‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 50 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE H · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE H

front; mais il ne nous condamna pas à être privés du travail d'où dépend notre subsistance. Nous pouvons donc , en fait de droits de l'homme , inviter la Philosophie et la Civilisation à ne pas nous frustrer de la ressource (fue Dieu nous a laissée comme pis-aller et châtiment, et à nous garantir au moins le droit au genre de travail auquel nous avons été élevés.

Si je n'ai pas mentionné ce droit au tableau 164, c'est que le travail est un droit cumulatif, résultant des quatre droits cardinaux, chasse , pêche , cueillette et pâture. Le travail est donc droit hyper-cardinal, comprenant les quatre branches de travaux auxquels nous avons droit naturel.

Outre ces quatre voies d'industrie positive, Dieu donne aux nations sauvages un droit d'industrie négative, qui est le vol extérieur, pour lequel tous les Sauvages ont un penchant très-marqué , même ceux qui se rapprochent de la période 1''®. (Eden). Les Olahitiens qui avaient plusieurs caractères d'Edenisme , volaient avec une telle activité, qu'on voyait les femmes faire une demi-lieue à la nage pour aller arracher un clou du vaisseau. Telle est la simple nature , tant prônée par nos moralistes : elle donne à l'homme le droit et le goût du vol , et les civilisés ne sont que trop fidèles à ses impulsions.

Ainsi, sur nos sept droits naturels, on en trouve quatre qui tendent à nous garantir l'industrie active que nous refuse la Civilisation , ou qu'elle ne nous accorde qu'à des conditions dérisoires , comme celle d'un travail tributaire dont le produit est pour un maître et non pour l'ouvrier.

Nous n'aurons l'équivalent des quatre droits cardinaux, que dans un ordre social où le pauvre pourra dire à ses

IKO PROLÉGOMÈNES.

compatriotes , à sa phalange natale : « je suis né sur celle lerre ; je réclame l'admission à tous les travaux qui s'y exercent, la garantie de jouir du fruit de mon labeur; je réclame l'avance des instruments nécessaires à exercer ce travail, et de la subsistance en compensation du droit de vol que m'a donné la simple nature. »> Tout Harmonien , quelque ruiné qu'il puisse être , aura toujours le droit d'aller tenir ce langage à son pays natal, et sa demande y trouvera plein accueil.

Ce ne sera qu'à ce prix que l'humanité jouira vraiment de ses droits : mais dans l'état actuel , n'est-ce pas insulter le pauvre que de lui assurer des droits à la souveraineté , quand il ne demande que le droit de travailler pour les plaisirs des oisifs ?

Nous avons donc passé des siècles à ergoter sur les droits de l'homme , sans songer à reconnaître le plus essentiel, celui du travail, sans lequel les autres ne sont rien. Quelle honte pour des peuples qui se croient habiles en politique sociale ! Ne doit-on pas insister sur une erreur si ignominieuse, poi'r disposer l'esprit humain à étudier le mécanisme sociétaire qui va rendre à l'homme lous ses droits naturels, dont la Civilisation ne peut ni garantir, ni même admettre le principal, le droit au travail?

J'ai dû en faire l'objet d'un chapitre spécial , pour signaler l'extrême ignorance des modernes en théorie de liberté: la nécessité de reprendre les idées à leur origine, et d'oublier tout ce qu'on a appris sur la liberté, comme sur tous les problèmes qui touchent à l'étude de l'homme. Ce n'en était pas un médiocre que celui du libre exercice des droits naturels, combinés avec l'exercice de la grande ind'istrie. Mais tout effrayant que pouvait sembler ce problème , on serait arrivé à la solution partielle ou lo-

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