‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 258 sur 298 · LIVRE I. SECTION II · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION II

sans savoir discerner les espèces, ni donner au cultivateur un éloge raisonné. Dans cet état de choses, comment rendrait-on l'industrie agréable au pauvre , quand tous les obstacles s'unissent pour en dégoûter môme le riche? Observons l'effet contraire en Association.

Mondor veut cultiver des pêches ; mais il ne veut pas se mêler de la destruction des insectes qui dévorent les pêchers. Il ne s'en occupera pas dans la Série des pôchistes : la poursuite des insectes est confiée à quelques enfants aspirants , et dirigés par un patriarche doyen de cette Série. Mondor a le double avantage de ne pas se mettre en peine de cet important travail , et de le voir parfaitement exécuté par des élèves de Série, la plupart pauvres, que ce travail rendra intéressants à ses yeux. Mondor n'aime pas à s'occuper des greffes; il en laisse le soin au groupe des greffeurs, composé de quelques praticiens habiles, et il en admire les succès. Mondor n'aimerait pas se charger d'une correspondance pour l'extraction des espèces précieuses; il se repose de œ travail sur le groupe du secrétariat de Série, qui recueille tous les renseignements nécessaires.

Quel est donc l'emploi de Blondor? Il aime à s'occuper de la taille des espaliers ; il a des prétentions dans l'art d'émonder l'arbre et le faire fructifier abondamment ; il se fait une fête, au printemps, d'arriver, la serpette à la main, avec le groupe des émondeurs; il fournit avec empressement une séance de deux heures au milieu de sectaires bien vêtus, polis, loyaux, bienveillants, et tous attirés comme lui, par passion, à ce genre de travail.

Tous les sectaires félicitent 3Iondor sur son habileté : il paie même tribut de louanges aux divers groupes qui ont secondé son travail dans les diverses branches d'éche-

nillage, greffe, correspondance, etc. Comme chef d'apparat OU colonel de la Série, 3Iondor est celui qui reçoit les compliments de la Phalange et des étrangers, sur les fruits de cette Série, dont les séances industrielles ont été pour lui autant de parties de plaisir. Comment ne serait-il pas attiré à ce travail , dont il n'a exercé que la branche qu'il lui a plu de choisir, que l'émondage ou taille des arbres?

S'il veut en civilisation cultiver des arbres à fruit, quel plaisir y trouvera-t-il ? Des contrariétés sans nombre, des fraudes et dégoûts qui se termineront peut-être par le vol de ses fruits , comme il arriva à un maréchal de Biron qui aimait beaucoup cette culture. Tous ses fruits lui furent volés en une nuit , à la veille de la récolte : il était vieux et en mourut de chagrin. Le vol , un des nombreux obstacles qui disparaissent dans l'Harmonie , suffirait à lui seul pour dégoûter de la culture les riches civilisés.

Rallions ce parallèle au principe, sujet de ce chapitre. Mondor est heureux et secondé, parce qu'il est propriétaire composé, dont les intérêts sont liés à ceux de tout ce qui l'entoure. Biron n'est que propriétaire simple , sans intérêt sociétaire avec ses agents et voisins; il est trahi par eux; c'est la loi de nature. Si Dieu nous destine à l'Association, n'est-il pas dans l'ordre que l'homme soit malheureux hors du mécanisme voulu par Dieu?

Les ressorts qui, en Harmonie, attachent les riches à l'industrie, sont les mêmes qui attachent les pauvres à la classe riche. Phébon est sans fortune; mais il est précieux dons plusieurs Séries, par ses connaissances pratiques, il est recherché dans les assemblées cabalistiques et les repas de corps que donnent tous les chefs d'apparat.

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