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CHAPITRE XXXVIII

Dcm groupes «le haute harmonie , ou d'équilibre compensât i f.

Les optimistes ont de tout tempe mis en scène des compeil rions chimériques: à les en croire, un pauvre qui n'a ni feu, ni lieu, pourrait trouver dans son denùment autant vie bonheur qu'un riche dans ses palais.

Jusqu'ici, les pauvi tontguèi si les riches

encore moins; car on ne voit aucun Crésus faire échange de condition avec h1 pauvre. Les compensations n'existent donc que dans

le- rêves île la morale qui prétend, >el<>n DellUe, que la nature est un échange perpétuel de secours et (le bienfaits. On ne voit

pas quels bienfaits elle répand sur la populace affamée d'Irlande,

ni sur les peuplades livrées aux bourreaux, comme 1 - sous

Ibrahim, ou les nègres de la Martinique sous le fer des colons français.

Quelques riches, pour pallier leur égoïsme, aiment à se persuader que le peuple est heureux, que ses misères sont compensées : on entretient les monarques dans cette illusion, elle est plus décente que le principe , il faut dix pauvres pour un riche. Tout sophiste est bienvenu, lorsqu'il suppose des compensations dont on ne trouve pas l'ombre dans l'état civilisé. La véritable compensation doit être facultative] sentie et avouée, comme elle le serait dans le groupe décrit au traité IV, 488;, groupe dont les relations peuvent servir de formulaire général en compensalions. Je regrette de ne pouvoir pas insérer ici cet article assez long, qui présente une théorie positive sur les compensations, sujet des plus obscurcis par le sophisme; j'en transcrirai seulement quelques lignes qui donneront une légère idée du sujet.

Trois individus, Apicius, Mécène et Virgile, sont réunis dans un repas d'une dizaine de convives. Apicius, tout préoccupé de gourmandise, a pris peu de part à la conversation ; Virgile au contraire, peu attentif au matériel du repas, a fait grande dépenso de bel esprit: il a brillé, il a fait le charme des convives, son arnour-propre est flatté. Mécène s'est partagé entre les 2 plaisirs, conversation et gastronomie : les doses de plaisir ont été en rapport suivant :

Chez Apicius, conversation 1, gourmandise 3. r= 4. Chez Mécène, id. 2, îd. 2. = 4.

Chez Virgile, id. 3, ld. 1. — 4.

Il y a ici compensation parfaite pour tous trois, quoique chacun ait goûté les deux plaisirs en doses fort inégale»; mais chacun a eu l'option sur tous deux, et en a pris la part qu'il a voulue. On peut supposer neuf convives chez qui ces doses seront graduées en échelle régulière, et qui seront tous satisfaits compensativement, l'un plus en gourmandise et moins en conversation; l'autre plus en conversation, moins en gourmande

Tels doivent être les groupes réguliers ; ils doivent réunir au moins deux plaisirs dont chaque personnage puisse prendre la dose qui lui convient. Ce principe doit s'appliquer à toutes les situations de la vie ; on n'y trouve le bonheur, compensalivemcnt équilibré, qu'autant qu'on a l'option sur divers plaisirs réunis l'équilibre passionnel n'admet ni égalité et conformité de goûts, ni simplicité de ressorts.

346 SECTION Y. — DE l'équilibre «s.

Si l'on suppose la réunion précédente bornée à un plaisir, à la conversation seule, au bel esprit , Apicius y tombera dans : nui. Mécène sera moyennement - Virgile s -ni y trou

grand plaisir. Telle est la situation dan- laquelle nous place la norale; elle ne donne jamais la faculté d'option -nsative ;

il plaisir, tel que l'amour de la mod tien : : réelle a besoin de omme on

ts haut i • qui a goûl ux plaisirs a

al el en dos : s'il n'en avait goûté qu'un, la modé-

ration L'aurait ennuyé. C'est en balançant les 2 plaisirs l'un par l'autre, qu'il a joui autant qu \ ■ : Y qui ont L'oùté

immodérément l'un de deux plaisirs, el faiblement le second.

