‹ Œuvres complètesChapitre 123 sur 276 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

que le régime do concurrence mensongère est L'absence de toute garantie. C'est donc le monopole composé qui est la deuxième boussole sociale : son application au commerce nous aurait ouvert une issue de civilisation el nous aurait élevés à la périod

. qui est l'échelon intermédiaire entre Pétat civilisé et l'état sociétaire.

Ainsi nos philosophes dans leurs rêves de garantie sociale, vonl chercher bien loin le trésor qu'ils ont-sous la main . et dent ils voient le germe dans la plus remarquable de nos relal

celle des monnaie-, exercée par monopole à double contre-p

l onl sur les contre-poids sociaux des idées confuses; ils raisonnenl sans cesse de balance, contre-poids, garanties, équilibre; mais héritiers des travers de la philosophie ancienne, Hs veulent introduire dans l'administration ces contre-poids qu'il faut placer dans l'industrie.

te fausse marche ne peut amener que des désordres gouverna ments qu'on veul enchaîner par des constitutions te raie ni toujours avec plein succès. La réforme ne doit p que sur l'industrie. Dès qu'elle sera organisée en mécanisme garantie ou d'association, tout gouvernement trouvera son inl à réprimer les abus qu'il protège en civilisation.

sur l'industrie seule que les réformateurs aura porter leurs vues; el pour se diriger dans cett aurait fallu faire usage d<i l'une des deux boussoles :

Ou du Mo louble contre-poids, qui existe déjà en

germe, el qui . par son extension, aurait conduit à la

Ou des s' h es passi nnées: dont l'invention plusdiffii rait conduit a l'association, destin ultérieur de l'humanité 1 1 garanties ne sont qu'une transition, un état mixte entre la d< née malheureuse dite civilisation et la destinée heureuse ou état

L'invention du monopole compose était mieux adaptée à 1 prit de notre siècle, qui se bal les flancs pour lutter contn monopole -impie ex< l'Angleterre sur le commerce mari-

time. Cette tyrannie industrielle serait tombée comme l autres devant le monopole composé, el l'Angleterre même j aurait trouvé du bénél I te invention eût illustré la

her pied, et prétend

tant : que n a-t-

CERCLE VICIEUX DE i/lNDUSTRIE CIVILISÉE. 43

elle tenu au moins cet engagement, en donnant l'analyse du commerce qui nous aurait révélé d'étranges turpitudes ! (Voyez < hap. 43 et 44.) On en aurait conclu à la réforme de ce cloaque de vices, de ce mécanisme inepte qui. par le concours de soixantecaractères malfaisants, tels que les cinq déjà cités, consommation inverse, circulation inverse, concurrence inverse, etc., fait de l'industrie un trébuchet pour les peuples , et augmente à la fois leur misère et leur dépravation. L'on prétend que les hommes ne sont pas plus faux qu'ils n'étaient jadis ; cependant on pouvait, il v a un demi-siècle, se procurer à peu de frais des étoffes de bon teint et des comestibles naturels, aujourd'hui l'altération, la fourberie dominent partout. Le cultivateur est devenu aussi fraudeur que l'était jadis le marchand. Laitages, huiles, vins, eaux-de-vie, sucre, café, farines, tout est falsifié impudemment. La multitudepauvre ne peut plus se procurer de comestibles naturels ; on ne lui vend que des poisons lents, tant l'esprit de commerce a fait do progrès jusque dans les moindres villages.

