‹ Œuvres complètesChapitre 221 sur 276 · SECTION V. — DE L'EQUILIBRE GÉNÉRAL DE- PASSIONS · texte numérisé non relu

SECTION V. — DE L'EQUILIBRE GÉNÉRAL DE- PASSIONS

nion d'enfants, et souvent dans un aîné à qui l'on immole les cadets et les filles. En toul pays, où les pères ne sont point réprimés par la loi, ils exposent et vendent leurs enfants; ils les jouent aux dés ; ifs les mutilent par la castration pour en faire commerce.

Le ralliement familial doit remédier à cette double dépravation des pères et des enfants; le problème c>t : d'établir entre les testateurs tt 1rs légataires, soit consanguins, soit adoplifs, vne affection assez vive pour que l'héritier désire prolonger l>i vie du testateur, qu'il est aujourd'hui si impatient de conduire au monument.

Sur ce problème, la solution est la même que celle du ralliement précédent : une loterie de bonnes aubaine-, d'héritages périodiques; le plaisir d'hériter, si rare en civilisation, derient eq harmonie aussi fréquent que le retour des I Baisons. En effet, quelle que r-"d la longévité des harmoniens, il en meurt quelques-uns chaque année, ne fût-ce qu'un centième, 18 sur 1800; il s'en trouvera

\\ de haute fortune. i de moyenne,

•") de bas <> paw res.

5 l'hoirie se repartit, comme je l'ai dit, a I s directement et à

6 8 indirectement, chacun aura, dans le cours de l'année, au moins l a i hoiries directes et \ indirectes. Il faut cette périodicité d'héritages dan- un ordre de choses qui doit élever a l'infini tous les plai

l.a soif d'héritages esl entièrement calmée par cette dissémination que je viens de décrire; elle habitue le jeune homme a des aubaines périodiques en l<>u de lignée ou d'adoption. l.a fiequence de Dites le rend d'autant moins avide, qu'il a ;

peu de besoins en harmonie, ou il trouve sans dépense les pla i de son Age, la plupart lucratifs pour lui : il s'habitue a considérer les héritages comme fruits successifs dont on attend patiemm I"- époques. <>n n'esl guères désireux de raisins quand on jouit de la cerise et de la fraise; mai- -ion n'avait dans toul le ("ours . de l'année qu'un Beul fruit, d'une Bemaine de durée, on aurai! cinquante semaine- de vive impatience. Telle esl la situation des héritiers civilisés; elle esl pire encore pour le grand nombre qui n'a aucune hoirie a espérer.

La jeunesse en harmonie n'a rien du caractère ignoble «t 10» rai e d< - ■ es, réduits a souhaiter la morl du île-

lenteur. Vn harmonien, recueillant chaque année quelque legs ou branche d'héritage, patiente sans peine sur les successions différées; il les envisage comme une réserve assurée, comme les bois dont on diffère la coupe afin d'en augmenter la valeur. Tel un héritier harmonien souhaite, pour son intérêt même, la longévité du testateur qui grossit le trésor; et lorsque l'hoirie lui échoit, il peut dire avec vérité : j'aurais désiré qu'elle fut différée, j'aurais un ami de plus, et autant en richesse; car il conservait et grossissait ma portion dont je n'ai aucun besoin.

Xota. L'afllucnee de dignités et fonctions publiques produit en harmonie même générosité chez tous les prétendants, aujourd'hui si impatients de la mort des titulaires. Quand on possède une vingtaine de dignités, on n'est pus avide d'en obtenir une 21e au prix de la mort d'un ami ou d'un supérieur estimé.

Résumons sur le ralliement familial, objet des vœux de tous les pères ; le thème est,

Que l'état sociétaire, en donnant à chaque passion le plus vaste développement, l'essor en tous degrés (III, 356) est assuré d'en voir naître des gages de concorde générale, et des ralliements entre les classes les plus antipathiques, riches et pauvres, testateurs et héritiers, etc.

Mais pour appliquer ce principe au lien de famille, que de conditions a remplir ! et dont la plupart exigeront plus d'un siècle : telles sont la longévité, qui ne sera bien recouvrée qu'à la 8e race harmonienne, et la lignée en majorité, effet à définir.

Sur 1800 individus de la phalange, le patriarche Ithuriel e^t parent de la majorité: ses descendants vivants, en ligne directe, s'élèvent à I 20 ; sesadoptifs au même nombre, total 210, formant au delà du 8° du canton ; en y ajoutant les collatéraux de cette liguée directe, qui doivent être en nombre quadruple, on a 1200, i - - i de la phalange en parcn's d' Ithuriel. Sa liguée forme la majorité; de sorte que par esprit de famille il est forcé à désirer le bien public, le bien de toute la phalange, dont le tiers, non parent avec lui, se compose d'anciens amis cl amies, et de leurs enfants. Ici l'intérêt familial se trouve d'accord avec l'intérêt public, dont il est sans cesse isolé en régime civilisé.

