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CHAPITRE XXXVL

Des accords transcendants, on ralliements des seize antipathies naturelles.

En traitant de l'accord indirect de répartition 'accord par générosité] , j'ai annoncé des moyens très puissants et très inconnus qui y coopéreront; je vais en donner un aperçu fort insuffisant. Voir de plus amples détails (IV, sect. vu.

Le créateur tient tellement à établir l'harmonie des passions, qu'il nous a ménagé des moyens d'accords surabondants, afin que les concerts sociaux soient poussés au degré d'enthousiasme véhément.

De tous les accords inconnus en civilisation, la branche la plus riche est celle des ralliements, art de concilier les classes les plus antipathiques, telles que

riches et pauvres en relations d'amitié; jeunesse et vieillesse en relations d'amour.

On obtient tous ces ralliements clans l'ordre sociétaire, par la seule influence du nombre et des Séi nées appliquées à

des masses de 16 à 1800 personnes.

Le régime chilisé produit par i ralïïementsj

par exemple en amour, o;i voit les grands s'humaniser avec une

réunion de petites 1. s. 11 s'agit de créer, dans toutes les

relations, ce rapprochement de classes extrêmes et divergentes,

nener à une pleine intimité, malgré les antipathies.

de fortune et de rang.

J'ai observé que le moyen est très fac9 'il ne ;

qu'a opérer sur de? masses très nombj pourvu qu'<

soient organ!- passionnées. Dans as, les passions

les plus inconciliables aujourd'hui ^'élèvent au plein accord. J'en vais donner la preuve, tirée de quatre antij une

en amitié, une en ambition, une en amour, une en paternité.

-t un sujet que j'ai traité aux articles de la Domesticité ijassionnit 877, £48 . J'y ai prouvé que le service per-

32S SECTION V. — DE L EgUlLlBttE C£.NKRAL LLS PASSK K8.

sonnel qui est, dans l'état actuel, une source de haines, peut devenir un germe d'amitié, même entre les personnages et les â les plus disparates.

\moir. Lacune forcée par le préjugé qui m'obligea supprimer la partie gracieuse du calcul des ralliements.

Il reste à décrire deux ralliements, en ambition et en paternité.

Ambition. Traitons d'abord de l'ambition et de ses caractères haineux. 11 existe en civilisation seize classes, non compris l'esclavage (IV, 388); on voit régner parmi toutes ces classes des ,haines corporatives ; l'ordre civilisé, avec ses verbiages de douce fraternité du commerce et de la morale, n'engendre qu'un laby- .rjnthe de discordes qu'on peut distinguer,

en échelle ascendante de haim en échelle descendante de mépris.

Observons cette échelle dans les cin \ classes nommées la cour,

.i noblesse, la bourgeoisie, le peuple et la populace; les cinq

astes se baissent, et chacune «le- cinq esl subdivisée en trois bous-

astes, comme haute, moyenne el basse noblesse ; haute, moyenne

el basse h nrgeoisie, etc. : la haute méprise la moyenne qui, à son

tour, méprise la basse; puis la basse hait lamoyennequi, n i

qnement, liait la haute.

I aminons plus en détail ce ricochet de haines en échelle tendante, et de mépris en échelle descendante. La noblesse de ■cour méprise la noblesse non présentée ; la noblesse d'épée méprise celle <le robe; les seigneurs à clocher méprisent les gentillàtres ; ceux-ci méprisent les parvenus anoblis, qui méprisent les bourgeoises. On retrouve dans la bour pareille

échelle de mépris ; les banquiers et financiers mépi i» - . - nobles, fen consolent en méprisant les gros marchands et gros propi ftaires; ceux-ci tout fiera de leur rang (JCéUglbles^ méprisent le ■ n' marchand et le petit propriétaire qui ne sont qu'élecleu maïs qui, à ce titre, méprisent les savants el autres castes moins ii cunicuses. ensuite la basse bourgeoisie méprise les 3 casù peuple dont elle te pique d'éviter les manières; enfin parmi le peuple et la populace, combien de subdivisions haineuses, telles «que les compagnons du dtvolr et du gavotl

Telle est la douce fraternité du Commerce et de la moi aie; t,.]

jeat le savoir-faire de nos sciences pm'l&ttropiques; ricochet de

mépris des supérieurs aux inférieurs, et ricochet de haines des inférieurs aux supérieurs.