Lorsque le parti obscurant s'autorise de ce résultat pour motiver ses vues de rétrogradation , il peut se croire bien fondé, surtout depuis la crise pléthorique de 1826. Toutefois c'est une ressource méprisable et dangereuse que l'obscurantisme dans les conjonctures présentes; il était un rôle brillant dont les adversaires du libéralisme n'ont pas su s'emparer; ils auraient dû faire ce que les libéraux ne savent pas faire, avancer en échelle sociale, opérer un pi réel par la réforme du système commercial,

opération très-facile qui, en France, donnerait un revenu de deux cents millions au fisc, et d'un milliard à la natii n; puis un avantage plus précieux encore, la garantie de venir et d'économie dans le mécanisme de circulation que L'anarchie actuelle complique au dv-m' scandaleux : depuis un demi-siècle, le commerce a élevé au quadruple le nombre de ses agents , pour un travail qui n'a que peu ou point varié ; la fourberie s'est accrue en même rapport ainsi que l'absorption de capitaux.

Si les obscurants avaient su inventer cette opération, appliquer au commerce le système monétaire, le monopole composé ou régie fiscale à double contre-poids, ils auraient enlevé aux libéraux la faveur de l'opinion, et auraient pu leur dire : C'est nous » qui conduisons l'état social au perfectionnement : vous ne Ba~ » vie/, que le faire i 1er en vous prosternant aux pieds du

» veau d'or, en prostituant votre faconde à encenser un régime

4i PBBFACE.

'* d'anarchie et do fourberie mercantile, au lieu de vous évertuer » à chercher le mode commercial véridique. »

Terminons en remarquant que les sophistes qui prétendent fonder l'association ou qui écrivent sur ce sujet, n'ont aucune connai- des deux boussoles, pas même de la deuxième dite

monopole à double contre-poids, qui est au milieu de nous comme un diamant inaperçu et foulé aux pieds.

D'autre part ces praticien- et théoriciens tombent tous dans le vice d'irréligion -< holas tique, rerreur d'attendre de la raison humaine dite législation, des connaissances qu'il faut demander a la raison divine, par étude de l'attraction ou loi naturelle.

Au lieu d'incliner à cette étude, on voit les réunions soi disant sociétaires s'engager dans la controverse politique et religieuf Quelques uns en viennent presque à faire scission avec Dieu; tek a al ;■ 3 Owénistes qui lui retranchent le culte public. 11 suffirait de cette pitoyable innovation pour prononcer, même avant de connaître leurs dogmes et méthode-, qu'ils n'ont aucune connaisince en association.

S'ils avaient entrevu en quelque point ce mécanisme, ils -auraient que dans l'étal sociétaire, l'amour de Dieu devient passion ardente chez tous le- humains : jouissant à chaque instant de nouveaux plaisirs, el voguant sur un océan de délices, ils éprouveront le besoin d'adresser à toute heure des hommages au .

leur d'un >i bel ordre. Loin do se ralentir dans l'exercice du culte

divin, ils s'en feront un charme habituel. 1 es assemblées religieu-

lans le- temple- ne suffiront pas a leur gratitude ; ils voudront

encore, dans les groupes de travail et de plaisir, soir au milieu

d'eux quelque emblème du bienfaiteur du monde, l'associer en

quelque façon a leur bonheur, et entonner dans toute réunion

un hymne .1 -a louai

1 èmes, en voyunt le chef-d'eeuvre delà

divine . l'harmonie de- passions et de- caractères antipathiques, l'industrie devenue attrayante pour les Sybarites mêmes; les enfants, de- le plu- 1m- Age, entraînés constamment au bien; 1 ixcellence des impulsions données par l'attraction; le- atl

,. , en voyant ces merveilles, feronl trophée de se rallier i l'esprit religieux . ils seront les plus aident- a proclamer la gloire

Dieu et l'opprobre des lois civilisées; elles paraîtront ce qu'el- 1 - sont réellement, une œuvre de l'esprit infernal. Ces lois qui i.' ni su qu'avilir la vertu, en assurant au vice t<

ont fait naître les doutes sur la Providence dont on ne voyait aucune empreinte dans les perfidies du régime civilisé, dans les honteux résultats d'une industrie qui fait le supplice des êtres condamnés à l'exercer, et rabaisse l'homme policé bien au-dessous du sauvage et de l'animal.

