‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 85 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III

Dissertons sur la première de ces lacunes, sur le défaut d'unité entre les passions et la raison.

L'ordre civilisé et barbare, en nous soustrayant à l'impulsion de l'Attraction pour nous placer sous le régime de la raison humaine et de la contrainte, nous met en scission avec la Divinité et nous isole du cadre d'unité de rUnivers.

L'unité ne pouvant pas admettre deux moteurs contraires, comme l'Altraclion et la violence, il est évident que tout ce qui est régi par violence est hors d'unité avec Dieu et l'Univers , et que si nous voulons nous rallier à cette unité, il faut découvrir un régime social attractionnel ou dirigé par la seule Attraction.

Nos prétentions à l'unité nous faisaient donc un devoir d'étudier l'Attraction passionnée (413, 116) , surtout depuis le succès de Newton. Tout faisait pressentir qu'elle recélaitquelque grand mystère. En considérant qu'elle est interprète et moteur d'harmonie pour les créatures supérieures et inférieures à l'homme, puisqu'elle harmonise par sa seule impulsion les astres et insectes sociaux, nous avons bien sujet de nous étonner qu'elle ne dicte pas de môme des lois d'unité à l'homme qui est créature moyenne entre l'astre et l'insecte. Cette privation apparente nous conduite opter sur l'alternative suivante :

Ou Dieu a exclu le genre humain du régime unitaire , si l'Attraction qui est seule interprète des lois d'uniie sociale n'en révèle point à l'homme : dans ce cas , le Créateur serait injuste envers nous; sa providence ne serait pas universelle , puisqu'elle ne s'étendrait pas au plus pressant de nos besoins collectifs, à celui d'un code social divin et révélé.

Ou bien si l'Homme est admis par Dieu à participer au

régime unitaire de l'Univers , il faut que le régime d'unité sociale auquel Dieu nous destine , se trouve interprété par le calcul de cette Attraction, oracle de Dieu, et non encore étudiée.

Il n'y a pas à hésiter sur l'option entre ces deux opinions : la première est inadmissible; nous ne pouvons pas prétendre que Dieu nous ait privés d'un code social révélé et unitaire , tant que nous refusons d'interroger l'oracle divin, l'Attraction, seule interprète connue entre Dieu et les créatures, pour ce qui concerne l'harmonie industrielle et sociale (car il faut observer que je ne parle pas ici des révélations religieuses ; elles sont tout à fait étrangères au sujet qui nous occupe).

Si nos savants avaient donné à cette étude un seul de leurs 25 siècles de controverse philosophique ; s'ils avaient sans aucun succès cherché de tout temps, par des travaux méthodiques et des essais sur l'Attraction , quel est le mécanisme social où elle tend, et qu'après ces pénibles recherches ils n'eussent rien découvert de satisfaisant , ils seraient tout au plus autorisés à opter sur ralternative suivante :

Ou d'une imprévoyance de Dieu qui aurait manqué à composer pour l'homme un code social révélé par l'Attraction , comme il l'a fait pour les astres et insectes ;

Ou d'une impéritie de la raison humaine qui aurait manqué jusqu'à présent la découverte de ce code , comme elle a longtemps manqué tant d'autres inventions, entre autres la boussole nautique , si vainement cherchée pendant plusieurs mille ans.

Dans le cas de pareil échec sur la recherche du code divin , il y aurait plus de chances pour accuser la raison d'impéritie et de méthodes vicieuses, que pour accuser

Atlrikutions |irimaires.

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