Lorsqu'on voit en civilisation quelques lueurs de ralliement entre castes, comme à Naples où la noblesse protège les lazzarones, en Espagne où le clergé riche protège les mendiants, cette alliance de castes extrêmes n'est qu'une source de vices, l'état civilisé ne créant que des ralliements subversifs et malfaisants, soit en amour, où les rapprochements entre les grands et les femmes du peuple ne sont que des germes de désordre, par la naissance d'enfants bâtards, ou par des mariages disparates qui brouillent les familles; soit en ambition, où la classe opulente ne se rapproche du peuple que pour machiner des intrigues funestes au repos public, ûes, affaires de parti, des lignes d'oppression.

Il s'agit de rallier, pour le bien, toutes ces castes hétérogènes, surtout en débats d'ambition. Posons sur ce sujet un principe fort neuf, c'est que les hommes civilisés, même les plus insatiables de pouvoir, de conquêtes et de richesses, n'ont pas le quart de l'ambition nécessaire en harmonie.

Après la chute de Bonaparte, on cita de lui, comme acte de démence, une médaille qu'il avait fait frapper à Moscou, et qui portait cette exergue : Dieu eu ciel et Napoléon sur la terre: il voulait donc laisser à Dieu l'empire du ciel, et s'emparer de celui de la terre; prétention bien effrayante pour des Français, qui n'osent pas convoiter une province Jran ça >se placée à sept marches de leur capitale (Liège est de langage et de circonscription française).

L'intention de monarchie universelle, décelée par cette médaille, est ce qu'il y a eu de plus sensé dans les vues de Bonaparte. Chaque harmonien , femme ou homme, sera élevé des l'enfance à ambitionner l'empire du monde ; en regardera comme pauvre sujet, eunuque politique, celui ou celle qui inclinera à se contenter d'une souveraineté subalterne, comme le trône de France.

La thèse peut sembler bizarre au premier coup d'oeil; son examen va nous servir à expliquer l'un des beaux ralliements d'ambition que j'ai annoncé en disant (302; : Rien n'est plus aisé que de concilier César et Pompée. On y réussira par la variété et la multiplicité des sceptres qui ouvriront a chacun une carriers adaptée à son génie. César et Pompée régneront tous deux peut ttre au même lieu, mais danà des emplois différents, et en degré»

326 section v. — de l'équilibre i.i'.m'.hal des passions.

diflei - VH). Voyez Bur les emplois ou titres monarcaux !a note I .

ptl 3, en tous titres et en tous dej , S rontune chance ouverte à tout homme ou femme, sans en excepter le titre héréditaire ^ comme celui des monarques civil le titre adoptij, - souverains n'ont pas la faculté d'user, privation qui les rend souvent très-malheureux ; e'est le tourinent de leur \ieil-

lesi .

Le souverain et la souveraine en titre héréditaire devant choisir un géniteur ou une génitrice dans chaque division territoriale de leur domaine, à tour de rôle, chaque liarmonien peut esp que ce choix tombera SUT lui ; ou s'il est ÏUr l'un d

ou petits-fils. D'autre part, tout monarque héréditaire ayant la faculté d'élire un soccesseur partiel, à son choix, pour succéder a certaines branches de la souveraineté, chaque harmonie! peut encore prétendre à cette dignité adoptive, moyennant laquelle ni le prince ni les citoyensne sont lés une en civilisation, où les Citoyens ne peuvent pas prétendre au trôna par alliance, tandis

(1) Les sceptres, on harmonie, sont de I6es • on titres, formant 16 emplois différenciés par autant de trônes : le titre d'hérédité, le titre d'adoption, le titre de favoritisme, le titre de veetatat, le titre de sibyl ou d'éducation, le titre de roitelet ou d'enJan Dans chacun de ces emplois ou titn 13 degrés ou

ns, occupés par une éeheHe de seaverains, dont le plus élw gil le globe entier ; le moins élevé ne régil qu'une phalange : rt lei 1 1 deatermi dia:res ont des n gii - d'étendue pr - une pha-

