CHAPITRE VII
Opéra Harmonien . ou Série pivotale en unité matérielle.
Le monde civilisé a tant de penchant pour l'opéra , qu'il accueillera volontiers un c article > sur l'utilité future et les emplois économiques de ce plaisir, si éloigné aujourd'hui du rôle d'utile industrie. L'opéra [en civilisation] ne tend qu'à efîéminer les mœurs et engager les souverains dans de folles dépenses, < comme » les ballets de Novère, qui endettèrent plusieurs princes d'Allemagne.
L'opéra, dans l'état sociétaire, va devenir une source de richesse et de moralité pour les individus de toutes les classes et de tous les âges, principalement pour l'enfant, en le formant à X unité mesurée, qui est pour lui [un gage de santé et] une source de bénéfices en tous genres d'industrie.
L'éducation sociétaire envisage, dans l'enfant, le corps comme accessoire et coadjuteur de l'âme. Elle considère l'âme comme un grand seigneur, qui n'arrive au château qu'après que son intendant a préparé les voies. Elle débute par façonner le corps , dans son jeune âge, à tous les services qui conviendront à l'âme harmonienne, c'està-dire à la justesse, à la vérité, aux combinaisons et à I' uni té [mesurée.]
Et pour habituer le corps à toutes ces «'perfections > , avant d'y façonner l'âme, on met enjeu deux ressorts bien étrangers à nos méthodes actuelles; ce sont, entre •lutres, I'opéiu et la cuisine. Démontrons que le choix n'a rien d'arbitraire , qu'il est méthodiquement obligé.
L'enfant se laisse guider par les sens bien plus que par
les passions affectives, dont deux lui sont inconnues ( les groupes mineurs, amour et famillisme (III, 339). Il se passionne pour les deux groupes majeurs, d'amitié et d'ambition corporative , mais en tant que ces groupes favorisent l'essor des sens qui sont les boussoles de l'enfant.
Sur les cinq sens , il en est un , le tact , qui est à peu près nul en influence au-dessous de l'Age pubère. L'enfant ne connaît pas l'amour, brandie principale du tact : en outre , il est assez indifférent sur ce qui toucbe aux autres plaisirs du tact, s'accommodant d'un siège de bois, d'un lit de sangle, d'une étoffe rude : il dédaigne un fauteuil rembourré, un lit d'édredon, une fourrure précieuse. Les raninements du tact ne sont d'aucun prix a ses yeux; mais il est fortement enclin aux jouissances des quatre autres sens dont il doit exercer
les deux actifs, goût et odorat , par la cuisine : les deux passifs, vue et ouïe , par I'opéra. I le sont les deux points où le conduit l'Attraction : les onfants et les chats seraient fourrés sans cesse a la cuisine, si on ne les en chassait pas. Quant à la magie de l'opéra et des féeries visuelles, c'est ce qu'il y a de plus entraînant pour un enfant.
Aux cuisines de sa Phalange distribuées en mode progri -sif, il acquiert la dextérité, l'intelligence en menus Iravam sur les produits des deux règnes qu'on y met en <ru\re. A l'opéra, il acquiert l'esprit d'unité matérielle . qili doit Être type el voie de la passionnelle.
L'opéra est l'assemblage de tous les accords matériels
mesurés. Il est aisé d'\ en compter une gamme complète. K. Intervention mesurée, de ÎOUiâgi \. Chant ou voix humaine mesuré
â. Instruments ou son artificiel mesuré.