PREMIÈRE PARTIE. MEDIANTE
dont jouissent les autres sciences •, et même les fonctions triviales, qui toutes ont le droit de se composer un vocabulaire de termes tecliuiques.
Mais d'où vient chez les lecteurs français , tant d'effroi et de défiance au sujet de quelques formules insolites? Une découverte va décider du sort du genre humain ; il faudrait dans son examen s'affranchir des petitesses du siècle, ne s'attacher qu'à l'objet important, qu'à la justesse des démonstrations. A quoi s'attachent nos Français, dans cette affaire? à des chicanes vétilleuses sur la néologie obligée.
S'il faut les en croire, le calcul de l'Association va tomber pour une lettre ajoutée à un mot , comme dans passionnel au lieu de passionné : c'en est assez pour alarmer de chauds partisans. D'où vient que le Français si brave au combat, est si pusillanime en génie spéculatif? Ceux qui font des tableaux de compensations, peuvent y placer ce plaisant contraste d'une nation qui, à l'excès d'audace belliqueuse, joiut l'excès de faiblesse en étude de la nature, en appréciation des découvertes.
Je ne demande pas de crédulité; mais qu'on évite au moins la pusillanimité, et qu'on se rappelle que la théorie d'Association n'a pas besoin de tous les suffrages. Il n'importe qu'elle effraye quelques pygmées \ il suflira d'un homme pour la fondation : ce n'est pas parmi les esprits minutieux que nous devrons le chercher, mais parmi les caractères largement tracés : ceux-là ne seront pas choqués de trouver dans ma méthode quelque originalité; ce sera pour eux un heureux augure : ils savent que le génie inventif ne germa jamais chez cts hommes serviles qui, lorsqu'on les détourne des sentiers battus se croient, comme les compagnons de Colomb , entraînés dans les abîmes.
Il faut donc se garder de prendre ici pour sagesse, la défiance outrée, la manie d'ergoter contre l'auteur. Il en est de la prudence comme de la vertu , dont un adage dit :
u Faut d' la vertu , pas trop n'en faut : ■n L'excès partout est un défaut, n
On peut dire aussi delà défiance : pas trop n'en faut. Plus mes méthodes et mes principes diffèrent de ceux des philosophes, plus on doit en augurer uu succès qu'ils n'ont pas su obtenir , et une découverte qui ne pouvait se trouver que dans les sciences encore intactes \ ce sont :
les théories de l'Association industrielle,
— de l'Attraction passionnée ,
— des douze Garanties ,
— >^ de l'Analogie universelle.
i^ PROLEGOMENES.
De'fions-nous des pygmées qui n'ayant pu s'ouvrir aucune de ces nouvelles roules, veulent dcprimer celui qui leur fraye les chemins : ce sont des soldats suspects qu'il faut repousser des rangs : pauci ■, sed boni. Nous n'avons que faire du suffrage variable de la niullitade , puisqu^il nous sufBra d'un seul homme pour la fondalion»
J'invite donc les lecteurs sages à reserver leurs objections pour le final du 2°. tome où je les passerai en revue , el où je deviserai sur les compléments à donner el les matières à traiter dans les tomes suivants. Jusque-la ou aurait tort d'exiger des communications qu'il me parait nécessaire de différer, comme celles relatives aux harmonies des nombres 7 et 1 2 dont l'excellence est facile à pressentir , d'après la préférence que Dieu leur a donnée dans les harmonies unitaires , comme les sons de la musique et les rayons de la lumière^
Au re'sumé : sur quelque sujet que portent ces critiques prématurées , opposons d'abord aux Aristarques l'argument sans réplique : sauront-ils avec leurs sciences tripler le produit réel de l'industrie , élever à 3ooo fr. le revenu d"un domaine qui n'en rend que 1000? Non , répondent-ils : eh bien , qu'ils écoutent celui qui va résoudre ce graud problème: sa méthode sera assez bonne pourvu qu'elle conduise à tripler le revenu téel (page i ) de tout le monde , el élever le genre humain à l'unité universelle.
Sur un problème de si haut intérêt, sera-ce trop d'un volume de prolégomènes ? On pardonne à la philosophie 4oOi"oo tomes de doctrines erronées , et l'on me contestera un tome de réfutation , nécessaire à l'intelligence de la nouvelle science !
u, Nous ne voyons pas , disent les critiques , où tendent ces longs 7t préambules; vous promettez une théorie sur l'Association ; don- 75 nei-la. -n
Je ne dois pas la donner en mode simple; il faut, selon le mode composé , que la théorie positive soit étayée de la négaliv e •, de même qu'on donne en arithmétique la contre-opération ou preuve qui procède en sens inverse. On vient de voir sur les questions de Liberté el on va voir encore sur celles de Commerce, que le tort constant des modernes est d'envisager toute la nature et la politique en mode simple \ ce vice a faussé et paralysé leurs plus beaux génies. Je dois donc éviter le simplisme que je leur reproche sans cesse; el pour donner une théorie composite , il faut procéder d'abord par la négative , analyser les erreurs qui ont prolongé le règne du mal: il sera temps ensuite d'expliquer les voies du bien , la théorie positive.
Si des lecteurs présomptueux veulent précipiter la marche et négliger cette précaution du mode négatif, je dois réprimer leur impal ence. Ils sont comparables à celle jeune Iroupe qui , à la bataille