: 'à la totalité du globe 131 ; de sorte que dans le de-

d'une i haiange, il > aura 5 ipli - de titu-

; n début de riiaiin chacun des sceptn Ta aux femn Fonctions distinctes, au

lion de ! s n dulre comme aujourd'hui a une naveraineté nominale, honora étions,

lie échelle d'emplo remplois, il sera bien facile de

- vaux tels I rel Pompée, car I*nn peut être élu en

titre , l'autre en t;tre d'artiste, ele., etc. : ils -mit .l'un génie

in.p dilTérenl pour courir la même carrière. Enfin l'un peut : , i lectif, l'autre en titre héréditaire. Tous deux . i ! loua qu sont quat i irrenl régner dan- Rome,

; en menus titres <-t en d h I r. * ,

m> i « n meiii -n di\ei

I »eBMM«urC4 t ou moins une douzaine do

t.d.l. aux sur h autn

ce n'esl pas dans un abrégé qu' n pareil détail.

(/ OffêM 11, 31

que le monarque ne peut pas transmettre à qui lui plait, son sceptre ou partie de ses fonctions monarcales.

Mais où puiser les trésors nécessaires à payer tant de tètes couronnées? J'ai dit à ce sujet (231) qu'on ne paie pas les degrés 4, 2, 3, 4, o, de chaque titre, sauf les frais de localité; le traitement ne s'étend qu'aux degrés 6, 7, 8, 9, 4 0, 11, 42, et X pivotai, qui sont peu coûteux par leur petitnombre; car le n°6, régissant envron oOO phalanges, est 500 fois moins nombreux que le n° I . L'économie va croissant sur le n° 7, qui régit environ 4700 phalanges, le n° 8 environ 7000, le n° 9 environ 20,000, le 10, 83,000; le 11, 2-50,000. On n'aura, au début, point de monarque en 12e degré, qui régirait environ 1 million de phalanges; il n'en existera que oOO, 000. On établira donc un couple seulement. en degré 11,3 couples en degré ! 0, puis 1 2 couples en degré 9, et ainsi de suite en chacun des 1G titres. Cette échelle s'élèvera aux degrés 4 2 et X, lorsque la population du globe sera portée avec le temps au complet de 5 milliards.

Le traitement monarcal se compose d'une somme prélevée sur toutes les phalanges à l'époque de l'inventaire, avant répartition, et sans déboursé de la part du peuple qui tient fortement à cet impôt; il y trouve une chance de loterie perpétuelle et coups de fortune, presque sans avoir mis au jeu, car cet impôt frappe sur Ks capitaux dont le peuple ne possède qu'une faible part, et sur le lot de talent, qui est l'apanage de la vieillesse, plus riche que la jeunesse.

Grâce à la perspective de ces souverainetés, presque toutes éligibles, un jeune homme, une jeune fille peuvent se flatter de devenir monarques du globe, élus de Ier degré (omniarques); un père augure aisément que ses enfants obtiendront celte dignité en quelque titre et en quelque degré, sinon en omniarcat, au moins en 2e degré, qui règne sur un tiers du globe, ou en 3e degré, qui règne sur un douzième. D'ailleurs il est tant de sortes et degrés de sceptres à obtenir, qu'on peut raisonnablement nourrir des espérances. Telle jeune fille peut avoir des sceptres à titre de roitelette , dès l'âge de douze ans, ensuite des sceptres de vestale, al'), 17, 18 ans; puis i pires de faquin 20 ou 25

S sceptres d'année , de haute paladine , d'hyperféej puis - eu titres de sciences et d'arts. Il en est

.Mine espèce, letiti huctèrb, qui est donné par la

nature ( Foyez chai». XXXVII ' . et qui échoira nécessairement à

IV, — . ; ILIBBE GÉNÉRAL DES 1 >XS.

ceux qu'elle aura douces du degré spécial il»1 caractère. Chacun peu! donc, sans trop d'illusion, se persuader que lui ou ses enfants atteindront à quelqu'une des couronnes supérieures. Tel qui n'a pas le talent de devenir le plus grand poète ou le plus grand peintre, peut espérer que son fils y parviendra, et obtiendra les trônes attachés à ce rôle, sceptres qui ne sont qu'annuels ou biennaux, afin qu'on puisse en gratifier successivement tous ceux qui en sont dignes.

