CHAPITRE I.V
Analogies spéciale* «lu mouvement.
1 1 - beaux esprits qui nous disent : l'univers est fait sur le modéh de Pâme humaine ; la mém réfléchit eonstam-
I /lu tout iluiis parti' Sehelling, p. 14). Nous
ront-ils comment un cèdre OU une rare, qui foui partie de l'uninous réfléchissent mie idée de tout ? quelle portion de Puniest dépeinte dan- un chou, un Oignon, dan- un chêne, un
OI.Ill
Interrogeons d'abord les raves qui vont répandre des torrents t\i' lumière et -e montrer dignes du haut rang que leurassigne la m<»rale. C'est une }• i nière de bettes analogies que la bourbe famille des raves et betteraves, carottes etpanais, nlsnrx, (clcti- el tciiic- racines qui nourrissent l'homme. Leuroolh
■râleur- du travail agricole : chacun dt
légumes s'allie avec la classe dont il est le portrait. La grosse rave morale reste à la table des gros paysans dont elle est l'image; le navet, moins rustique, est l'emblème du fermier huppé, traitant avec les grands; aussi le navet peut-il, moyennant de bons apprêts, figurer aux bonnes tables; la petite rave ronde peint l'homme opulent qui, à la campagne, effleure l'agriculture, en prend une légère idée; la petite rave., pivotante ou allongée, peint cet homme riche approfondissant le sujet, faisant son délassement de l'agronomie; toutes deux, par analogie, figurent sans aucun apprêt aux tables de la classe riche dont elles dépeignent l'intervention superficielle en agriculture.
Ainsi chaque sorte de raves s'accolle avec ses pareilles : il en est de môme des autres racines : la carotte représente l'agronome raffiné, expérimenté, utile partout; aussi est-elle un légume précieux , employé par la confiserie et la médecine, légume utile en tous sens, fournissant par sa feuille un fourrage salutaire, par la torréfaction un parfum de potage, etc.; le céleri, dans son acerbe saveur, dépeint les amours champêtres, les tendres paysans et paysannes se courtisant à grands coups de poing.
L'étude de l'analogie est à double fin, elle conduit à l'agréable et à l'utile. C'est pour nous une triste énigme que l'histoire naturelle, tant que nous ignorons les effets de passions dépeints hiéroglyphiquement dans chaque substance, comme je viens de les expliquer trop brièvement sur quelques légumes. Des fleurs peuvent nous plaire, mais elles ont plus de charme quand on connaît le sens de ces tableaux ; quand on apprend, par vingt détails explicatifs sur chaque fleur, que la rose peint la fille vierge et pudique; l'œillet peint la fille pressée par le besoin d'amour; l'hortensia peint la coquette; la scabieuse peint la prude; etc.
Ceci ne touche qu'à l'agréable ; il est un but bien autrement important dans la science de l'analogie, c'est de découvrir les propriétés cachées de toutes tes substances des divers règnes; il faut toujours que le hasard vienne à notre secours pour nous indiquer leurs vertus occultes : pendant 3,000 ans le café fut dédaigné dans les champs de Moka, jusqu'à ce que les chèvres, par leur ivresse, en eussent décelé la propriété. Il on serait de même encore du quina , du mercure et des autres antidotes, si lo hasdrd ne riOUS eût enseigné leurs emplois euratifs.
Il s'agit donc de déterminer, par calcul général sur l'ensemble de^ règnes, toutes les propriétés des substances; nous connaîtrons
alors le remède aux maladies les plus rebelles à l'art, telles que goutte, rhumatisme, épilepsie, hydrophobie, etc. La théorie de l'analogie peut seule nous conduire à ce but. On demandera pourquoi je me suis borné sur ce sujet a des parcelles d'étude? C'est qu'il m'eût fallu, pour aborder la théorie générale, au moins trois années d'étude sur L'histoire naturelle , et je n'ai pas pu y donner ce temps. Je lègue au monde savant eette nouvelle science et tant d'autres dont je ne puis que livrer la clé, me bornant à la branche de l'attraction industrielle et du mécanisme sociétaire.
Pour aperçu d'analogie, en ce qui touche à l'utile, mettons en scène la betterave, illustrée dans le momie mercantile à qui elle a fait cadeau du faux sucre qui fait couler et gâter les confitures au bout de six mois. Cette plante va nous expliquer une des méthodes à suivre en recherches d'analogie, la règle du contact des extrêmes
Tout est lié en système de la nature; les analogies se lient entre elles, et la connaissance de l'une conduit à d'autres. Si l'on avait su que la canne à sucre et sa liqu< ur sont emblem< l'unité sociétaire en industrie [unité composée alliant l'accord matériel et l'accord passionnel , on aurait cherché le contre-sucre, ou sucre simple et faux, dans un emblème île l'unité industrielle Simple, de l'action combinée sans passion, telle qu'on la voit dans nos bagnes a nègres et a fabricants où le peuple, à force de tortures ou de privations, se soumet à une discipline d'industrie combinée. C'est arriver pat excès de malheur à l'unité d'action, où l'on arrivera en harmonie par excès de bonheur. On trouve, dans ce contraste, un contact d'extrêmes.
