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CHAPITRE

Des Cuisines sériaircs et de leur influence en éducation.

Etrange paradoxe ! Il s'agit de démontrer l'utilité de la gourmandise chez les enfants; c'est peut-être le sujet le plus propre à confondre les antagonistes de 1 Attraction , et mettre en évidence la sagesse du Créateur des passions.

Si la nature est sage dans ses impulsions générales, elle doit être sage dans la plus puissante passion qu'elle ait donnée à l'enfant; c'est la gourmandise.

Pour constater la justesse distrihulive de Dieu dans eette impulsion dominante des enfants, il faut prouver que la gourmandise tendra, dans l état sociétaire, aies conduire aux trois foyers d'Attraction ; à la richesse , aux groupes, aux Séries industrielles. Il n'y a de justr et louable en mécanique sociale, que les re^nrK qui nous dirigent à ces trois buts , et par suite à I Ynitk SOCIALE.

Signalons i<i une erreur de mots, « qui entraîne > Terreur du jugement ; vice condamné si souvent par nos rages, qui pourtant y tombent sans cesse.

« Ees enfants, disent-ils, mniI de petits gourmands ; il » faut les corriger, modérer leurs passions. ■ Rien n'esl

plus foui : les enfants ne sont point gourmands, mais

seulement gloutons, goinfres, goulus. Le mot gourmand esta peu près synonyme de gastronome; il se prend en bonne part, puisqu'on dit un fin gourmand; on ne dira pas, fin glouton, fin goinfre, fin goulu; tous trois sont de genre trivial.

Les Apicius sont gens de bonne compagnie, raisonnant savamment de leur art, dont ils sont trop préoccupés. Or, quel rapport entre un Apicius et des enfants qui mangent avec avidité des pommes vertes , des prunes « vertes! » S'ils étaient gourmands, connaisseurs délicats, ils renverraient ces aliments aux pourceaux, lis sont donc goinfres , gloutons , goulus ; et pour les en corriger, il faut les ramener à la gourmandise ou gastronomie. Analysons les < vertus * industrielles et sociales à obtenir de cette métamorphose.

On observe partout que la classe la plus réservée à table est celle des cuisiniers; ils sont en général gastro- •nomes, juges sévères, dissertant bien sur tous les mets, sans en faire aucun excès. Ils sont proportionnément la plus sobre des classes qui ont la bonne chère à discrétion.

Le meilleur préservatif de la gloutonnerie serait donc, pour les enfants [comme pour les pères], un ordre de choses où ils deviendraient tous cuisiniers et gourmands raffinés, autrement dit gastronomes. [Dégourdissement composé , alliant les plaisirs de la table avec l'hygiène graduée selon les tempéraments. ]

La thèse étant des plus neuves, j'ai dû relayer de distinctions exactes sur le sens des mots et sur les indices que fournit l'état des choses en civilisation.

Sur ce , on va reproduire l'objection déjà faite, au sujet de l'opéra. < Vous voulez donc, dira-t-on , élever tous •> les enfants à l'état de cuisinier! » Même réponse qu'à

la page 97. Ce n'est pas moi qui veux; c'est l'Attraction qui en ordonne ainsi, et l'on va se convaincre qu'elle veut passionner pour la cuisine tous les enfants.

TOUS, en style de mouvement, signifie les 7/8€S-, puisqu'il est connu que l'exception de 1;8e. confirme la régie.

Or, quand les 7 '8es- des enfants sont passionnés pour jouer l'opéra et faire la cuisine, en vaudront-ils moins pour cela? c'est ce que nous allons examiner.

( )bscrvons d'abord que c'est le but indirect de la morale civilisée : elle exprime sans cesse et implicitement le vœu de voir les enfants se faire cuisiniers, car elle veut qu'ils s'adonnent aux soins des animaux et des végétaux.

Comment pourront-ils juger des méthodes préférables dans le soin des animaux et végétaux, s'ils ne connaissent pas les rapports de manutention agricole avec les ressources do manutention culinaire? l'agriculteur qui ignore cet art, travaille sans principes et sans but économique.

Ainsi font nos villageois, qui élèvent un animal ou cultivent un légume, pour tâcher de tromper celui qui l'achètera; mais si on spécule sur un état d'unité « industrielle, » si le cultivateur veut favoriser le consommateur, il doit connaître l'emploi mixte ou art de la cuisine , et se guider dans ses cultures selon les convenances de cet art.

Oc la résulte déjà que la cuisine est portion intégrante des éludes agricoles, et que, pour faire de l'enfant un parfait agronome en gestion animale et végétale, il faut de très-bonne heure l'initier ;ui\ raffinements de cette

cuisine, de cette gastronomie proscrites par les farouches

amis des raves et du « brouel noir. >

Autre motif qui milite pour élever l'enfant harmonien au travail de cuisine : c'est celui où il se formera le plus

promptement aux cabales nuancées et graduées qui sont l'essence des Séries pass. On n'est apte à figurer et rivaliser dans les Séries, qu'autant qu'on sait se passionner pour telle nuance , telle fantaisie , qui forme un échelon dans une grande Série de 50 nuances, 10 variétés et 3 espèces. Or, pour habituer l'enfant à distinguer les échelons de qualités et se passionner spécialement pour quelqu'une, il faut mettre en jeu le sens le plus puissant sur le bas-âge ; c'est sans contredit le goût , la gourmandise , divinité de tous les enfants.

Le sens du goût, le plus impérieux de tous, est un char a 4 roues, qui sont :

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