FIN DE LA PREMIÈRE NOTICE
CIS-LUDE. — La Médecine positive harmonique.
S'il est vrai que les pères et mères aient pour leurs petits enfants l'affection qu'ils témoignent, quel doit être leur empressement à établir le régime sociétaire qui sauverait au moins les deux tiers des enfants que la mort enlève avant l'âge de 4 ans 1/2? On est effrayé, en lisant dans les statistiques , les tableaux de mortalité des petits enfants. Cependant, quoi de plus coûteux à élever, et que de chagrins leur mort cause aux parents ?
Si j'avais quelques notions en médecine» je pourrais démonlrcr par on examen détaillé des maladies d'enfants, que les o/i seront prévenues par le régime harmonien. J'en vais donner un indice tiré d'une branche d'économie sanitaire applicable a l'enfance entière.
Je choisirai le régime préservatif des dents, et l'intervention du dentiste. On ne donne en civilisation aucun soin aux dents des enfants: l'éducation néglige cette branche importante du physique ; elle ne s'attache qu'à moraliser l'enfant , lui enseigner à coups de fouet quelques maximes sur le bien du commerce : quant à la santé , on la regarde comme un accessoire peu digne d'attention, surtout en ce qui concerne les dents. Celles des enfants sont négligées chez tous les villageois, chez les artisans et petits bourgeois, c'est-à-dire chez les 99/100'" des cifilisés ( m ne s'occupe de ce soin que cbei quelques citadins qui . ayant joui des plaisirs, sa?enl combien un beau râtelier est précieux en gastronomie et autres fonctions.
Quant aux familles bourgeoises qui ne - '«" cupenl qu'à gagner de l'argent, elles ne donnent aucun soin aux dents
des enfants; et ce qui le prouve, c'est que plusieurs villes situées en pays très-salubre , comme Genève et Bâle , fourmillent de gens qui ont des râteliers gâtés à l'âge de 30 ans.
Si on veut écouter les Bâlois et Genevois , ils accuseront les brouillards du Rhin , les brouillards du lac : pitoyable excuse! un fleuve rapide et encaissé comme le Rhin l'est à Bâle , n'engendre pas de vapeurs nuisibles : il en est de même des rapides ruisseaux qui arrosent la campagne de Bâle.
C'est encore à tort que les Genevois accusent leur beau lac. Un bassin vaste et d'une profondeur extrême est très-salubre, surtout au dégorgeoir, où ses eaux sont vives. II peut élever quelques vapeurs , mais nullement dangereuses pour les natifs et habitués du climat : elles n'attaqueront point les dents, si on ne s'expose pas inconsidérément aux brouillards, personne ne songe à ces précautions.
L'on spéculera bien différemment dans l'Harmonie. Le monde social jugera que dans une carrière de 144 ans rien ne sera plus précieux qu'un beau et bon râtelier, apte à bien fonctionner aux o repas. La parfaite digestion dépend de l'exacte mastication : les Harmoniens feront d'autant plus de cas des dents, qu'ils placeront la sagesse dans l'hygiène gastrosophique ou art de manger beaucoup, digérer facilement, et arriver aux 5 repas avec un brillant appétit. Us donneront donc les plus grands soins à la denture des enfants, qui seront tous visités chaque semaine par les dentistes.
11 faut observer qu'en Harmonie le groupe des dentistes est comme les autres fonctionnaires de médecine, affecté au service collectif, rétribué en proportion de la santé
générale, et non des maladies individuelles (51-52). Il importera donc au groupe de denlistes que la Phalange n'ait, s'il se peut, aucun râtelier endommagé. Leur beauté et sanité générale sera pour les dentistes le gage du bénéfice et de la renommée , comme pour les autres genres de médecins, qui tous perdraient à l'aflluence de malades, et verraient diminuer leur dividende en rapport de l'accroissement de fatigues.