On a vu «pièce lv ralliement, cette fusion de la famille et de l'état, tient à absorber l'esprit de famille, le disséminer, le di dans la ma.-se énorme de ses rameaux; ce qui confirme le principe, que tout ralliement d'antipathies s'établit en donnant à

. n v. — : IRE GENERAL DES PASSIO!

iouehe /es plus vastes d -nient s dont et:>

» [te théorie, je l'i devient Ires-aride en satkmau

nlappli • l'amour dont 1<"< développemei rand nombre, au nnmilli* fournis-

binaisons \<>< plus gracieuses, les plus , existent en jeux de passions. Malheureusement i i des lecteurs ivili-

• trop pygmée, trop do pré-

ir pouvoir s'initier à ce nouveau grimo Mais quoique le ralliement de paternité soit ui il convient de la taire ei nantir au i

cune partie des calculs n*a< ; j'ai dû

rd, plus exactement encore que sui les autres , parce

que le groupe de Famille est pivot du i • au il

. parmi les 1 1 >ns, !<" même rôle q .i les

groupe que naît le vice radi ' / ne but ce groupe qu'il faut porter ta

cognée, par un régime d'association propre ;i a - complè-

tement l<s influences de la famille dans les intérêts de la masse. En terminant cet aperçu des ralliements dont je n'ai bit qu'efrer la théorie, observons que ce genre d'accords esl de Ions i Momènes passionnels le plus propre à dissiper les , pénétrabilité et de voiles d'airain, car il prouve que] le voile, il suffisait d'aaer sortir de l'ornière philosophique, pas spéculer sur la plus petite réunion domestique, mais sur la ph .• appliquer la distribution recom-

mandée par les philosophes mêmes, tantùm ■ met . raque

e et le lien; la série qui esl :

Dieu dans toute la distribution dos régi les liens les plus sublimes, les ralliements d'antipathies, les sorts d'enthousiasme industriel et de perfection émulative, lorsppliquée le 1800 b

COMPLEMENT. o35

COMPLÉMENT

ÏL'équilibre de population.

Parmi les inconséquences et les étourderies de la politique moderne, il n'en est pas de plus choquante que l'oubli de statuer sur lequilibre de population, sur la proportion du nombre de consommateurs, avec les forces productives. En vain découvrirait-on des moyens d'atteindre au quadruple et même au centuple produit, si le genre humain était condamné à pulluler comme aujourd'hui, amonceler toujours une masse de peuple triple et quadruple du nombre auquel on doit se fixer, pour maintenir l'aisance graduée parmi les diverses classes.

De tous temps l'équilibre de population a été l'écueil ou l'un deséeueils delà politique civilisée. Déjà les anciens, qui avaient alentour d'eux tant de régions incultes à coloniser, ne voyaient d'autre remède à l'exubérance de population que de tolérer l'exposition, le meurtre des enfan! :s, égorger le superflu d'esc"., comme le faisaient les vertueux Spartiates, ou les faire périr dans les naumachies pour l'amusement des citoyens de Rome, fier- du beau nom d'hommes libres, mais fort éloignés du rôle d'hommes justes.

Plus récemment on a vu les politiques modernes avouer leur déconvenue sur le problème de l'équilibre de population. J'ai cité (38) Stewart, Wallace et Malthus, seuls écrivains dignes d'attention sur ce sujet, parce qu'ils confessent l'impéritie de la science. Leurs sages opinions sur le cercle vicieux de la population sont, étouffées par les jongleurs économistes, qui écartent ce problème comme tant d'autres. Stewart plus loyal l'a fort bien traité dans son hypothèse d'une ile qui, bien cultivée, pourrait nourrir dans l'aisance mille habitants inégaux en fortune; mais, dit-il, si celle population s'élève à 3 et 4,000, à 10 et 20,000, comment la nourrir?

On répond qu'il faudra coloniser, envoyer des essaims;

escobarder sur la question; car si le globe entier était peuplé,

porté au complet, où pourrait-on envoyer des essaims coloniaux?

phistes répondent que le globe n'est pas peuple et ne le

sera pas de h têt; c'e^t un des subterfuges delà secte 0\\e:i. qui

33C section v. — de l'équilibre généaal des passions.

promettant le bonheur, élude le problème d'équilibre de population,

et dit qu'il faudrait au moins 300 ans avant d'atteindre au plein. Elle se trompe, il ne faudrait que 150 ans. Quoi qu'il en soit. lâcher pied ^ir un problème que d'en renvoyer lasolution à 300 ans, et Bans garantir qu'elle serait donnée à cette époque; d'ailleurs, fallût-il 300 ans pour porter le globe au complet, ce serait toujours une théorie ties-defectueuse que celle d'un bonheur ou ndu bonheur qui, au bout de 300 ans, s'évanouirait par une faute de la politique social >, par l'exubérance de population.