Je regrette que la nécessité d'abréger m'oblige à supprimer beaucoup de notions préliminaires : il aurait surtout convenu de donner aux savants et artistes un exposé des immenses richesses et du lustre dont ils jouiront dans le nouvel ordre. Ils sont fort enclins à s'ombrager des découvertes, ils craignent qu'une science neuve ne nuise à leur commerce de systèmes. Obligés de ramper pour obtenir quelque chétif émolument, ils traitent de vision l'idée d'un ordre où les savants et artistes figureront aux rangs supérieurs^ et gagneront aisément les trésors que l'état civilisé ne donne qu'aux agioteurs et aux intrigants.

Quelle est leur duperie de se passionner pour un ordre de choses où ils occupent le dernier rang, car il n'est rien de plus asservi, bâillonné, humilié que les savants et artistes,! Ils vantent L'auguste vérité comme la meilleure amie des humains; elle n'est guère amie des philosophes; car, s'ils osent la faire entendre, ils sont dépouillés ou persécutés, comme les Vitlemain, Lacretelle, Michaud, les Legendre, Tissot, Lefèvre-Gineau, etc.

Je m'engage à leur démontrer que, dans l'état sociétaire où ils jouiront d'une pleine liberté, il leur sera plus aisé de gagner des millions qu'aujourd'hui des mille francs, et que le moindre magister de village y deviendra un homme précieux, à plus forte raison les hommes capables de diriger en quelque branche l'école normale d'une province. Il faut, dans l'état sociétaire, que le peuple soit éclairé, initié aux sciences et aux arts; c'est un moyen de fortune générale : dès-lors les obscurants actuels seront empressés de répandre l'instruction.

Les tableaux de cette fortune prochaine des savants seraient trop éblouissants pour (U\^ hommes laçonnés au mal-être ; ils soupçonnent toujours de l'exagération, et croient (pie je mets, comme les financiers, des zéros de trop ; il n'en est rien, tout sera bien arithmétiquement démontré : loin d'enfler les comptes, je suis dans l'ude réduire de moitié la somme, et Ton verra qu'une seule des nouvelles sciences, t analogie, doit rendre aux auteurs un bénéfice de cinq a six millions de francs par feuille de seize parjea : elle contiendra au moins trois mille volumes de la dimen-

46 I'iikiw.

soin de celui-ci. el paraîtra feuille par feuille pour satisfaire l'impatience générale : ce ne sera qu'une branche des profits énormes que l'état sociétaire assure aux savants el arlisti

Ds ont bonne grâce après cela de s'accrochera leur mesquin budget de quatre cenl mille francs dans Paris! Ce6t imiter un misérable qui, appelé à recueillir un brfflanl héritage, habiter un hôtel et renoncer .1 -.1 1 abane, penserait qu'il \;i mourir de faim, quand il n'aura plus sis pots de terre et ses cuillers de bois.

On peut excuser les médecins de s'alarmer du magnétisme, e qu'il réduirait dans divers cas leur domaine sans présente] <lc compensation : il n'en est pas ainsi du calcul de l'Attraction, qui est un Pactole pour tous les savants et arlisti -

En passant à cette théorie, je ne puis mieux fixer l'attention du lecteur qu'en lui rappelant le but où elle doit nous conduire : elle donnera la richesse et de plus le bonheur, qu'on n'obtiendrai! pas de la seule richesse . el qui consiste dans le plein dé loppemenl des passii ns. I si un bien donl les plus opul< encore très-éloignés; on ra se convaincre que le plus heureux «l'entre eux. tel qu'un monarque puissant, j< une, beau et robuste, ne peut pas parvenir au Av^-c de bonheur dont jouira, dans Tétai sociétaire, le plus pauvre des hommes de même âge el même saute. Là se termineront toutes lis controverses philosophiq sur le vrai bonheur : on \a reconnaître qu'il n'esl pas fait pour

rihsation, et que les Sybarites les plus vantés sont ci. infiniment loin du bonheur.

Page 1