CHAPITRE LIV
Analogies générales du mouvement.
Un des travers de l'esprit civilisé est de ne savoir pas envisager l'unité, l'étudier dans l' infiniment grand, comme dans l'infiniment petit. Si on leur dit qu'une planète comme Jupiter, Saturne, la Terre, est une créature ayant une âme et des passions, une carrière à parcourir, des phases de jeunesse et de vieillesse, des époques de naissance et de mort, ils crient au visionnaire; cela est trop vaste pour leurs petits esprits, et pourtant ils posent en principe l'unité et l'analogie dans le système de l'univers.
Si on leur dit que notre tourbillon , d'environ 200 comètes et planètes, est l'image d'un abeille occupant une alvéole dans la ruche; que les autres étoiles fixes entourées chacune d'un tourbillon, figurent d'autres abeilles ; et que l'ensemble de ce vaste univers n'est compté à son tour que pour une abeille, dans une ruche formée d'environ cent mille univers sidéraux , dont l'ensemble est un BINIVERS ; qu'ensuite viennent les TRINIYERS, formés de plusieurs milliers de bi ni vers, et ainsi de suite; enfin que chacun de ces univers, bi ni vers, trinivers, est une créature ayant comme nous son âme, ses phases de jeunesse et vieil- . mort et naissance ; et que nos âmes, après la mort de notre planète, parcourront cette infinité de mondes; ils ne laisseront pas achever sur ce sujet, ils crieront à la démence, aux rêveries gigantesques; et pourtant ils posent en principe l'analogie universelle (14).
A quoi bon, disent-ils, ces excursions dans ''immensité ? bornez-vous au sujet. D'accord; mais je veux le traiter exactement, et non pas à la manière gasconne de nos auteurs qui, fabriquant -.-ternes de la nature, promettent des preuves et n'en donnent aucune, .le dois donc faire savoir que je possède les preuves et surtout la principale, celle de l'analogie universelle tant pro-
clamée par les faiseurs de systèmes ; tel que Schelling, cité p. I i . et tant d'autres qui, posant en principe l'analogie et la recommandant pour boussole d'études, n'en di>ent jamais un seul mot, et ne savent établir aucune échelle d'analogies entre l'homme l'univers et Dieu, entre les passions et les substances créées dans les divers règnes.
Je puis renvoyer sur ce sujet à un article de cosmogonie appliquée (III , 2ii à 268] , et aux articles MOSAÏQUE, en divers i-gnes (III 212, ïil
Je me bornerai ici à quelques lignes sur la carrière générale du j^enre humain. On a vu, à l'Avant-Propos, une table de neuf périodes sociales formant la I"' phase ou enfance du monde, et meublées jusqu'à présent de trois création- , dont la \n a été détruite par le cataclysme général ou grand déluge, différent du petit dé~ lige. Elle était création d'essai, faite sur un échantillon bien plus ample que celui des suivantes; car les fossiles qu'on en trouve sont de dimension colossale : des crocodiles de GO pieds, et autres forme- gigantesques, dont la proportion aurait exigé des hommes de neuf pieds de haut. Cet échantillon fut reconnu trop fort : on adopta le degré inférieur (différence de 1G a 17 ).
L'espèce humaine, qui n'existait pas lors de cette création d echanlillon, ne fut formée qu'à l'époque des deux créations, n° 2 et 3, qui furent faites; la 2'' sur l'ancien continent, la 3* en Amérique. Biles sont distribuées pour servir de mobilier aux périodes 4, 2, 3, i, 5, G. Le globe ne pourra avoir un nouveau mobilier que pour les périodes 7 et 8 qui recevront les créations n° i et 5.
Si le monde social s'élevait par degrés à la période 7, nommée Soeiantistnc, il recevrait aussitôt la création n" i, boni);1, maipeu brillante : <it lorsqu'on parviendrait à la période n° s. Jlarmonisme, on recevrait la création D°5,déjà très-magnifique, mais moins encore (pie celles qui suivront, et qui formeront le mobilier des périodes n° 9 et au-dessus.