Or, comme il est certain que ce fléau ne tarderait pas 300 ans. et qu'il surviendrait au bout de 150 ans, dans le cas de paix universelle et abondance générale que donnera l'état sociétaire, il faut que la théorie de ce nouvel ordre fournisse ûc< moyens très-efficaces de prévenir l'excès dépopulation, réduire le nombre des habitants du globe à la juste proportion des moyen- et des besoins, à la quantité de cinq milliards environ, sans risque de voir la population s'élever à 6, 7, 8, 40, lîmillia - ibérance qui serait inévitable dans le cas où le globe entier 01 ait le

me civilisé.

En tablant sur cinq milliards d'habitants riches et heureux, je suppose une restauration de température qui dégagerait le pôle arctique de ses glaces; à défaut, le globe ne pourrait pas nourrir dansl'opulence plus de trois milliards d'habitants. Quels scient les moyens de dégager et inonder ce pôle? Je me réserve de les faire connaître quand on le voudra sérieusement ( J'y ai préludé II, s I . note A ). Sans nous engager dans ces détails, tenons-m fond de la (pie-lion, au problème de maintenir dans la haute aisance, dans l'étal de richesse progressive et de minimum garanti, une masse d'habitants, en la préservant de l'excès de ; lation qui e>t l'un des écueils du système civilU

i moyen reposant en pana1 sur les coutui - libre am

qui ne commencèrent a s'établir que dans une soixantaine d'an- . après l'extinction totale de la race civilisée, il n'j a pas d'inconvénient à en donner connaissance, d'autant mieux qu'on n'en Bentira le besoin qu'au bout de cent ans, lorsque le globe approchera du complet. Provisoirement il faut prouver que la théorie sociétaire n'est an défaut, ni sur ce point, ni sur aucun autre; et qu'elle ne doitpas être confondue avec celles qui esquivent de prime ab< rd les probl< plua importants, population équilibrée, minimum décent, etc.

COMPLÉMENT. 337

La nature, dans l'état sociétaire, oppose quatre digues à l'excès de population; ce scr.t:

\° La vigueur des femmes, 3° Les mœurs phanérogames,

2° Le régime gastrosophique, 4° L'exercice intégral.

\° La vigueur: nous en voyons déjà les influences parmi les femmes de la ville ; sur 4 stériles, il en est 3 robustes, tandis que les femmes délicates sont d'une fécondité outrée et fâcheuse. Les stériles sont d'ordinaire celles qu'on aurait crues les plus aptes à procréer. On va répliquer qu'à la campagne les femmes robustes ne sont point stériles : je le sais, c'est une preuve de plus pour la méthode naturelle, qui doit opérer par enchaînement des 4 moyens conbinément appliqués, et non pas par emploi isolé d'aucun des quatre.

2° Le régime gastrosophique : d'où vient cette différence d fécondité en faveur des paysannes robustes? C'est l'effet de h vie sobre, de la nourriture grossière bornée aux végétaux. Les citadines ont des aliments délicats, c'est un moyen de stérilité qui deviendra bien plus puissant dans l'harmonie où chacun est gastronome raffiné. Dès lors, en combinant l'extrême vigueur des dames harmoniennes avec la chère délicate dont elles jouiront, l'on aura déjà deux moyens d'acheminement à la stérilité. Je passe brièvement sur les objections dont l'examen remplirait un article plus long que celui-ci ; on doit se rappeler que c'est ici un abrégé.

3° Les mœurs phanérogames.... (Lacune...)

4° L'exercice intégral distribué sur toutes les facultés corporelles, au moyen de séances courtes et alternats de fonctions. L'on n'a jamais observé les effets que produit sur la puberté et la fécondité une différence d'exercice corporel ; les contrastes sur ce point sont frappants : nous voyons les villageois atteindre à la puberté bien plus tard que les citadins ou les enfants de riches campagnards ; la fécondité est de môme subordonnée à ces influences de gymnastique. Si l'exercice corporel est intégral y étendu à toutes les parties du corps alternativement et proportionnément, les parties génitales sont développées plus tard; on en voit la preuve chez les enfants des princes qui sont mariés à 1i ans, tandis que les jeunes villageois ne sont souvent pas nubiles à 16 ans. Ce retard provient de la différence en exercices corporels et spirituels, qui s'opèrent à contre-sens chrz les deux classes (On ne peut pas attribuer au genre d'aliments cette pré-

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