peut pas surveiller contre le vol, et qu'il aurait convenu de mélanger de diverses plantations.
Une boussole principale des civilisés dans leurs distributions de cultures, leurs assolements, leurs époques de récolte, c'est le risque de vol. Dites à un agronome : Vous semez là du blé; j'y mettrais un verger; le terrain me semble convenable. Oui, répondra-t-il , mais je serais volé ; c'est un local que je ne peux pas surveiller. Reprochez-lui de vendanger trop tôt , de récolter ses vergers avant maturité, [ne pas faire trois cueillettes successives ; ] il vous dira : Vous avez raison; mais je serais volé, je n'aurais rien , et je suis forcé de cueillir mes fruits encore verts [et tous à la fois.]
En Harmonie on ne court aucun de ces risques : les distributions de cultures s'établissent en pleine convenance avec le terrain, et rien n'empêche qu'on répartisse à chaque sol ce qui lui est assorti. Cette répartition s'opère selon les trois modes indiqués plus haut; le massif, le vague et l'engrené, parce que l'Harmonie a besoin d'allier les Groupes et les Séries de divers titres , et de leur ménager des rencontres dans les travaux , afin de les intéresser les uns aux autres.
Une Phalange , exploitant son canton comme s'il était domaine d'un seul particulier, commence par déterminer à quels emplois convient chaque portion, quels alliages elle peut subir, quels accessoires on ajoutera à la culture pivo-