‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 274 sur 298 · LIVRE I. SECTION II · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION II

facile du travail. Conslruit-on un édifice , on leur réserve un pan de mur pou important; on y conduit leur groupe en grand appareil , en le faisant défiler à la parade matinale , avec ses petits outils et ses costumes de travail. Ces enfants, après avoir exécuté avec enthousiasme, dans une courte séance, la tâche qu'ils ont sollicitée, sont aussi fiers que s'ils avaient construit l'édifice entier , dont ils disent déjà : « C'est nous qui avons bâti ce monument. » On verra ces détails d'attraction à la section suivante; bornons-nous aux influences du faste des Séries, et supposons une action.

Louis XVI , âgé de 4 ans , habite la Phalange de Trianon; il est passionné pour la forge, et s'introduit dès le bas âge dans les ateliers des forgerons de Trianon; il épouse ardemment les rivalités de leur secte contre les cantons voisins; il excelle de bonne heure dans ce travail, auquel une forte attraction l'a conduit; mais il est fatigué d'entendre vanter la magnificence descerisistes de Marly, à qui Dorante a fait don de châteaux et ornements prônés partout. Louis XVI veut que les forgerons de Trianon deviennent la Série la plus brillante de France. Parvenu à l'âge de 19 à 20 ans, où il peut disposer d'une portion de sa fortune , il l'emploiera à faire briller sa secte favorite; et, après avoir pris le consentement de la Régence qui doit sanctionner toute construction entreprise par un adolescent, il fait bâtir un Séristère ou atelier général , semblable aux antres que représente l'opéra dans les forges de Vulcain; il y ajoute un costume de parade pour la décoration de la Série. Ce faste devient un stimulant pour les sectes de forgerons des autres Phalanges , et de proche en proche on s'efforce de donner partout du lustre aux travaux de la forge.

Pareille émulation a lieu entre les Séries de toute espèce. Il suffît qu'un homme opulent en fasse briller quelqu'une, pour entraîner tous les cantons voisins à la rivaliser en quelque manière , sinon en luxe, au moins en propreté, en perfection. Celte manie gagnera en Harmonie tous les hommes à grande fortune ; elle portera le luxe sur le travail et les ateliers , aujourd'hui dégoûtants de pauvreté , de grossièreté et de saleté.

Ce faste des travaux sera une semaille industrielle, puisqu'il concourra à passionner les enfants comme les pères pour l'exercice de l'industrie productive. Alors chacun, au lieu d'employer son superflu à construire des châteaux individuels qui seraient inutiles en Harmonie, dépensera Cil bâtisse de beaux ateliers , beaux belvédères , beaux hangars pour ses sectes favorites.

Cet effet, général dans le mécanisme des Séries pass., donne au luxe une direction productive. Le luxe d'Harmonie se porte sur le travail utile, sur les sciences, les arts et notamment sur la cuisine. Le luxe concourt, avec une foule d'autres véhicules , à rendre ces fonctions attrayantes pour l'enfant comme pour l'adulte. L'enfant, dans le bas âge, se plaira à parcourir tous les ateliers de sa Phalange, s'initier à tous leurs travaux dans chaque atelier minime, y acquérir la dextérité, la vigueur et les connaissances pratiques, et devenir, quelque riche qu'il soit, un producteur apte à exécuter les travaux comme à les diriger.

Là finira la distinction de producteurs et consommateurs qui existe chez les civilisés : il n'y a dans l'Harmonie que des producteurs; et l'on verra plus loin que l'éducation naturelle , dont le système est un pour les cinq tribus de l'enfance, initie les princes comme les plébéiens à toute

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