‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 294 sur 298 · III · texte numérisé non relu

III

Le contraire a lieu en civilisation, où les subsistances ne reposent guère que sur une seule branche, blé ou riz : aucune autre denrée ne fournil une ressource assez copieuse pour mériter le rang de comestible de base. La pomme de terre même, vu l'impéritie en culture et en conservation, n'est pas encore parvenue à ce rang.

D'autre part, les approvisionnements de la denrée de base sont incertains et confiés aux intrigues du commerce, qui souvent la détourne et la raréfie, comme en 1812, tout en feignant une grande sollicitude pour en fournir les marchés.

Ainsi, les civilisés réduits au mode simple en approvisionnements n'ont pas môme de procédé ciTicace pour assurer ce vicieux service. Leur politique est donc nulle dans la l^e. branche des relations sociales, et pourtant ils ont des écrivains qui publient incessamment des théories de balance, contre-poids, garantie, équilibre.

"* II est aisé de les opposer à eux-mêmes : j'ai cité pour exemple un contemporain, J.-B. Say {Avantpropos), qui s'élève contre les petits esprits aheurtés h nier qu'on puisse découvrir un ordre social meilleur que la civilisation. Il se range par le fait dans la classe des Expectants (II, 120), des Montesquieu, des Rousseau, des Voltaire, des Coodillac, etc.

Cet ordre, opposé à la civilisation et à ses neuf caractères, ne peut naître que d'un état de choses qui aura pour résultat :

10. D'identifier l'intérêt individuel avec le collectif, de telle manière que l'individu ne puisse trouver son bénéfice que dans les opérations profitables à la masse entière.

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