‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 260 sur 298 · LIVRE I. SECTION II · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION II

prend un parvenu installé dans un chûleau. Ces parvenus n'ont pas le stimulant d'une critique amicale et franche qui s'exercera dans les groupes industriels ; ils sont au contraire flattés, abusés par tout ce qui les entoure; et celte flagornerie retarde beaucoup leurpolissement. Mais dans l'ordre sociétaire , où chacun prend le goût du bon ton , le peuple pourra , à l'aide de l'ironie amicale , atteindre aux manières polies beaucoup plus promptemenl que nos parvenus, à qui personne n'ose adresser de remontrances.

Je n'ai envisagé ici les liens moraux que sous le rapport de l'intérêt; ce n'est pas la moindre des passions; et quand on pourra , en généralisant la propriété composée , créer une coïncidence d'intérêts entre les trois classes , riche, moyenne et pauvre , il sera facile de les concilier sur d'autres points.

J'ai dû débuter par l'objet principal en morale et en politique, par le problème d'établir, entre les trois classes, une identité, une marche unitaire en vues d'intérêt. Tant que cet obstacle n'est pas surmonté, comment ose-l-on parler de politique et de morale? Quel concert politique peut-il exister dans un régime industriel où les trois classes essentiellement divisées d'intérêt, ne cherchent qu'à se tromper et s'opprimer sous les masques de patriotisme ou de bon ordre? Et d'autre part, quelle moralité espérer dans un état social où les intérêts de l'individu sont en discorde avec ceux de la masse? Un tel ordre peut-il produire autre chose que les deux caractères pivotaux de civilisation, Y égoïsme général et \ duplicité d'action (504) ? Je reprendrai cet argument à la Postienne : continuons à jeter un coup d'œil sur la politique et la morale du régime sociétaire.

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