I .• rr\e de ces doctes personn iges s i d édu
cation harmonienne ; il J forme l'un des procèdes d'en geignement, le hyoi bpuutwx Y; c'est une double
affinité des esprits, Attraction composée réciproque ; c'està-dire, intimité et bienveillance entre les maîtres et élèves ; puis empressement respectif aux fonctions exercées, attraction du maître pour distribuer l'enseignement, et du disciple pour s'initier à la science.
Dans un tel état de choses, les progrès des élèves seront rapides, gigantesques; mais il faut briser sur ce sujet, le laisser en suspens jusqu'à l'exposé des équilibres passionnels, sans la connaissance desquels on ne saurait apprécier les moyens d'où naîtra cette intimité entre des âges et des classes qui aujourd'hui ne sont rien moins qu'en sympathie.
Dissertons donc sur le pivot matériel \, second procédé distributif déjà désigné sous le nom d'enseignement mutuel, en mode composé convergent.
* Depuis quelque temps, les Européens semblent avoir entrevu quelque parcelle du procédé harmonien en distribution matérielle de l'enseignement. Ils ont, s'il faut les en croire, inventé un système d'instruction mutuelle, que d'autres disent renouvelé des Grecs (de qui on a reproduit tant d'idées qu'on donne aujourd'hui pour neuves. Voyez à ce sujet l'ouvrage de Dutens , sur les découver attribuées aux modernes).
Je me garderai bien de prononcer sur le procédé, car je ne le connais pas. Tout ce que j'en puis affirmer, c'est qu'il est d'ordre simple, et par conséquent très-insuffisant. Il ne se combine point avec le procédé pivotai spirituel Y, indiqué plus haut. Voilà pour premier vice, une lacune des plus énormes, l'absence de l'un des deuv éléments dont se forme le mode composé convergent.
Autre monstruosité ! Ces écoles d'enseiunement mutuel sont , comme les collèges , des réunions d'ètn
disparates, hétérogènes, sans esprit de corps, sans intérêts communs , sans unité de mœurs et de principes, sans rivalités graduées, sans concert dans les travaux autres que ceux de l'école. Ces masses divergentes ne peuvent i^uére éviter les duplicités d'action; aussi s'est-elle déjà manifestée par des jalousies entre les savanlins et les ignorantins. Une voie d'instruction nouvelle esl devenue un brandon de discorde, un aliment des esprits de parti. De quel côté sont le bon droit et l'utililé? Je ne le sais ni ne m'en informe ; je me borne à remarquer la fâcheuse propriété qu'a l'ordre civilisé de faire naître le mal des éléments du bien ; je conclus de là que c'est folie de vouloir améliorer la civilisation par des nouveautés quelconques. Il n'y aura d'innovation précieuse que celle qui nous ouvrira l'issue de cet abîme social.
Pour opiner sot le fond de la question, il me paraît que • mutualistes ont entrevu partie du procédé de la nature, la distribution progressive de renseignement.
Parmi nous, les enfants envoyé- à une école sont con- Ibndus pêle-mêle sans classement. Lorsque cent étudiants fréquentent un cours, il faut que le professeur abonde à servir et endoctriner toute celte pétaudière,
dont les " ; ;ui moins sont incapables de raisonner arec
lui , et . qui pis est , n'en ont aucun désir. Il peut s'en ren-
contrerune dizaine de bien disposés: c'en aérai! as>»v; ear un professeur ne doit jamais .noir plus de S A 10 èléres; il esl matériellement impossible qu'il donne «les à une réunion qui excéderai! la douzaine.
Le- sib\ls et sibylles d'Harmonie n'admettront qu< petil nombre de disciples titres pour la conférence individuelle. Ensuite l'instruction se distribuera par degrés, par : ro-sibyls el lous-sibyls qui, aspirant aux grades supé
rieurs , et reconnus aptes à donner l'enseignement de 2e. , 5e., 4e. degrés, jouiront déjà d'une répartition sur le dividende alloué au corps sibyllin.
Nos écoles n'admettent pas cette échelle progressive et sociétaire d'instituteurs. Callisthène est chargé d'enseigner la rhétorique; il en doit enseigner seul toutes les branches; il n'a pas dans son école de vice-professeurs et sous-professeurs co-intéressés comme le sont les entrepreneurs d'un pensionnat. L'Harmonie établit cette graduation en toute espèce d'enseignement sur les cultures et manufactures comme sur les sciences et arts.