Comme nous allons franchir les périodes G et 7, et nous élever immédiatement à la S1', OOUS recevrons cumuhiti\emcnl les deux
créations n° tel •">. Elles commenceront dès la pleine fondation de l'harmonie : cette plénitude aura lieu 3 à i au- après l'installation de la phalange d'essai. Il suil de la que m on eût fait le.- préparatifs de l'essai en 1823 et l'installation en 1824, l'année 1828 aurait vu s'achever l'organisation générale, et l'année 1829 verrait la Création en pleine activité, nous donnant tous les conthe-
Houles des créations 2 et 3; tels que l'anti-rat, l'anti-punaise, etc. Le beau Paris, si richement meublé de punaises, de rats et autres beautés, trouverait bien son compte à cette création qui nous délivrerait de toute l'engence démoniaque dont notre globe est souillé : 130 espèces de serpents, 42 espèces de punaises, autant de crapauds. En voyant ce mobilier d'ordures, on peut bien se demander, comme en voyant les 4 sociétés existantes, qu'est-ce que l'esprit infernal ferait de pis, si on lui donnait à meubler et régir le globe ?
Cependant ces horribles créations sont l'ouvrage d'un Dieu infiniment sage et prévoyant : quels motifs l'ont déterminé à des œuvres si malfaisantes pour l'homme ? Vous l'avez dit vous-mêmes ; ce motif, c'est l'unité de système que proclament vos philosophes (Schelling cité p. 14). Il faut pour cette unité, pour ce miroir analogique, donner à chaque période sociale un mobilier emblématique des jeux de passions qu'elle produira. En conséquence, Dieu a dû vous meubler de deux créations épouvantables, où sont représentés tous les jeux de passions civilisées, barbares, patriarcales et sauvages; les 130 serpents représentent 130 effets de la calomnie et de la perfidie, qui sont l'essence des sociétés mensongères distribuées par familles. Vos âmes étant pour le moment l'image des démons, Dieu a dû, par analogie, peindre sous les traits du tigre, du grand singe et du serpent sonnette, les passions de Moloch, Beliul et Satan, dont vos âmes civilisées sont les miroirs fidèles. Mais dès que vous serez parvenus aux sociétés 7 et 8, où vos âmes renaîtraient par degrés à la vertu, vous recevrez des créations qui seront miroir des vertus affectées à ces périodes sociétaires
Et comme tout le système du mouvement doit être lié, il faut que les créations infernales, n°2 et 3, contiennent un rameau de transition formé de quelques bons animaux, cheval, bœuf, mouton, abeille, qui nous peignent le système des créations futures, où tout se ralliera à l'homme, et qui fournissent à nos sociétés les moyens de créer la grande industrie et de s'élever aux périodes 6, 7 et 8, où d'autres créations contre-moulées purgeront h globe, ses terres et ses eaux, de l'horrible mobilier que Dieu dû lui donner pour les périodes 1,2,3, 4, 5, 6, selon le principe d'analogie et d'unité.
C'est, parmi les civilisés, un plaisant préjugé que de croire qu'une planète qui a fait des créations n'en pourra pas faire
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d'autres. Autant vaudrait prétendre que celui qui a planté un •t, n'en pourra pas planter un autre, ou qu'une femme qui a fait un enfant n'en pourra pas faire un second. Les créations mobilier* g, bien différentes des reproductives, sont pour chaque planète une opération périodique; les satellites, on étoiles inférieure-, en font quinze-, les liini. Saturne, la Terre, en font vingt-huit: parce que sur nos 3ti périodes sociale^, il ei s qui ne reçoivent pas de mobilier : elles sont i en phase d'enl'ance. ( t i en phase de caducité de la planète.
Nota. Au Thaité j'ai compté seulement 32 périodes, omettant à dessein les 2 d'apogée, entre la !<'>• et la 17e, et tes 2 transitoires, avant la lrr cl âpre- la 32'". Cette différence de compte n'est pas cireur, mais abréviation.
Expliquons le phénomène d'un double déluge : le I* fut énorme, il détruisit la création d'essai; le 2P, faible, n'a pas anéanti les - produite- en 2r et 3r créations.
Redisons que ce chapitre, qui effarouchera les pygméi ;, '--t obligé dans une synthèse générale du mouvement. le passe 4e l'analogie générale aux spéciales, où le momie -avant va ton un côté bien charmant, même pour les moralistes, beaucoup moins ennemi- des richesses qu'ils n'affectent de l'être.