•t-il vrai ' -oit modéré? Non, car il est ar-

rivé à la urne de plaisir, il a joui autan* que les

autres, quoiqu'on lions différentes el balancées. Ainsi

ces hommes [u'onap] etquienfont troph

ou des illusi charlatans :

qui se pla ;oùter en do<> égale deux plai

i .1 i -nis un exemple de morale, je modère mes fais

• les amusements et je n'aime qu II l'aime

qu'il y a gagné un million, ou qu'il espère ' trompant qui achèteront sis calicos; avec son ma

i ration, il n fourberie, que ruse pour duper les

acheteurs. Voilà ce qu'on app -lie un hon rai, un vertueux

amant du commerce et de lâchai Lunètn - men-

sonij tfricte analyse, ne sem ir aucune pass

car il absorbe une passion par une autre, comme l'ont fait plus haut Virgile el Apicius; ou bii n il équilibre deux j qu'il

satisfait

deuxeonvivi ir il arrive comme

aux à la ; et ' • ou

de 2 el 1. elle esl i

Il taudi lieu d'un petit article, plusieurs chapitrée

cette mal ut sur la mo-

dération la balance el l'équilibre, sur les

conti

primer t me a ins r le principe que

la mo l< ration est une chimi • dmettenl des

jouis ontrebalancées, mais n m pas des privations ;qu

lui qui parait le plus lui qui a le plu- raffi-

né sesjouissances; et que nos théories d'équilibre moral et de compensation morale ne sont que des balivcrnesqu'on rougira d'avoir écoutées , quand on connaîtra les méthodes exactes en équilibre passionnel.

On les ignore à tel point que la classe des pères, qui fait les lois et désire les faire à son avantage, n'a su trouver aucun moyen d'établir l'équilibre qu'elle recherche le plus, celui des deux affections paternelle et filiale qui sont dans une disproportion choquante; celle de l'enfant ne s 'élevant communément qu'au tiers ou au quart de celle du père. Il était évident, parce défaut de balance, que l'équilibre devait provenir de voies indirectes. On a vu quelles sont ces voies: les pères doivent recueillir l'affection de i sources, des enfants directs en 4à5 générations au moins, des adoptifs en caractère identique ou contrasté, des adoptifs industriels ou continuateurs passionnés, des continuateurs en lignée directe ou collatérale. La passion atteindra à l'équilibre quand le père obtiendra par quart un tribut d'affection de ces i classes; jusque-là il n'est rien de plus dépourvu d'équilibre que l'amour paternel, rarement payé d'un quart de retour par les descendants directs. Si les philosophes n'ont pas vu ce désordre ou n'ont pas su y remédier, que pourra leur science pour atteindre à tant d'autres équilille n'a pas même entrevus, telsquecelui des subsistances II, 1 13) à fonder sur les produits combinés de plusieurs zones.

Et quant aux compensations qui forment une partie de l'équilibre, comment concevoir des compensations sans option? la morale nous dit : Soyez heureux avec une écuelle de bois pour tout mobilier; Diogène assure que cela suffît; eh bien, que Diogène donne l'option sur une écuelle d'argent, nous pourrons croire au bonheur de celui qui, en toute liberté, aura préféré l 'écuelle de bois à celle

nt. Dans L'exemple que j'ai cité, chacun des 3 pei A. M, V, a l'option sur deux plaisirs; d'où il e^t clair que < bacun d'eux est compensé, en quelque dose qu'il use des deux cette option doit s'étendre à toutes les situations de la vie aux ions des troi- -. Mais quelle option leur donne la murale, où sont les compensât^ : un enfant reclus et menacé du

or une vieille femme dépourvue du i lire et encore

sirs, pour uc - enfern

dans un dépôt de charité"? Que la philosophie est novice théorie compensalive, comme en toute quesl G | l'une ce: . . ul-

3i8 SECTION V. — DE L EQUILIBRE GENERAL DES PASSIONS.

tative? Vous donnez au peuple, pour indemnité de ses souffrance bonheur de * ivre sous la charte, d'aimer la charte, admirer les beautés de la charte ; mai? B*il ne sait pas lire, ou s'il n'a pas deux sous pour acheter la charte, comment en admirera-t-il

Surtout s'il e?t affamé? Que signifie celle billede compensation qui nous donne . en dédommagement de nos maux, on plaisir imaginaire, sans aucune faculté d'option sur les plaisirs réels? Àpprendn SS r de ce qu'on n'a j

le talent du renard gascon; et on fait de ces sornettes une science dite morale ! Que de jongleries imaginées pour Tendre des li 10 vendra cent fois plus quand on enseignera la vérité.

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