‹ Œuvres complètesChapitre 164 sur 276 · NOTICE IV. — COMPLÉMENT DE LA PREMIÈRE PARTIE. I · texte numérisé non relu

NOTICE IV. — COMPLÉMENT DE LA PREMIÈRE PARTIE. I

qui est le seul convenable à un inventeur étayé de preuves mathématiques et irrécusables.

Un écueil où le monde savant ne manquera pas de tomber, c'est la jalousie; on voit avec dépit qu'un intrus enlève la plus belle proie; et le premier mouvement de chacun est de nier, d'étouffer la découverte qu'il ne peut pas s'approprier, de foudroyer le profane inventeur qui , en dépit du monopole de génie, veut s'introduire dans les rangs des privilégiés, méconnaître la loi.

« Nul n'aura de l'esprit que nous et nos amis. »

Je sais que s'il s'agissait d'invention médiocre, il serait imprudent de violer cette loi : un poète moderne, Fiollet le Duc, a fort bien dit : « S'il vous vient quelque idée neuve,

« Sachez la présenter avec ménagement ,

« Comme leur propre idée arrangée autrement. »

de sorte que pour passe-port de sa découverte, l'auteur doit dire aux monopoleurs de génie : « C'est à vos vastes lumières que je » la dois, c'est dans vos doctes écrits que j'en ai puisé les éléments; » vous aviez créé tous les matériaux de cette nouvelle science ; je d les ai mis en œuvre selon vos sages méthodes ; je ne fais qu'ac- » quitter ma dette en vous dédiant une invention qui est la votre » bien plus que la mienne ; elle n'est qu'un fleuron détaché de » votre couronne, et que je dois y replacer. »

A ces mots le monde philosophique dirait : « voilà un ouvrage écrit avec sagesse, impartialité, l'auteur sait se faire lire, son ton est décent, son style est fleuri, suave, marchand : /Era metet Sosiis — difjnus intrare in nostro docto corpore.

Si je me présentais ainsi l'encensoir à la main, ce serait tromper le inonde BSN ant ; il vaut mieux, pour son intérêt, lui dire franchement quels seront dans cette affaire ses bénéfices et les miens, assigner à chacun son lot.

Le leur sera immense ; aux bénéfices pécuniaires indiqués ils pourront joindre une moisson de gloire non moins immense. Je leur livre des mines \ iergÇS ; ma théorie leur ouvre Tentrée du nouveau monde scientiâque, l'accès à vingl sciences que je ne peux pas traiter moi seul, pas même en partie; je me reserve

| . >n i ion n. — DISPOSITIO: s Là ESSAI.

seulement celle de l'attraction passionnée sur laquelle il res beaucoup à dire après moi : quant aui autres sciences, j'en livre la clé : celle de l'analogie exigera plus de deux cent nulle articles fort étendus, j'en pourrai à peint* donner deux cents, parce que je nesuis pas versé dans les trois branches de l'histoire naturelle : il m'eût fallu y employer trois ans d'étude exclusive; je ne l'ai pas pu et ne le pourrai |

I BS savants Ont donc à se louer, dans cette affaire, de ce que

la proie échoit a un homme qui ne peu! pas la dévorer, et qi obligé de leur en laisser la majeure partie, en se réservant seulement l'honneur d'invention. Le sort les a bien servis en me livrant la mine scientifique : un homme plus instruit que moi. aurait pu tout accaparer pour lui seul.

Après cette franche explication, il reste a les prémunir contre leur penchant a la détraction et la jalousie , dont ils seraient dupes dans cette conjoncture: je vais faire parler des hommes plus eu crédit tpie moi, qui leur reprochent d'être aveuglés par ned et la petitesse. Condillac leur dit : ■ des sciences neuves r qui seraient traitées avec une grande netteté, une grande prér> cision, ne seraient pas a la portée de tout le monde: ceux qui i n'auraient rien lu les entendraient mieux que ceux qui ont fait les • t surtout que eeux qui ont beaucoup

écrit. »

\ i ila pour l'orgueil et la jalousie qui les aveuglent au i>oint de : udro que la science de l'attraction passionnée traitée avec une nrande nttttté, unr grande précision, n'est pas intelligible, l'ai nu de- demoiselle- de I "> an- comprendre a mer\ cille le mécanisme de- Séries passionnées, expliqué par ! luses

et les 3 Effets, selon les ebap. n et vi ; el des sa\,mt- exi prétendront que cela est obscur; c'est qu'ils ne veulent pas comprendre. Si jetai- mort et qu'où pût exercer le plagiat -.ms Obstacle, ils -auraient trop bi< n comprendre et travestir ma théorie, essaye! de se l'approprier ei partie, car personne ne pourra tenter de la piller en totalité, nia pristdi \ stem • est trop bien par les insuit. intemporatns, déclarant qu'il ne

peut pas exister de découverte en théorie d'attraction : |*>urquoi n'ont-ils p.»- opposé n Newton, cette savante décision? mie ne faisaient-ils excommunier Newton comme on excommunia Chr. Colomb, que 1.» cour de Rom# se hâta d'absoudre qv elle fut mieux a\ niâtes de la t!;

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sociétaire, ils ne tarderont guère à démentir leurs actes de vandalisme.

Condillac, cité plus haut, a signalé l'orgueil qui les irrite contre les sciences neuves; un autre va signaler leur petitesse ; je transcris ses expressions sur l'outrage fait à un homme célèbre par les Zoïles de son temps.

« Bacon, dont le génie prophétique se fit contemporain du I89 » siècle, Bacon qui avait ouvert dans ses écrits un trésor inépui- » sable de ^érUé^, eut le tort de prendre un vol trop élevé , et de planer » à une si grande hauteur sur les hommes et les idées de son temps, » qu'il n'exerça sur eux aucune influence. » {Jony.)

Même chose a lieu aujourd'hui : ma doctrine, comme celle de Bacon, n'est point trop élevée, mais notre siècle est comme celui de Bacon, trop petit pour y atteindre, sauf quelques personnages d'exception qu'il s'agira de rencontrer; pauci, sed boni. Je ne recherche que ces hommes qui, tels que Bacon et Condillac donnent à leur siècle le sage conseil de refaire V entendement humain, d'oublier tout ce qu'on a appris des sciences philosophiques, plus obscurantes encore qu'au temps où Jésus-Christ leur reprochait leur obscurantisme en disant : « Malheur à vous, » scribes et pharisiens, qui vous êtes saisis de la clé de la science, » et qui n'y étant point entrés vous-mêmes, l'avez encore fermée » à ceux qui voulaient y entrer. » Saint-Luc. chap. \i .

Les scribes de nos jours sont encore ce qu'ils étaient au temps de J.-C. Newton leur a donné la clé de la science en attraction ; ils l'ont saisie, et n'ayant pas su y entrer, s'avancer plus loin que Newton, étudier 1rs branches que ce géomètre n'avait pas traitées, ils veulent aujourd'hui en dérober la connaissance et diffamer l'inventeur qui a apporté au monde la suite du calcul newtonien, la théorie de l'attraction passionnée et de l'unité sociétaire : scieno* à défaut de laquelle toutes les autres ne sont qu'un opprobre po la raison; car que nous servent ces trophées scientifiques, V que la multitude privée du nécessaire est au-dessous du sort x ., animaux sauvages, qui vivent heureux dans la liberté et L'inS91« cianee?

« On convient de cela, disent les critiques; mais il eût fallu » dans votre théorie ménager les scient - érées, comme la » tendre morale, douce et pure amie du commerce. » Eh ! i par son alliance avec le commerce et le mensonge qu'elle est de-

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