Baucis est archi-sibylle des fruitiers de la contrée du Latium. Elle réside à la Phalange de Lucrétile, où sa célébrité a créé par le fait une université en fruitisme. Beaucoup de jeunes gens d'un et d'autre sexe viennent passer une campagne au caravenserai de Lucrétile, pour s'y former à l'art de fruitiste praticien. S'il fallait qu'elle donnât l'instruction à cette multitude, elle serait excédée et hors d'équilibre passionnel (section 8e. ) : mais elle a sous sa direction ,
5 ou 4 pro-sibylles ou pro-sibyls ; 40 àJ2 vice-sibylles, plus, des sous-sibylles, tous vivement intéressés à soigner l'enseignement , par espoir de s'élever aux fonctions supérieures du corps sibyllin, qui sont électives et sont le prix d'une renommée constatée.
Chacun de ces suppléants exerce en diverses branches et se partage les élèves, selon l'espèce et le degré. On n'a recours à l'archi-sibylle que dans les cas embarrassants; elle ne confère qu'avec une dizaine de disciples titrés et transcendants ; les autres élèves ne sont pas moins for-
mes à son école, à ses méthodes. Est-ce là le procédé Eancastrien? s'il opère ainsi, en co-inlèressant tous les agents, il est conforme au vœu de la nature sur une branche du matériel seulement *, et non pas sur la seconde ** : en outre il est pleinement en défaut sur la brandie du spirituel, car je sais que dans ces écoles on inflige i\e^ punitions et pensums. En Harmonie où l"en>< i unement est laveur sollicitée , on se garde bien de punir; on refuse renseignement a celui qui montre de la tiédeur. ( n tel élève serait hors de procédé spirituel , hors d'attraction composée réciproque : voyez plus haut.
Quant au procédé matériel ou mutualisme d'enseignement , il doit , pour être intégral , s'étendre aux plus petits enfants» c'est-à-dire que, parmi les bambins mêmes, il doit exister déjà de petits sibyls titrés, aptes à donner l'enseignement à de moindres bambins , et passionnés pour ce genre de travail, qui sera plus fructueux de la part des enfants que de la part des hommes faits, conformément aux lois du charme corporatif ascendant (46) et note
Dans notre civilisation perfectibilisée , un professeur mesquinement soldé et recevant tout à point autant de traitement qu'il en faut pour ne pas mourir de faim, est obligé de suffire à une cinquantaine, à une centaine d'é ludiants. Qu*arriye-l-il? Qu'il leur donnedes leçons stiperficielles , expèdittves. Chacun de pari et d'autre ne s'occupe qu'à éluder la lâche, et n'attend que l'épuisement du clepsidre. La plupart n'écoutent pas le proies seur, qui <bi son côté s'inquiète Fort peu m on l'écoute : il en donne au public pour ><m argent. Désordre inévitable (l,ms ion! système où l'instruction n'est pas soltici comme faveur, et progressivement distribui
Par contre, les leçons, en Harmonie, sont d'autant plus fructueuses en tous degrés, que les maîtres étant nombreux, [et les professeurs non élus, mais suivis par confiance], se bornent àquelques élus qu'ils affectionnent, et que les élèves sont en affinité avec les maîtres et avecla science.
11 résulte de ces détails que l'enseignement mutuel qui n'est qu'en mode simple et divergent parmi nous, devient composé convergent dans l'état sociétaire; s'il ne s'élève pas à cette hauteur, son utilité ne peut être que trèsmédiocre; on n'est jamais dans les voies de la perfection sociale, tant qu'on opère en mode simple.
J'ai observé (H, 75) que les Français qui revendiquent après coup toute découverte, prétendent que l'école de Lancaslre n'a rien inventé en ce genre, et qu'un des leurs en a tout l'honneur. D'autre part, les détracteurs assurent que le mutualisme n'est qu'un emprunt fait aux sophistes grecs. Pourquoi donc tant d'érudits fouillant depuis si longtemps dans les archives de l'antiquité, n'ont-ils pas su reproduire et accréditer cette méthode? Le génie moderne est donc bien tardif, bien noueux quand il s'agit de retrouver les procédés utiles que le temps ou les préjugés nous ont fait perdre.
A supposer que cet enseignement mutuel, dépeint par ses antagonistes comme une réminiscence des écoles de Pythagore, soit vraiment conception du génie moderne, il nous faut donc 3000 ans pour pénétrer le moindre mystère de la nature! un procédé dont elle suggère l'invention à tout maître un peu surchargé d'écoliers! et à peine ce procédé est-il mis en scène, qu'on donne le quadruple scandale
le dénigrer comme inutile et «1 mgereux ;
de le ravaler comme un réchauffé de l'antiquité ;
d'en faire un levier d'esprit de parti;
d'en faire l'objet d'un plagiat sur les Lancastriens. Que de malfaisauce dans les esprits civilisés, que de lenteur dans leurs inventions, quel chaos de vice el d'impéritic dans celte société qui vante à chaque pas ses perfectibilités, quand il est évident qu'elle décline en 4\ phase; et combien doivent être confus ceux qui voulaient perfectionner celle lymbe de misères, lorsqu'ils apprennent enfin qu'on avait (II, \AL2) seize voies pour en sortir, et que l'option sur toutes ces issues est dès ce moment offerte au genre humain!