Dans un tel ordre, chacun pouvant à tout instant compter sur d'agréables surprises, comme de voir son enfant, son ami. promu à un trône de liante importance, il conviendra de désirer beaucoup, d'ambitionner les sceptres du monde et non pas un trône de moyen ordre comme celui de France. Nous raillerions celui qui ambitionnerait de devenir un poète médiocre, un peintre médiocre; l'artiste doit et devra aspirer au Ier rôle et par consé quent au trône du monde, lorsque div< uronnes en

degrés seront le prix des arts et des sciences. Il suit de là que ceux qui ont ambitionné l'empire du monde, comme Alexandre, César, Bonaparte, ont été les plus rapprochés de la nature. Ce ne sont pas no? passions qu'il faut critiquer, mais la civilisation qui ne leur ouvre aucune carrière, surtout en ambition; un homme aujourd'hui ne peut pas s'élever au-dessus du rang de min amovible ; encore en voit-on cent y échouer, pour un qui y réussit. Quelle pauvreté eq chances laissées aux ambitieux !

Une autre branche mal a propos critiquée dans l'ambition populaire, BSl relie dc< coups de fortune par loterie OU incidents romanesques. Le peuple ttiné à ce genre de jouissance ;

chaque jour un plébéien pauvre pourra, soil pour lui, soil pour

- u amis, obtenir quelque rang éminent, quelque fa fortune inespéré) où on ne peut qix

sans \ perdre, el où il survient périodiquement pour chacun des aubaines de bonheur ; par exemple : une petite fille de 1 1 à 4 2 ans est nommée maréchale des Petil « Hord< 3 en tel empire. comprenant 3 à I califats comme la Fran aination d'autant

plus honorable qu'elle provient du suffrage d'environ vingt millions d'enfants dont nulle intrigue ne peut capter la majorité.

C'esl pour elle un acheminement a la place de haute r< itelette du

globe, qu'elle pourra obtenir l'année suivante par quelque action

d'éclat. Le traitement, quoique modique. BOTS déjà une haute fortune pour l'enfant; si elle obtient a 12 ans un honoraire de 1

francs par vingt mille phalanges dont elle est maréchale pour un an, c'est 60,000 fr. ; si à 13 ans elle est nommée haute roitelette au traitement de 4/2 franc, c'est 250,000 fr. fournis par les o00,000 phalanges du globe, haute fortune pour une enfant pauvre.

Le peuple aime à se repaître de ces espérances, de ces loterie; de dignités pour lui et les siens. Tous ces coups de fortune étant en harmonie le prix du vrai mérite, stimuleront les pères et mères à exciter chez leurs enfants l'amour des sciences, des arts, de l'industrie honorable, et des hauts faits en tous genres. La classe inférieure se réjouira de voir une petite somme d'impôt; t 50 du bénéfice, appliqué au traitement de ces nombreuses fonctions en souverainetés, ministères, généralats masculins, féminins et enfantins; dignités dont les enfants, comme les pères, goûtent le charme à tout âge ; une petite fille enfant est promue aux dignités dès l'âge de 12 ans, elle et son père en concluent qu'elle pourra, douze ans plus tard, devenir favorite du globe (1). Les choix, en favoritisme, ne se fondant que sur la préférence aveugle, il faut savoir charmer une région, un empire, un césarat, le monde entier représenté dans les grandes armées et congrès d'une cinquantaine d'empires. La jeune femme qui sait mettre cinquante armées à ses pieds est élue favorite du globe. Tous les moyens innocents, talent, beauté, amabilité, lui sont permis; elle peut même, selon la décision de Saxghbz, mettre en jeu le fichu transparent que ce casuiste tolère, quand il s'agit de solliciter les juges et gagner un procès; il le permettra d'autant mieux lorsqu'il s'agira de captiver des armées et s'élever au trône du monde.

Quelle carrière pour les femmes aimables dont l'empire e.-t si bornéen civilisation, et de môme pour les hommes distingués par l'esprit ou les talents ! Quel moyen puissant de rallier le peuple aux grands et aux grandeurs, dont il est aujourd'hui lVnnen

( i ) Kst-il probable, dira-t-on, que les souverains consentent à la créî tion de tant de sceptres nouveaux? Question oiseuse ! Toute dispositioi d'harmonie est réglée selon le vœu individuel et collectif des souverains et des peuples. Il faut que chacune des souverainetés ou dignités à errer soit aussi agréable au monarque héré litaire, que le -ont aujourd'hui les fonction- de ministre et de maréchal, dont il n'esl pas plusjaloui que le pooee M l'esl d.s autres doigts, qu'il ne veut pas faire couper pour assurer sa supériorité.

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