Les réunions d'unité simple en culture doivent être dépeintes dans quelqu'un des végétaux hiéroglyphiques île la i agricole : elles sont figurées par la betterave, /ruil de sang, d'où on voit ruisseler le Bang; il est l'image de ces esclaves for l'unité simple d'action, par les tortures. Ladite racine doit i tenir la liqueur d'unité simple et fausse, le CON1 sans mordant, et qui, à dose double, sucre moins que celui de canne. C'est une caricature du vrai sucre, comme l'unité d tion matérielle, dans nos bagnes d'esclaves coloniaux, est ui, ricature de l'unité passionnel travaux harmoniens, dont 11
productive >uble et quadruple de celle des travaux
11 faudrait appuyer ces analogies d'amples détails, d'abord sur
les fouilles des végétaux cités. La feuille crispée de la betterave dépeint le travail violenté des esclaves et ouvriers ; la feuille grotesque de la rave étale un massif supérieur dominant plusieurs follicules inférieures, c'est l'image du chef de famille villageoise qui s'adjuge tout le bénéfice, pour le bien de la morale ; il prend tout, et ne laisse rien aux enfants et valets. Dans la pomme de terre, qui peint le travail facile des groupes et séries passionnées, une feuille bien graduée et entrecoupée de follicules minimes peint l'assemblage des inégaux, et des enfants associés en travail avec les pères.
On vient de voir, au sujet du contre-sucre, que l'étude de l'analogie procède comme l'algèbre par des raisonnements et des comparaisons; et qu'appliquée à chaque substance, elle en déterminera les propriétés cachées, les antidotes naturels des maladies qui sont l'écueil de l'art, et les emplois utiles en divers genres.
Entre autres fruits à recueillir du calcul de l'analogie, on y trouvera la preuve théorique de l'immortalité de 1 ame (ch. LVI), preuve dont on ne soupçonnait pas l'existence et qu'on ne songeait pas à chercher.
Pour encourager cette nouvelle science, à laquelle on devra tant de lumières et de charme, on accordera une récompense d'un sou par feuille publiant des analogies découvertes, pourvu qu'elles aient été contrôlées en jury provincial, et réduites à leur plus simple expression.
Ce prix d'un sou par feuille de 16 pages in 8°, rendra aux auteurs une somme d'environ douze mille francs par ligne, tout au moins. Celui qui aura pu fournir une page de 40 lignes, aura environ 500,000 francs de bénéfice; et celui qui aura fourni une feuille entière, huit millions de francs.
L'ouvrage, en totalité, pourra contenir quatre mille tomes égaux à celui-ci, et quatre cents tomes en abrégé restreint. Dans l'impatience de connaître les analogies, le globe les fera publier en abrégé, feuille par feuille, à mesure d'invention. Ce sera un moyen de favoriser les études; car tout étant lié dans cette science, dès qu'une feuille de 16 pages dévoilera une trentaine d'analogies nouvelles, chaque lecteur, homme ou femme, pourra en tirer parti dans l'exploration, et découvrir à son tour quelque analogie qui, admise pour 10 ou 20 lignes, lui vaudra 125 ou 250,000 francs. Je vous le demande, moralistes, cette nouvelle science, vraie, utile et belle, ne vaudra Selle pas mieux que vos tristes doctri-
45i SECTION VII. — SVNTI1ESE GENERALE DU MOUVEMENT.
nés sur le mépris des richesses et l'amour du trafic, doctrines où tout esl faux et impraticable?
Il existe plus d'un million d'analogies à déterminer. Dès qu'on en aura trouvée! publié seulement une collection de 500, tout sera entraîné; les naturalistes mêmes condamneront leur système, et proclameront l'insuffisance, la Stérilité des classifications actuelles, toutes entachées du défaut de simplisme, toutes classant d< 3 ractères matériels sans faire mention des passionnels. On*, va se ralliera à l'analogie qui marie les deux classifications: j'en puis donner pour initiative une collection de 200 articles très-variés; j'en aurais donné plus de 2,000 si j'avaispu employer trois années exclusivement à 1 étude de l'histoire naturelle, surtout des branches négligées, ambigu, etc.
Dire qu'une science nouvelle, du contenu d'environ 400 to; rendra aux auteurs douze mille francs par ligne, c'est de quoi faire palpiter le cœur de tout barbouilleur de papier; il se contenterait de gagner seulement dotze sous p.ir ligne. Observons que je parle ici des lLmos de 1n' apparition, lignes conlrôlt réduite- parjury. Il faudra, surce profil gigantesque, une preuve bien exacte, bien arithmétique : elle se trouve plus loin, à l'Epilogue où je dois revenir sur l'analogie.
(.eux qui en désirent des aperçus moins succincts, peinent consulter les article* Mos>tf/,r <n règnes animal et végétal .lll. 21 1 à 240] ; Cosmogonie appliquée 111. 211 à 1<