L'Harmonie ne jugeant pas le talent sur de belles phrases, mais sur de bons résultats, chaque Phalange estimera ses médecins d'après la statistique sanitaire du canton, résumée en moyen terme de 9 années. La Phalange de Tibur a eu pour moyen terme de malades, selon les tableaux comparés de 9 ans, "2 sur 100 par an. La Phalange de Lucrétile a eu pendant ces mêmes années , en malades et durée du mal , un moyen terme de 3 sur 100. La contrée en conclura que les médecins de Lucrétile sont dépourvus d'habileté, et leur Phalange peu satisfaite ne leur allouera qu'un médiocre dividende en répartition générale.
Chaque médecin est donc intéressé à veiller sur la santé de la masse. Aussi verra-t-on le groupe des dentistes , comme ceux des autres médecins, visiter chaque semaine les Séristères des poupons, des bambins et autres infants, et faire à la régence un rapport sur les moindres incidents qui pourront compromettre les dents, collectivement ou individuellement : si quelque brouillard pouyait nuire aux ralelier> , 00 verrait les dentistes ordonner et surveiller jour par jour , les précautions générales adaptées aux divers tempéraments , et surtout aux enfants de \) ans, époque île li*'. dentition.
La civilisation, où tout est subordonné à l'intérêt indi-
viduel , ne fournit que des dentistes intéresses à ce que r ouvrage donne, et qu'il y ait beaucoup de ces râteliers qu'on appelle chevaux à r écurie, gens qui ont besoin des soins continuels de leur esculape. C'est une conséquence inévitable du système de duplicité qui intéresse chaque classe de citoyens au mal-être des autres classes. J'en ai fait mention à l'Avant-Propos, Citer., en terminant par ces mots bons à répéter: la civilisation ne présente qu'un bizarre mécanisme de portions du tout , agissant et votant chacune contre le tout ; et pourtant elle raisonne d'unité d'action ; elle fait trophée de sciences nommées économiques et unitaires !
Là finissent les détails sur la direction combinée de ces marmots, dont j'aurais traité plus brièvement si elle n'était le fondement du mécanisme sociétaire. Il faut, je le répète , que l'éducation de l'Harmonie soit achevée au moment où la nôtre commence , terminée avant 5 ans.
Ce n'est pas qu'après cet âge il ne reste à l'enfant une foule de connaissances â acquérir ; mais une fois admis aux chérubins, il se forme de lui-même, et n'a plus besoin d'autre stimulant que des rivalités établies entre les tribus et les chœurs, 2,5,4,5,6. C'était donc sur l'éducation antérieure ou de lre. phase, [âge 5 à 4 1/2 ans , et sur l'instinctuelle ou préparatoire de 0 à 5 ans, ] que reposait tout le problème ; et j'ai dû , au risque de rédites, y donner plus de détails qu'aux trois autres phases , dont l'exposé sera bien plus succinct.
L'éducation des 5 tribus supérieures 2, 5, 4, 5, 6, ne présentera pas de difficultés. Nous avons dès ce moment franchi toutes les épines ; c'est pour les diminuer, que j'ai divisé en petits chapitres toute la notice d'éducation antérieure.
En la terminant , remarquons sur la médecine comnv sur les relations quelconques . une métamorphose qui justifie un peu les diatribes de Molière; chez tious elle est négative subversive, rn ce quelle a intérêt à propager le mal et en rendre les traitements très-coûteux. L'effet contraire a lieu dans T Association , où le médecin et le pharmcH >nt eux-mêmes co-associés de la Phalange,
et intéressés et ce quelle dépense le moins possible en traitement de maladies et en renouvellement de sujets. \.a médecine y devient donc positive harmonique. Sur ce point comme sur tout autre, c'est toujours le double miracle ou charme composé (III, 547) aussi inséparable du mécanisme sociétaire, que la fraude corn /»>.<> , /■,,</ du régû si a\ tes prétendues perfectibilités.