Quelle chance pour les Franc lis! Si je la faisais trop valoir, ils me prendraient pour un intrigant littéraire, cherchant à les subtiliser. Qu'il* ne >'y trompent pas : je connais le terrain, et je ne spécule pas sur eux, bien convaincu que la France est encore ce qu'elle a toujours
été :
Le paradis des jeunes femmes, des sophistes ou beaux oprils, et des animaux inutiles;
L'enfer des femmes Agées, des inventeurs ou bons esprits , et des animaux utiles.
Un tel pays n'est-il pas nécessairement l'antipode de la i i ion soci île , bien qu'il soit le lover des illusions qu'engendrent le sophisme et l'abus du raisonnement! apojti >phe peu flatteuse pour eux , mais indispens iWe de ma part. C'est une réplique anticipée au reproche qu'ils m'adresseront bientôt, de ne les n\<>ir pas 1res sérieuse- • it avertis des dangers d'un jugement superficiel sur î,i découverte du calcul de I' Association, des risques de manquer l'acquiltemenl de leur dette consciencieuse el de doute milliards, C iera le sujet de l'Ullerlogue,
POSTIENJNE. — Dès le Pré-Lude (1 ) j'ai indiqué le but de l'éducation harmonienne, l' unité, par voie de X intégralité composée qui achemine à l'unité.
Si quelque branche du régime que je viens de décrire s'écarte de cette règle; s'il n'est pas intégral composé, embrassant (2) toutes les fonctions du corps et de l'âme, et élevant à la perfection tous les ressorts corporels et spirituels, qu'un plus habile me supplée et rectifie mon plan, mais en se ralliant au principe de l'unité par voie intégrale composée.
Nos systèmes procédant en sens contraire, ne s'étudiant qu'à comprimer le corps et l'âme , ont dû arriver à l'opposé de l'unité, Aussi l'éducation chez nous formet-elle trois sortes d'êtres bien distincts et bien antipathiques : les grands, les moyens et les petits; classes à qui l'éducation inculque des principes lout-à-fait contradictoires : il le faut dans un état de choses qui n'est qu'une guerre sociale méthodique.
J'ai démontré que nos théories sont erronées, en ce qu'elles procèdent toujours par méthode simple, appliquée uniformément à des masses d'enfants qu'il faudrait au contraire stimuler aux essors contrastés, et conduire, Les uns au beau par la route du bon; Les autres au bon par la route du beau.
En outre, nos systèmes ne voient que vice dans toutes les impulsions que la nature donne à l'enfant : les petites filles ont tort d'aimer la parure et la danse; les petits garçons, tort d'aimer la malpropreté et la gourmandise. Dès lors, ù en croire nos sophistes, la nature a tort en tout et partout; elle n'a pas su organiser régulièrement les humains.
500 \-sOC1AT10N COMPOSI
J'ai répondu à cette prétention île Titans qui veulent régenter Dieu, lui apprendre à créer les mondes et les passions. J'ai prouvé que tous ces prétendus vices de -f- l'enfant deviennent des germes d'unité sociale, si on les emploie en Séries contrastées, et que, selon l'opinion d'un de nos fameux sophistes, J.-J. Rousseau, « tout est > bien sortant des mains de l'auteur des choses ; tout dé- » génère entre les mains de l'homme, » c'e>l-à-dire de l'homme cicilisv; car on a vu que l'homme harmonie* ne s'attache qu'à utiliser, et non pas corriger ni réprimer les penchants que l'auteur des choses a donnés à l'enfance.
Quel fruit recueille-t-on de ces systèmes répressifs? La fausseté générale des enfants et le malheur des pères qui trouvent dans le lien paternel souvent plus de Iribulations que de plaisirs.
Sont-ils pau\res? l'enfant est pour eux une surcharge dès le bas Tue. Etourdis par ses cris, affadis par sa malpropreté, ils maudissent dès la deuxième année ce lien conjugal, ce ménage dont ils reconnaissent trop lard le piège.
Quelques riches pourvus d'amples appartenu nts et de nombreux serviteurs sont délivrés de cet importun trac et relèguent les marmots loin du salon. Mais pour un riche, n'est^il p is cent pauvres obligés de supporter nuit et jour le> ineommoditès de cet enfant, qui peut-être n'est pas le leur7 Celle incertitude de paternité est le côt<
odieux du régime conjugal, le vice qu'il fraudra rappeler >aMs eetse, et démontrer par calcul bien régulier; car tout est d'accord en civilisation p«>ur en imposer sur ce