‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 289 sur 298 · LIVRE I. SECTION II · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION II

double terrain, parce qu'on négligera tous les terrains médiocres, sur lesquels les civilisés cultivent des céréales d'un aspect pitoyable, comme celles de la Champagne et des environs de Paris. Ces mauvais terrains seront afïeclôs à d'autres emplois, ou remblayés de bonne terre, ou réunis aux forêts, dont on distraira diverses parcelles convenables à la culture.

Chaque Phalange aura toujours des approvisionnements qui la mettront h l'abri de la famine pour deux ans. Elle fera usage de Silos ou greniers souterrains privés d'air, évitant la double dépense de l'éventement périodique des blés , et de l'énorme surface de bâtiments qu'occupent ces grains dans nos magasins.

On conservera de môme en greniers souterrains les pommes de terre et autres légumes que la civilisation ne sait pas conduire jusqu'à la récolte suivante , sans germination, détérioration, aigreur, amertume, etc.

D'autre part , l'Harmonie n'amoncelle pas sur un terrain de peu d'étendue ces fourmilières de populace qu'on voit en Chine, en Bengale, en Napleset en Vurlemberg, Obligée de réserver partout des pâturages et surtout des forêts pour entretenir les sources et équilibrer la température, elle ne peut comporter sur le meilleur terrain, qu'un nombre limité d'habitants, qui n'excédera jamais i2000 par lieue carrée de c 20 » au degré, et communément 1500 sur ladite surface.

Durant le l^"". siècle, elle emploiera en versements coloniaux ses excédants de population locale. On n'aura plus d'excédant au bout de deux siècles , parce que l'espèce humaine multiplie fort peu du moment où le mécanisme d'Harmonie est arrive à sa plénitude et la race à sa pleine vigueur.

Dans le début , la France , faute de terrain, sera obligée de verser au dehors 4 millions d'habitants superflus ; l'Italie et le Vurtemberg, en proportion. Ces contrées, quoique faisant des versements au début , remonteront ensuite au degré de population actuel ; mais ce ne sera que lentement et à mesure qu'on aura reconquis les montagnes déboisées, les landes, etc. Ces versements à titre de colonisation en souveraineté perpétuelle seront un grand avantage pour tout souverain qui aura du superflu de population.

Le but de l'Harmonie sera de mettre bien vite en culture la zone torride (II, 45), afin d'établir dans les consommations un équilibre d'attraction ; c'est-à-dire produire les denrées quelconques en proportion du vœu de la multitude; élever promptement la masse du sucre commerciable au niveau de celle de la farine commerciable, qui aura plus de valeur que le sucre, quand l'ordre naturel ou équilibre bi-composé sera établi sur chaque zone.

Objeclera-t-on que la population d'Europe n'est pas acclimatée aux régions équatoriales, et que le superflu qu'on y verserait , comme 4 millions de Français et autant d'Italiens , ne pourrait pas y cultiver le sucre et autres denrées de climat chaud? Cela est vrai; mais ces versements opéreront indirectement l'elTet indiqué. On les colonisera dans les pays monlueux et tempérés de l'équateur; là ils produiront les troupeaux, farines et objets nécessaires à entretenir les cultures des basses régions dont ils seront voisins. Si on transporte 4 millions de Français sur l'Atlas et sur la grande chaîne qui coupe l'Afrique depuis l'Abyssinie jusqu'au Sénégal, ils ne seront pas fatigués de la climalure tempérée de ces hautes mon-

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